Le mot du 26 octobre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Bonjour, Monsieur,

Marcel Aymé (L’Herne, 1953) écrit à propos de Céline : « Certes, Céline n’était pas quelqu’un d’accommodant ou qui oubliât facilement les torts qu’on lui avait causés. »
Je ne comprends pas ce subjonctif et la nuance qu’il apporte. Après recherches, je suppose que le « ou » vaut « pour que ». Pourriez-vous m’éclairer ?


Encore merci. »

 

Je ne suis pas dans la tête de Marcel Aymé, ou de n’importe quel autre auteur… Je n’aurai donc pas la prétention d’apporter une réponse censée expliquer avec certitude son choix.

Je ne crois pas que le « ou » représente « pour que ».

La construction grammaticale adoptée est quelque peu étonnante, au point de paraître erronée. Elle apparaît en tout cas au moins comme une préciosité, une recherche excessive d’effet de style…  On attendrait tout bonnement : « … n’était pas quelqu’un d’accommodant et qui oubliait facilement… », phrase qui n’échapperait pas à la critique des puristes, en raison de la différence de nature grammaticale entre « d’accommodant » et « qui oubliait ».  Les plus sourcilleux desdits puristes exigeraient soit « n’était pas quelqu’un d’accommodant ni de bienveillant », soit « quelqu’un qui se montrait charitable et qui oubliait les torts… ».  Est-ce ce manque d’équilibre qui a gêné Aymé en se relisant, et qui l’aurait amené alors à employer le subjonctif ?… Ce n’est pas le plus probable, je pense.

A-t-il voulu atténuer le jugement, en marquant que si Céline était constamment peu accommodant  il se montrait aussi  –  mais par instants seulement  –  rancunier et vindicatif ?  Je ne le crois pas.

J’en reviens donc à un emploi « littéraire » de l’imparfait du subjonctif à la place de l’imparfait de l’indicatif,  pour exprimer un fait présenté comme continu dans le passé.  Mais l’enchaînement « était » / « oubliât » n’est pas une construction des plus simples, ni des plus heureuses, sans doute.

 

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