Archives mensuelles : mai 2018

Le mot du 22 mai 2018 (1)

INFORMATION : Alors que la disparition de la pharmacie familiale du Passavant, à Honfleur, suscitait de vives craintes quant à la survie du désopilant musée Alphonse-Allais, installé au premier étage, les dernières nouvelles sont plus rassurantes… On peut espérer que son spirituel et bénévole animateur-guide-conservateur Jean-Yves Loriot, membre de l’Association des Amis d’Alphonse Allais, qui a travaillé dans cette pharmacie, pourra continuer à dispenser ses drolatiques commentaires à nombre d’admirateurs du génial poète, humoriste jongleur de mots et journaliste honfleurais !

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Le mot du 24 mai 2018 (2)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Jean-Pierre,

J’espère que vous allez bien. Je vois que vous êtes toujours bien occupé.
J’ai une petite question pour vous.

Je suis embêtée avec l’emploi du nom d’un peuple/ethnie, etc., en tant qu’adjectif.
Par exemple : la communauté han, une famille hui, la culture ouïghour, un temple maya, l’ethnie dong, etc.

Je n’arrive pas à trouver la règle spécifique dans les dictionnaires. Dans l’Encyclopédie Universalis en ligne, on trouve : céramique Han, avec une majuscule.

Ce serait super si vous m’expliquiez ou me donniez une combine pour ne pas m’arracher les cheveux !

Mille mercis et bonne journée.

P.-S. : pour les dynasties, cela se comprend de garder la majuscule : dynastie Ming, Yuan, etc.

Question récurrente… pour laquelle il y a plusieurs réponses, depuis toujours… Il n’y a AUCUNE règle, seulement des « marches », des « usages »… Des noms qui ont été lexicalisés en tant que nom et – ou – adjectif, et d’autres non… = les Ouïgours, des fermes ouïgoures, des villages ouïgours = les termes lexicalisés, francisés, doivent s’accorder : on ne peut pas laisser « des fermes Ouïgour » ni « des fermes ouïgour »; pour les autres, il faut opter pour une « marche »…

Première école : pour ne pas s’embêter avec les accords en genre et en nombre = invariabilité totale, avec une majuscule, que le gentilé soit un substantif nom propre ou un adjectif : les Han, la dynastie Han, des sculptures Han, des villages Han…

Deuxième école : invariabilité totale, mais majuscule pour les noms et minuscule pour les adjectifs : les Han, la dynastie han, des statues han.

Troisième école : accord en nombre pour les adjectifs (les dynasties non francisées restant invariables) et accord en genre sauf avec des « a » et des « o », et sauf derrière des « g », etc. : les Han, des villages hans, des villages mongs, les Mayas, des villages mayas, des fermes mongs (pas « monges » !), des routes mayas (pas « mayaes » !!)…

Il faut faire un choix… Mais en sachant qu’il sera impossible d’unifier à 100 % s’il y a à la fois, dans un texte, des Han, des Mayas, des Ming, des Stuarts, des Romanov, des Bourbons, des Ouïgours, des Qataries, des Bantoues… ; des sentiers mayas, des villages bambaras, des familles tutsies, des cultures bantoues, des villes haoussas…

N. B. : On ne peut pas tenir compte de toutes les particularités d’origine, par exemple Bakongo/bakongo en tant que pluriel de Kongo/kongo, au lieu de Kongos/kongos, et la mutation de Kongo/kongo en « koongo » lorsqu’il s’agit d’un adjectif.

Le mot du 24 mai 2018 (1)

Le calembour du jour

La cuisine vietnamienne est guère originale : on prend les nems, et on recommence !

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Le mot du 23 mai 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour,

J’ai eu à écrire une phrase comportant des sujets coordonnés qui ne sont pas à la même personne : « Si vous-même ou une personne de votre entourage (être intéressé) par la lecture du texte dans son entièreté, n’hésitez pas à me solliciter ».

Ma question porte sur :
– le temps à choisir pour le verbe
– l’accord du verbe être et de son participe passé selon le sujet.

Je connais la règle qui stipule que le pronom le plus petit dans l’ordre de citation (je, tu, il, etc.) l’emporte : le verbe s’accorde avec celui-ci.

Mais, ici, le « vous-même » ne représente pas un pluriel, c’est un « vous » de politesse. L’emporte-t-il sur le « une personne de votre entourage = elle », soit une troisième personne du singulier ?
Que le « vous-même » soit connu comme étant un homme ou une femme change-t-il la réflexion, notamment sur l’accord du participe passé ?

Merci de m’aider à y voir plus clair.

Très bonne journée à vous. »

1° La règle s’applique : la 2e personne l’emporte sur la 3e = Si vous-même ou une autre personne ÉTIEZ ……………………………….

