Archives mensuelles : août 2017

Le mot du 31 août 2017 (2)

Le trait d’esprit du jour

 

Bien connaître la langue française permet d’apprécier, de savourer, et tout d’abord de… comprendre les mots d’esprit, les jeux de mots, les finesses d’expression des écrivains, des auteurs dramatiques, des humoristes, des chansonniers…  Et aussi les calembours… qui demandent souvent un peu plus de réflexion qu’on ne croit :

  • « Pourquoi est-ce aux pauvres que l’on propose des abris de fortune ? »
  • « Ce cistercien est fâché que ses messages passent à la trappe… »
  • « Il dément avoir conduit à une vitesse folle ! »

 

On raconte que Georges Clemenceau, après la Grande Guerre,  eut à souffrir de la présence… ombrageuse d’un arbre de grande taille qui obscurcissait l’appartement où il résidait.  Or cet encombrant « porte-feuilles » appartenait au collège de jésuites voisin… C’est  un ami qui intervint, évitant au vieil anticlérical une démarche directe auprès des religieux.  Ces derniers acceptèrent d’élaguer et d’étêter l’objet de la nuisance.

Le « Tigre »  envoya  alors au supérieur du collège un pli comme suit rédigé : « Je vous remercie, mon père. Je peux bien vous appeler ainsi puisque vous m’avez donné le jour. » Le destinataire répliqua sur le même ton spirituel : « Je suis heureux d’avoir pu vous rendre ce service, mon fils. Je peux bien vous appeler ainsi, puisque je vous ai montré le ciel. »

 

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Le mot du 1er septembre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

         « Grave  (  :o))  ) question… :  faut-il mettre un « s » à… grave dans « deux blessés grave(s) » ? Personnellement, cela m’a heurté de voir « grave » écrit sans « s ». N’écrit-on pas « deux blessés légers »  ? »

 

Tout d’abord, la réponse à une question non posée  :  la plupart des ouvrages continuent à dire que, dans la « langue soignée », il ne faut pas dire « un malade grave » ni « un blessé grave », mais : « une personne gravement malade » et « une personne grièvement (ou : gravement) blessée », pour conserver à grave l’acception que cet adjectif a dans : « de graves accusations », « c’était un homme grave, austère »…  C’est là que résident toujours des débats entre grammairiens et linguistes :  sur l’emploi de grave dans « blessé grave » !

Pour moi, c’est une question qui ne devrait plus être débattue : on dit « blessés légers, grand blessé… », alors il n’y a pas de raison de refuser « blessé grave », « blessés graves », ce qui a le mérite d’être court et très compréhensible.  L’accord en nombre relève de l’évidence, puisque grave est un adjectif et non un adverbe.

 

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Le mot du 30 août 2017 (2)

Le « truc » d’orthographe du jour

 

« Truc d’orthographe et de vocabulaire », en réalité : « Le filigrane ne pèse pas le moindre gramme ! ».

En effet, on ne trouve pas le moindre « gramme » dans ce filigrane qu’un barbarisme fréquent déforme en « filigramme » !  Issu de l’italien filigrana,  filigrane  (« fil à grains ») désigne principalement un dessin imprimé dans un papier et que l’on voit par transparence : filigranes de timbres-poste, de billets de banque…

 

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Le mot du 30 août 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « J’ai deux petits soucis relevant du domaine de l’orthotypographie. D’une part, je ne sais pas si la graphie suivante : “Faculté de Paris-Île-de-France Ouest” est licite, ou s’il faut un trait d’union supplémentaire. D’autre part, depuis la dictée de l’ARC de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, je me pose toujours la question de savoir si le groupe de mots débutant la deuxième phrase de l’avant-dernier paragraphe, à savoir : “Au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe…”, est correctement orthographié. »

 

1° Normalement, il faut :  faculté de Paris – Île-de-France ouestFaculté est un nom banal (comme université) ne méritant pas de majuscule (sauf dans les cas d’unicité, c’est-à-dire portant sur des institutions, des organismes uniques à l’échelon national ou international, ou des emplois au sens absolu). Dans un travail soigné, il faut indiquer une espace fine de chaque côté du premier trait d’union, parce que le second composant, Île-de-France, est un mot composé à traits d’union. Ouest est un nom commun en apposition, ou employé comme adjectif : peu importe, cela ne change rien = il ne faut pas de majuscule, qui entraînerait un trait d’union… et un contresens !  On serait en effet obligé d’écrire :  « faculté de Paris – Île-de-France – Ouest », au sens de « faculté de Paris + Île-de-France + Ouest (Bretagne-Normandie-Vendée…………..) ».

