Le mot du 18 juin 2018 (1)

Le point d’orthotypographie du jour

MENUS ET CARTES DE RESTAURANT

La règle ordinaire doit s’appliquer aux noms de plats, de mets, des vins que les restaurateurs – étoilés ou non – mentionnent sur les menus et sur les cartes : majuscule éventuellement au premier mot de chaque ligne, et aux noms propres évidemment :

Saumon mariné ou escargots géants de Bourgogne

Cabillaud sauce raisin, purée maison

Tournedos Rossini

Assiette de fromages

Salade de fruits ou pain perdu au sirop d’érable

Café et gourmandises

Toutes les fantaisies sont permises – sauf les fautes d’orthographe –, et, si des chefs, toqués ou non, envoient le… bouchon un peu trop loin, avec une majusculite proportionnelle à leur ego, et des formulations si ampoulées qu’elles en sont grotesques, on peut montrer de la bienveillance à l’égard des appellations plaisantes, des présentations s’écartant un peu de la norme et ayant recours à des dingbats peu usuels, à des changements de caractère et de corps. Les correcteurs-réviseurs ayant la charge de relire de tels textes s’efforceront de convaincre les auteurs que le mauvais goût tue l’originalité, que l’insolite excessif peut irriter les clients.

ANECDOTES : 1° Génial jongleur de mots et pince-sans-rire invétéré, assurément grand écrivain, Alphonse Allais dit un jour, au serveur, dans un restaurant : « Servez-moi des fautes d’orthographe ! – Mais, monsieur… Nous n’avons pas cela… – Alors, pourquoi en mettez-vous dans votre carte !? ».

2° Lorsque le physicien et inventeur italien Marconi devint mondialement célèbre en réalisant les premières liaisons par ondes hertziennes, certains grands restaurants parisiens jouèrent sur les mots en mettant à leur carte des « haricots verts Marconi ». Il ne s’agissait pas d’une nouvelle recette, mais d’un calembour affirmant que leurs haricots étaient… sans fil(s) !

© Jean-Pierre Colignon / Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, 2018.

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