Le mot du 31 janvier 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Si je m’en réfère au Thomas : se joint par un trait d’union
au nom ou au nom de nombre qui le précède, et si ce dernier
est lui-même précédé d’un adjectif démonstratif. Exemples :
« Cet enfant-là. Cette preuve d’amour là. Ces deux bandits-là. »
Mais, quand j’écris : « Ce grand édifice là », il est logique de ne
pas mettre de trait d’union, car le nom n’est pas immédiatement
précédé de l’adjectif démonstratif. Or, des auteurs de dictées
n’appliquent pas cette règle, expliquant que étant précédé
du nom le trait d’union s’imposait.
J’aimerais bien avoir votre avis. »

C’est un cas litigieux, du fait que toutes les grammaires ou ouvrages de référence dus à des auteurs sérieux ne disent pas la même chose. Certains écrivent : « On met TOUJOURS un trait d’union quand les adverbes « ci » et « là » sont employés avec un démonstratif ». Donc = dans tous les cas.

Certains précisent : « Quand un nom employé avec un démonstratif est suivi d’un adjectif ou d’un complément, l’usage hésite : « cette boîte à lettres-là » ou « cette boîte à lettres là » ». Je suppose qu’ils doivent penser la même chose, ce serait logique, pour des cas comme « ce vélo-là » et, avec un adjectif devant, « ce beau vélo(-) là ». Dans le second cas, puisque l’on a affaire au syntagme « beau vélo », et non au seul substantif « vélo », la finesse devrait conduire à ne pas « coller » le trait d’union, mais à mettre celui-ci entre deux espaces insécables. La graphie « ce beau vélo-là » est critiquable, d’où ce qui est dit par Thomas et les auteurs « classiques », dont l’avis, sauf erreur de ma part, est toujours largement majoritaire dans les grammaires et dictionnaires de difficultés… La différence entre « ce grand sapin là » et « ce sapin-là » peut sembler relever de l’incohérence, mais ce n’est pas juste.

Il m’est arrivé d’hésiter, sur ce point, au regard de cette contradiction qui pouvait compliquer pour pas grand-chose la vie des usagers du français, notamment des scolaires, des apprenants, mais il me semble que des auteurs de dictées devraient respecter la règle classique, puisqu’elle est toujours prônée très majoritairement, à ce jour, par les linguistes et grammairiens sérieux.

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