2° J’ai toujours rejeté l’accord dit « de proximité » (= « si vous-même ou une autre personne étiez intéressée », qui revient à accorder au féminin, illégitimement, un « vous-même » qui peut être un masculin. Cela revient à écrire : « Si Emmanuel Macron [ou Jean-Luc Mélenchon, ou X…] ou une autre personne était intéressée »…

Si l’on connaît le sexe du « vous-même », on peut écrire : « Si vous-même (masc.), ou une autre personne, étiez intéressé (on peut opter pour le pluriel, sans ponctuation : « Si vous-même ou une autre personne étiez intéressés »)

« Si vous-même (fém.), ou une autre personne, étiez intéressée (ou, sans ponctuation, au pluriel = « Si vous-même ou une autre personne étiez intéressées »)

Si l’on ne connaît pas le sexe du « vous-même » = « Si vous-même, ou une autre personne, étiez intéressé(e) » (ou : Si vous-même ou une autre personne étiez intéressé(e)s »)

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Le mot du 21 mai 2018 (2)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Soit l’extrait suivant : “On lui parlait, le matin, sur un ton joyeux (‘Comment allez-vous aujourd’hui, Maureen ?’). Le week-end, on l’habillait…”

Peut-on se permettre quatre signes de ponctuation successifs ? »

Oui, puisque c’est logique. N. B. : Les questions des lecteurs, sur ce site, sont en italique et entre guillemets français (les « doubles chevrons »)…

On ouvre la citation, le « contenant », par les guillemets de second niveau, dits « anglais » ou « américains » (selon leur forme ; soit des doubles apostrophes). Ensuite, il y a un « contenu » mis entre parenthèses et qui est constitué d’une citation de troisième niveau, placée entre ce que l’on appelle, abusivement, des guillemets « allemands » (= des apostrophes simples). Dans l’ordre, on a donc une parenthèse ouvrante, puis un guillemet allemand ouvrant.

Il faut donc bien tout fermer : dans l’ordre, la ponctuation expressive du contenu (le point d’interrogation), puis le guillemet fermant la citation enserrée entre les parenthèses. Ensuite : la parenthèse fermante, suivie du point fermant la phrase. Les quatre signes sont logiques, nécessaires, obligatoires !

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Le mot du 21 mai 2018 (1)

Le nom du jour de collectionneur(-euse)

Les collectionneurs et collectionneuses de bateaux en bouteille(s) sont des botumodelophilistes !

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Le mot du 20 mai 2018 (1)

Le point d’orthographe/orthotypographie du jour

La 9e édition de la Dictée du patrimoine de Piriac-sur-Mer a permis de constater que certaines personnes ignorent les règles fondamentales portant sur l’orthographe des noms de communes françaises. Des noms que l’on a, pourtant, l’occasion de lire tous les jours dans les médias, ou que l’on a l’obligation de connaître quand on remplit des papiers d’état civil, différents documents administratifs ou professionnels, etc.

Je rappelle donc ces règles fondamentales :

1° Tous les termes composant des noms de communes s’écrivent avec une majuscule, sauf les prépositions et les articles internes :

Digne-les-Bains

Sainte-Foy-la-Grande

Bormes-les-Mimosas

Saint-Cloud

Issy-les-Moulineaux

Piriac-sur-Mer

Joué-lès-Tours

Fontenay-aux-Roses

2° Les articles initiaux s’écrivent avec une majuscule dès lors qu’ils font bien partie du nom propre, et ne sont pas suivis d’un trait d’union :

Le Havre

La Turballe

La Rochelle

La Havane

Le Caire

La Ferté-Alais

La Nouvelle-Orléans

3° L’apostrophe fait office de trait d’union :

Les Sables-d’Olonne

Le mot du 19 mai 2018 (1)

AGENDA : La 9e édition de la Dictée du Patrimoine de Piriac-sur-Mer s’est déroulée dans la bonne humeur, et par un temps splendide. L’alacrité a été renforcée par l’entrain d’une délégation des « Fêlés de l’orthographe », de Brest, conduite par Henri Le Guen. Merci à elles et à eux d’avoir uni convivialement le Finistère à la Loire-Atlantique autour du texte et des jeux !

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Le mot du 16 mai 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Faut-il accorder, ou faut-il laisser figée au masculin l’expression « tout craché » dans la phrase : « Suivre ce parcours, pour cet énarque, c’est la voie royale tout craché ! » ? »

J’avoue que j’ai hésité : ne s’agit-il pas, en effet, d’une locution figée au masculin ?… Mais ne se laisse-t-on pas influencer par l’emploi très courant de : « C’est son portrait tout craché ! », qui, bien évidemment, est au masculin. Pourquoi serait-il erroné de dire et d’écrire : « Au même âge, c’est sa mère toute crachée ! » (accord de tout précédant un adjectif commençant par une consonne) ? Il faut accorder, je pense : « … c’est la voie royale, toute crachée ! ».

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Le mot du 14 mai 2018 (1)

Le calembour du jour

Le jour n’est plus loin où les Français n’auront plus que l’impôt sur les os… (D’après Alexandre Breffort.)

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