 

2°  Cela ne relève pas de l’orthotypographie, mais de la pub / communication  =  nom propre d’une manifestation. Les créateurs-organisateurs déposent donc à l’INPI et/ou autre un nom sous la forme qu’ils veulent. Chacun doit donc respecter strictement la forme déposée (même farfelue, ne respectant pas l’orthographe ou l’orthotypographie, etc.) sous peine, en principe, de poursuites par les avocats des créateurs. Mais il n’est pas toujours aisé de reproduire toutes les singularités contenues (lettres à l’envers, par exemple) dans un nom déposé…

Sauf si une dictée a pour sponsors ou mécènes les créateurs d’un prix, d’une manifestation, etc., il faut s’interdire de placer de telles dénominations dans un texte.  En tout cas, il est impossible, inadmissible, de compter des fautes dans ces noms, que ce soit pour des majuscules, des traits d’union, des accents…  :  l’auteur de la dictée doit fournir l’orthographe aux concurrents ou indiquer que cette dénomination est neutralisée.

 

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Le mot du 29 août 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Pourquoi faudrait-il accorder au pluriel : « le décorateur a jonglé avec les bruns foncés » ? »

 

Brun  est un adjectif de couleur variable : des cheveux bruns, des costumes bruns, des tuniques brunes…  Lorsqu’il est associé à un terme qui précise la nuance, il reste invariable : des chevelures brun clair, des pantalons brun foncé, etc., parce que, alors, il y a ellipse ( = « qui sont D’UN BRUN clair », « D’UN BRUN foncé »).

Mais, dans votre phrase, le mot devient un nom commun,  donc un terme variable : « l’architecte d’intérieur a conçu les aménagements en fonction de l’utilisation de plusieurs bruns par la décoratrice ». Dans ce cas, foncé est un adjectif qualificatif épithète, variable lui aussi, d’où l’accord normal « les bruns foncés ».

 

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Le mot du 29 août 2017 (1)

AGENDA :

La dictée pour la délégation Grand Ouest de la Société française des traducteurs se déroulera le samedi 30 septembre, à 14 heures, dans l’amphithéâtre Diès de l’Université catholique de l’Ouest, à Angers.

Elle aura lieu dans le cadre de la Journée mondiale de la traduction et sera ouverte aux professionnels de la traduction, aux étudiants et au grand public.

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Le mot du 28 août 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

parmi  prép.

Le s final de la préposition hormis ne doit pas inciter à terminer indûment par un s la préposition parmi !  Hormis, « sauf, excepté », a été forgé sur hors mis, participe passé de mettre hors (= « exclure »).

Parmi vient de par et de mi (« milieu »), donc un s ne se justifierait pas…

 

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Le mot du 28 août 2017 (1)

Bonjour !  Le site, après quelques jours de vacances bien mérité(e)s, reprend ses publications ce jour (en fin de journée), comme cela avait été annoncé…

Bon après-midi !

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Le mot du 14 août 2017 (2)

La bourde du jour

 

La mascotte, très active et fort distrayante sur le terrain, des championnats du monde d’athlétisme de Londres n’a pas été, en dépit de ce qu’a dit et répété souvent, dimanche 13,  le commentateur sportif Patrick Montel, un « nérisson ». Non, c’était un « hérisson », avec un h aspiré.

Ce « nérisson » rappelle le « nangora » du personnage de Bobéchotte, de Courteline (cf. le Gora). Cette jeune femme, qui tout d’abord appelle « gora » un [chat] angora, trompée par les différentes liaisons observées à juste titre par son interlocuteur Gustave (dans un angora, puis dans un petit angora…) pense successivement que l’animal est un « nangora », puis un « tangora »…  Le « gros angora », prononcé évidemment « zangora », et compris ainsi par elle, la rend furibarde. Rejetant alors toutes les explications de son compagnon portant sur les liaisons, car y voyant autant de moqueries à son égard, elle met fin à leur… liaison !

 

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Le mot du 15 août 2017 (2)

La bourde du jour

 

 

            Quand on est journaliste, on ne devrait pas écrire « les ouvriers de Lipp », confondant ainsi la fameuse brasserie parisienne du boulevard Saint-Germain (LIPP) avec l’usine horlogère (LIP) de Besançon, centre d’un conflit social qui marqua l’opinion nationale, voire européenne, dans les années 1970 (de 1973 à 1977)  :  100 000 manifestants dans Besançon, le 29 septembre 1973, en soutien aux « Lip » menacés dans leur emploi.

La confusion du rédacteur est-elle due au fait que la brasserie Lipp est un établissement où le Tout-Paris  se… montre ?

 

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