Le mot du 14 janvier 2018 (2)

L’exercice de révision du jour (orthotypographie)

 

En cette amorce de nouvelle année, je propose à chacun de se confronter à un sain exercice de révision orthotypographique…  À savoir, détecter les erreurs portant sur les majuscules/minuscules contenues dans le petit texte ci-dessous, manifestement rédigé par une personne peu rigoureuse. Le corrigé figure au-dessous (ne pas le regarder avant d’avoir terminé l’exercice !!…).

          « Dans les années de la Belle Époque, ce marin bourlingua dans tout l’Océan Pacifique, de l’Extrême-Orient au Grand Nord, de l’embouchure du fleuve Rouge aux côtes d’Amérique d’où l’on aperçoit les Montagnes rocheuses. Après la grande Guerre, il fit escale aux îles Mariannes, visita la nouvelle Guinée, puis séjourna en Amérique Centrale, et passa aux Petites Antilles. »

 

           Surnom, donc nom propre, d’une période de l’Histoire, Belle Époque s’écrit bien avec deux capitales puisque l’adjectif précède le substantif. (Du fait des deux capitales, il n’y a pas obligation  d’une mise entre guillemets. Celle-ci pourrait d’ailleurs être ressentie, comprise, comme une critique à l’égard de cette appellation ne concernant que les couches les plus aisées de la société…)  Dans les désignations maritimes figure notamment le terme générique océan, lequel garde la minuscule initiale quand il précède un adjectif qui, lui, devenu le terme spécifique, prend une capitale : donc, océan Pacifique. Extrême-Orient s’écrit bien avec deux capitales et un trait d’union, tandis que Grand Nord, où les deux majuscules sont obligatoires puisque l’adjectif précède le point cardinal devenu nom propre de région, n’a pas de trait d’union : ce n’est pas une désignation politico-administrative, mais une dénomination purement géographique…

Le raisonnement pour fleuve Rouge ˗ ou Yuan Jiang, dans sa transcription du pinyin qui n’entraîne pas de trait d’union ˗ est exactement le même que pour océan Pacifique et pour… montagnes Rocheuses (d’ailleurs, on dit couramment : les Rocheuses). La Première Guerre mondiale, ou guerre de 1914-1918, reste pour tout le monde la Grande Guerre, avec deux majuscules puisque l’adjectif précède le substantif dans ce surnom. Suivi d’un nom propre, le terme générique îles reste avec une minuscule, donc il n’y a rien à modifier dans îles Mariannes. Au contraire, on ne peut pas laisser passer « la nouvelle Guinée » !  Il ne s’agit pas d’un nouveau visage de l’État appelé Guinée, en Afrique, mais, puisque le navigateur se trouvait vers les îles Mariannes, de la Nouvelle-Guinée, en Océanie, au nom composé de deux éléments, dont chacun prend une capitale, un trait d’union liant les deux.

Dénomination géographique, Amérique centrale n’a qu’une majuscule, au nom propre Amérique, car  l’adjectif centrale, venant en second, garde la minuscule. Retour aux deux capitales, puisque l’adjectif précède le nom propre,  pour les Petites Antilles, nom d’un archipel aux très nombreuses îles formant la partie méridionale de l’arc antillais, et séparant la mer des Caraïbes de l’océan Atlantique…

                   (D’après une de mes chroniques trimestrielles parues dans Défense de la langue française.)

 

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