Archives mensuelles : janvier 2018

Le mot du 22 janvier 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Avec « sans », on met le nom qui suit au pluriel ou au singulier selon le sens. Il en va de même avec « pas de », n’est-ce pas ? Il y a des partisans du singulier systématique, mais il me semble que ce n’est pas toujours justifié…

Merci ! »

Le systématisme est stupide. Pas de peut être suivi aussi bien du singulier que du pluriel, selon que le nom auquel cela se réfère suggère logiquement l’idée d’unicité ou de pluralité : c’est le sens qui commande. Bien sûr, on ne peut pas appliquer ce recours à la logique dans tous les cas, et le « ad libitum » est permis, selon la volonté ou la préférence de celui qui écrit…

En général, le nom garde le nombre (singulier ou pluriel) qu’il aurait dans une tournure positive (c’est comme avec sans…). Souvent, donc, pour se décider, il convient de remplacer il n’y a pas de par il y a. Bien évidemment, avec un nom « non comptable », c’est le singulier qui s’impose : Marjorie n’a pas de chance dans la vie.

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Le mot du 20 janvier 2018 (2)

La deuxième question du jour (et la réponse)

« Monsieur Colignon,

Dans l’expression « mi-figue, mi-raisin », on utilise les traits d’union. Mais, avec des adjectifs, ou des participes passés, en est-il de même : « miéveillée, miendormie » ?

Merci ! »

Oui : tout comme demi, mi se joint par un trait d’union au nom, à l’adjectif, au participe passé qu’il précède : des yeux mi-clos, des mi-bas, à la mi-août, mi-réveillé…

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Le mot du 20 janvier 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Je me permets de vous contacter aujourd’hui afin de vous soumettre une question de français à laquelle je ne parviens pas à trouver de réponse claire et précise…

Traductrice financière (de l’anglais vers le français) au sein d’une banque française, je rencontre très souvent des pourcentages dans mes textes de travail, et les avis divergent entre les membres de mon équipe quant à l’accord qui doit être fait, à savoir « 75 % du capital est constitué de… » ou « 75 % du capital sont constitués de… ».

Auriez-vous l’obligeance de m’éclairer sur ce point et de me dire quelle règle il convient d’adopter ? »

C’est là une question récurrente, ce qui est bien normal. Des pages et des pages ont été écrites là-dessus, par d’excellents grammairiens… dont les avis, les conseils, divergent, ou sont compliqués. En 2018, la règle doit être simple : ad libitum ! « La totalité des archives municipales de Paris a été détruite (ou : « ont été détruites ») en 1871 » ; l’accord du verbe est facultatif. « 80 % de cette somme a été dilapidée » ou : « 80 % de cette somme ont été dilapidés »… L’accord au pluriel semble se généraliser, sans doute ressenti comme plus concret, et a priori je l’approuve.

Sinon, on peut toujours formuler les choses autrement : « Les quatre cinquièmes de cette somme ont été dilapidés », « Cette somme a été dilapidée à 80 % », etc.

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Le mot du 19 janvier 2018 (2)

La deuxième question du jour (et la réponse)

« Cher Jean-Pierre Colignon,

Je me permets de soumettre à votre sagacité une citation de Simone de Beauvoir, relevée dans le Figaro daté du 9 janvier : « Je me disais que, tant qu’il y aurait des livres, le bonheur m’était garanti ». N’y a-t-il pas une faute de concordance des temps ? N’aurait-il pas été plus correct d’écrire « le bonheur me serait garanti » ? Ou, alors : « Je me disais que, tant qu’il y avait des livres, le bonheur m’était garanti » ?

