Le mot du 26 novembre 2017 (3)

La question du jour (et la réponse)

 

          « Cher Monsieur,

          Pourriez-vous me dire ce qu’il en est exactement du pluriel des noms de famille ? Les Plantagenêts ? Les Pompidou ? Merci et bien cordialement. »

 

En français, les patronymes sont invariables : « Samedi soir, nous aurons les Pompidou, les Mélanchon  et les Juppé à dîner »,  « Les Berthier habitent ici depuis 1998 »…  Dans un texte en français, on laisse également invariables les patronymes étrangers, anglo-saxons ou autres  :  « Comme chaque année, les Simpson et les Kennedy traversent l’Atlantique afin de passer le mois de mai à Nice ».

 N. B. : Souvent, on met au pluriel des patronymes utilisés pour désigner des personnes comparables à celles qu’on nomme =   « La France manque cruellement de Zolas, de Séverines, de Hugos  pour dénoncer vigoureusement toutes les injustices ! ».  C’est un usage, et non une règle,  et personne n’est obligé d’écrire : « Il nous faut de modernes Voltaires et Rousseaux »…

Cet accord au pluriel permet de souligner la différence avec le pluriel emphatique que l’on emploie dans des phrases comme  :   « Où sont les Voltaire, les Rousseau et les Diderot  du siècle des Lumières ?!… »  –   en maintenant l’invariabilité des patronymes puisque cela signifie, en fait : « Où est le fameux Voltaire, où est le fameux Rousseau… ?! ».

 

Cas particulier : les dynasties.  Au sens rigoureux, on appelle « dynastie » la succession de souverains d’une même famille.  La règle est de mettre une majuscule et d’accorder au pluriel les noms français ou considérés comme francisés : les Mérovingiens, les Capétiens, les Bourbons (mais : la famille DE Bourbon), les Plantagenêts, les Stuarts (venu de Steward)… et de laisser invariables les noms étrangers non francisés.  Victor Hugo appliquait donc la règle quand il écrivait, dans les Misérables : « Solidarité des Brunswick, des Nassau, des Romanoff, des Hohenzollern, des Habsbourg, avec les Bourbons. Waterloo porte en croupe le droit divin. »

Il y a des hésitations : un dictionnaire de référence, ainsi, se contredit au fil des pages, écrivant tantôt les Tudors, tantôt les Tudor

On ne marque pas le pluriel pour les familles nobles, même de haute lignée, qui n’ont pas formé de dynasties régnantes  :  les Condé, les Brissac, les Guise…  Idem pour les successions de personnes remarquables dans une même famille :   les Couperin, les Vernet, les Renoir…

Lorsque l’on désigne des œuvres par le nom de l’auteur (ou de l’éditeur, pour des livres), les patronymes restent invariables et en romain :  cette collection comprend deux Boudin et trois Corot ;  acheter deux Larousse et trois Grevisse…

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