Le mot du 15 février 2018 (1)

Le point de vocabulaire du jour

Les archaïsmes

On ne doit pas user des archaïsmes, des mots vieillis ou disparus, par simple désir de singularité : ce serait encourir le risque de se voir taxer de pédanterie. Le procédé doit être réservé à des cas bien déterminés, où domine une intention particulière :

  • pour recréer l’atmosphère d’une époque révolue ;
  • quand on désire susciter une impression d’affectation ou de préciosité, notamment en style ironique ou plaisant ;
  • dans un texte de haut niveau littéraire, déjà riche en vocabulaire, où le mot rare ne semblera pas déplacé ;
  • enfin, lorsque le terme obsolète fournira une acception sans équivalent dans le lexique en usage.

En ce dernier cas, on est parfaitement fondé à employer un terme chenu, mais il convient de ne pas oublier le lecteur, à qui l’on doit apporter une explication si le mot est obscur.

Il est toujours instructif – et très utile dans un certain nombre de professions – de connaître le vocabulaire le plus étendu possible. Donc, entre autres, les archaïsmes, même si l’on ne s’en sert pas. Les uns sont tombés dans les oubliettes, comme bonnetade, « coup de chapeau (de bonnet) donné en salutation », ou jangler, « criailler » (racine germanique jangelen, « glapir »). Faut-il les épousseter de temps en temps, leur faire prendre l’air ?… Ce n’est pas interdit, mais à condition de tout prévoir et de tout mettre en œuvre pour être compris.

(à suivre)

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