Effectivement, et même si certains ont tendance à montrer beaucoup d’indulgence à l’égard d’écrivains reconnus, célèbres, vous avez raison. La rigueur de la concordance des temps aurait dû conduire à écrire : « Je me disais que tant qu’il y aurait des livres le bonheur me serait garanti ». Ou : « Je me disais que tant qu’il y avait des livres le bonheur m’était garanti ». La ponctuation adoptée par Simone de Beauvoir (deux virgules) n’est pas fautive, mais je préfère nettement ne pas interrompre le coulé de la phrase. C’est pourquoi j’ai fait disparaître les deux virgules ! :o))

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Le mot du 19 janvier 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Je tombe sur cette phrase : « Nous nous sommes souvent entretenus sur le comportement des loups ». L’accord du participe passé est-il correct ?… »

Oui, car s’entretenir est un verbe pronominal (non essentiellement) dit « réciproque » : on peut compléter mentalement par « l’un l’autre », « les uns les autres ». L’action est à la fois accomplie et reçue par chacun(e) : Elles se sont entretenues longuement.

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Le mot du 18 janvier 2018 (3)

La deuxième question du jour (et la réponse)

            « Je vais déménager et je me pose la question par rapport à l’orthographe du nom de la rue où se trouve l’appartement.
Il s’agit d’une rue nantaise qui se trouve sur l’île de Nantes (44200) : la rue  » la Tour d’Auvergne »…
Selon Wikipédia, la voie fut baptisée en l’honneur de Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret, militaire français, premier grenadier des armées françaises.
Quelle est l’orthographe correcte de cette rue ? J’ai vu plusieurs variantes : « Rue la Tour d’Auvergne, Rue la Tour-d’Auvergne, Rue de la Tour d’Auvergne »… Quel est le nom officiel de cette rue ? Et, pour l’adresse postale, est-ce qu’il faut laisser tomber tous les accents, les traits d’union, etc. ?
Bien cordialement. »

 

 

L’orthographe du nom de celui qui a pour surnom dans l’Histoire « le premier grenadier de la République »  a varié, varie sans doute encore, que ce soit pour l’ordre des termes   –  « Corret de La Tour d’Auvergne »  ou  « de La Tour d’Auvergne-Corret »,  ou pour la minuscule ou la majuscule à l’article « la =//= La ».   Aujourd’hui,   la majuscule à La  s’est imposée, et il n’y a pas ces oppositions sempiternelles rencontrées pour le nom, à Paris notamment, de « La Tour – Maubourg »  =//=   « Latour-Maubourg »…

Les noms d’artères publiques désignent des lieux, et non plus des personnes, d’où   :    « Jean-Marcel  Hugo habite avenue Victor-Hugo ».

Je ne sais pas, alors que je vous réponds sur-le-champ, quelle forme a été adoptée officiellement par la Ville de Nantes, car c’est cela qui est la référence :  « rue La Tour… » ou « rue de La Tour… ».   En tout cas, pour le reste, la norme est la suivante :

rue (de ???)   La Tour-d’Auvergne

Il n’y a jamais de trait d’union, en principe, même dans un nom de voie publique, entre un article défini premier terme du nom du lieu et le terme qui suit :   rue   La Fontaine, avenue de La Bourdonnais…  L’usage « flotte » un peu, sur les plaques de rues, dans des cas comme « rue Jean-de-La Fontaine », parfois abusivement transformée en « rue Jean-de-la-Fontaine ».  La rigueur n’est pas la vertu première des services municipaux chargés, dans toutes les communes, de la signalétique, de la fabrication et de la pose des plaques administratives. Ces employés ignorent généralement les règles orthographiques et orthotypographiques…

La Poste, qui fut naguère un grand service public garantissant la distribution de 100 % du courrier ordinaire à J + 1,  n’a pas à contribuer à l’illettrisme et à l’inculture, notamment des jeunes générations, en massacrant l’orthographe des noms d’entités géographiques et politico-administratives.  Ses recommandations préconisant l’abandon, dans la ligne du code postal, des signes de ponctuation, des apostrophes, des traits d’union, des accents et des minuscules, au prétexte de favoriser la lecture optique, sont une mauvaise action.  Dans la presse, on dispose de logiciels capables de déchiffrer tout cela. Pourquoi La Poste n’a-t-elle pas été capable, avec des ingénieurs informaticiens compétents, de mettre au point un lecteur optique performant et qui irait néanmoins très vite dans sa lecture ?…

