Le mot du 18 janvier 2018 (3)

La deuxième question du jour (et la réponse)

            « Je vais déménager et je me pose la question par rapport à l’orthographe du nom de la rue où se trouve l’appartement.
Il s’agit d’une rue nantaise qui se trouve sur l’île de Nantes (44200) : la rue  » la Tour d’Auvergne »…
Selon Wikipédia, la voie fut baptisée en l’honneur de Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret, militaire français, premier grenadier des armées françaises.
Quelle est l’orthographe correcte de cette rue ? J’ai vu plusieurs variantes : « Rue la Tour d’Auvergne, Rue la Tour-d’Auvergne, Rue de la Tour d’Auvergne »… Quel est le nom officiel de cette rue ? Et, pour l’adresse postale, est-ce qu’il faut laisser tomber tous les accents, les traits d’union, etc. ?
Bien cordialement. »

 

 

L’orthographe du nom de celui qui a pour surnom dans l’Histoire « le premier grenadier de la République »  a varié, varie sans doute encore, que ce soit pour l’ordre des termes   –  « Corret de La Tour d’Auvergne »  ou  « de La Tour d’Auvergne-Corret »,  ou pour la minuscule ou la majuscule à l’article « la =//= La ».   Aujourd’hui,   la majuscule à La  s’est imposée, et il n’y a pas ces oppositions sempiternelles rencontrées pour le nom, à Paris notamment, de « La Tour – Maubourg »  =//=   « Latour-Maubourg »…

Les noms d’artères publiques désignent des lieux, et non plus des personnes, d’où   :    « Jean-Marcel  Hugo habite avenue Victor-Hugo ».

Je ne sais pas, alors que je vous réponds sur-le-champ, quelle forme a été adoptée officiellement par la Ville de Nantes, car c’est cela qui est la référence :  « rue La Tour… » ou « rue de La Tour… ».   En tout cas, pour le reste, la norme est la suivante :

rue (de ???)   La Tour-d’Auvergne

Il n’y a jamais de trait d’union, en principe, même dans un nom de voie publique, entre un article défini premier terme du nom du lieu et le terme qui suit :   rue   La Fontaine, avenue de La Bourdonnais…  L’usage « flotte » un peu, sur les plaques de rues, dans des cas comme « rue Jean-de-La Fontaine », parfois abusivement transformée en « rue Jean-de-la-Fontaine ».  La rigueur n’est pas la vertu première des services municipaux chargés, dans toutes les communes, de la signalétique, de la fabrication et de la pose des plaques administratives. Ces employés ignorent généralement les règles orthographiques et orthotypographiques…

La Poste, qui fut naguère un grand service public garantissant la distribution de 100 % du courrier ordinaire à J + 1,  n’a pas à contribuer à l’illettrisme et à l’inculture, notamment des jeunes générations, en massacrant l’orthographe des noms d’entités géographiques et politico-administratives.  Ses recommandations préconisant l’abandon, dans la ligne du code postal, des signes de ponctuation, des apostrophes, des traits d’union, des accents et des minuscules, au prétexte de favoriser la lecture optique, sont une mauvaise action.  Dans la presse, on dispose de logiciels capables de déchiffrer tout cela. Pourquoi La Poste n’a-t-elle pas été capable, avec des ingénieurs informaticiens compétents, de mettre au point un lecteur optique performant et qui irait néanmoins très vite dans sa lecture ?…

Il faut respecter les noms propres et la culture générale, et les règles orthotypographiques !   Donc, mettre :  29120 PONT-L’ABBé  (= « é » en majuscule, bien sûr, ici),    ou :   29120   Pont-l’Abbé (mais je suis partisan de l’écriture en majuscules),  et non « 29120   PONT  L  ABBE »;  85350   L’ÎLE-D’YEU,  et non « 85350   L  ILE  D   YEU » ;   14130 PONT-L’E (comprendre : é majuscule)VÊQUE, et non  « PONT  L  EVEQUE » ;  61600 La Ferté-Macé, et non « 61600   LA   FERTE   MACE » ; 57260 Guéblange-lès-Dieuze, et non « GUEBLANGE   LES   DIEUZE »…

 

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