Il faut respecter les noms propres et la culture générale, et les règles orthotypographiques !   Donc, mettre :  29120 PONT-L’ABBé  (= « é » en majuscule, bien sûr, ici),    ou :   29120   Pont-l’Abbé (mais je suis partisan de l’écriture en majuscules),  et non « 29120   PONT  L  ABBE »;  85350   L’ÎLE-D’YEU,  et non « 85350   L  ILE  D   YEU » ;   14130 PONT-L’E (comprendre : é majuscule)VÊQUE, et non  « PONT  L  EVEQUE » ;  61600 La Ferté-Macé, et non « 61600   LA   FERTE   MACE » ; 57260 Guéblange-lès-Dieuze, et non « GUEBLANGE   LES   DIEUZE »…

 

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Le mot du 18 janvier 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Bonjour, Monsieur Colignon,
Dans le Larousse  –  éditions 2016 et 2018  –, la définition du mot
palomino est la suivante :  » Se dit d’un cheval à la robe
alezan, cuivrée ou dorée et aux crins blanc argenté ».
J’écrirais « alezane ». Ce mot qui est un adjectif simple désignant
une couleur devrait s’accorder en genre et en nombre avec
robe… à moins qu’il n’y ait là une subtilité grammaticale
qui m’échappe.
Je souhaiterais avoir votre avis. Merci. »

 

 

 

C’est extrêmement compliqué…   Plus que cela, même : carrément insoluble en raison des contradictions existant entre dictionnaires et milieux baignant dans l’hippologie et l’hippisme.  Je ne peux pas, dans ces conditions, trancher péremptoirement. Je ne peux qu’avoir un avis (voir plus loin)…

 

Pour certains, alezane ne qualifie que la jument, mais pas la robe; ceux-là (dictionnaires  –  je ne m’en tiens pas au PLI et au PR…  –  et milieux hippologiques) appliquent, mais parfois en se contredisant, « une jument alezane » mais « une robe alezan ».   Pour d’autres    (également dictionnaires et milieux hippologiques),  alezane s’accorde tout le temps :  « des juments alezanes, des robes alezanes »…

D’autres suivent  une démarche plus « tordue »   :   « les robes alezanes« ,  se subdivisant en « robe alezan », « robe alezan doré », etc.

Il me semble relever du bon sens d’adopter, pour l’adjectif féminin, alezane dans tous les cas.  (Sauf, évidemment, pour les composés robe alezan doré,  etc.)  Mais, compte tenu des contradictions entre linguistes et entre dicos,  dans l’état actuel des choses, je n’utiliserai  pas le terme, en tant qu’adjectif féminin,  dans une de mes  dictées.   Il y aurait trop de contestations possibles, dans un sens comme dans l’autre !

 

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Le mot du 18 janvier 2018 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

Il n’y a pas unanimité pour cette majuscule, loin de là !   Et il n’y a pas toujours la majuscule dite « d’unicité » pour les organismes et institutions uniques… Dans l’usage, on voit autant de curie et curie romaine que de Curie et Curie romaine.

Dans le contexte d’un ouvrage consacré au Vatican, on peut tolérer la capitale…

 

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Le mot du 17 janvier 2018 (1)

Le nom de collectionneur(-euse) du jour

 

Les placofiscacycléphiles sont les collectionneurs de… plaques fiscales de vélos !

 

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Le mot du 16 janvier 2018 (3)

La deuxième question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour,

            Je n’arrive pas à retrouver un mot entendu lors d’une émission télévisée qui était centrée sur les dieux et déesses…  Il s’agissait d’une déesse, sauf erreur.  J’ai vaguement en tête quelque chose comme « anediome »…  Merci de me renseigner. »

 

Heu…  Je ne vois pas bien, a priori…  Le seul terme qui pourrait se rapprocher,  et au sens de  « qui sort de l’eau », ce serait à propos de Vénus, souvent représentée comme sortant d’une conque, d’un coquillage… ??   Soit : « anadyomène »  =  « sortant de l’eau, des eaux »,  voire « qui sent l’écume ».  Voir le sonnet iconoclaste de Rimbaud   Vénus anadyomène

 

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