Archives mensuelles : juin 2018

Le mot du 22 juin 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour,

Il y a une question que je me pose depuis longtemps et qui m’agace de plus en plus, car je ne trouve absolument rien qui pourrait un tant soit peu m’éclairer : doit-on dire « l’élection présidentielle » ou « LES élections présidentielles »? « LA » Présidentielle (avec une majuscule?) ou « LES » Présidentielles ?
Les deux sont employés, il doit bien y avoir une différence de sens, même minime !

Merci beaucoup. »

Il faut obligatoirement le singulier – l’élection présidentielle – puisqu’il n’y a qu’un poste à pourvoir. En revanche : les législatives, les sénatoriales, les municipales…

Il n’y a aucune raison de vouloir mettre une majuscule quand l’adjectif est employé comme nom commun.

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Le mot du 21 juin 2018 (1)

La bourde du jour

Bourde à répétition, qui bafoue le bon sens, le raisonnement, la logique… Commise ce matin encore, sur France Inter, à 8 heures : « La prochaine réunion est prévue le 28 juin… ». Question élémentaire : comment, le 21 juin, une réunion peut-elle être prévue le 28 ??

La formulation sensée, intelligente, est la suivante : « La prochaine réunion est prévue POUR le 28 juin ».

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Le mot du 19 juin 2018 (2)

Le point d’orthotypographie du jour

bataille n. f.

Minuscule : la bataille de Fontenoy, la bataille des Dunes, la bataille de Marignan, même dans les surnoms : la bataille des Trois Empereurs (ou : la « bataille des trois empereurs ») = Austerlitz.

Minuscule également à la « bataille d’Hernani », nom donné à l’affrontement/chahut qui marqua la première représentation du drame en cinq actes de Victor Hugo au Théâtre-Français le 25 février 1830 :

La bataille d’Hernani (ou : « bataille d’Hernani ») opposa bruyamment, et même physiquement, les tenants du classicisme aux jeunes gens venus soutenir le texte de Hugo, texte qui bafouait quelques règles orthodoxes.

(Jean-Pierre Colignon / Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, Paris, 2018.)

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Le mot du 19 juin 2018 (1)

Le jeu de mots du jour

La Restauration = le retour du lys !

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Le mot du 18 juin 2018 (2)

Le point d’orthographe et de grammaire du jour

ès prép.

Cette préposition est le résultat de la contraction archaïque de en les. En vieux français, on pouvait dire se promener ès bois pour « se promener dans les bois ». Le mot n’est plus usité que dans les expressions ès lettres et ès sciences, et après les mots docteur, licence, etc., et dans la locution ès qualités : Ayant parlé ès qualités, le député pouvait exciper de l’immunité parlementaire.

Il n’y a pas de trait d’union entre ès et le terme qui suit la préposition.

Il ne faut pas oublier que les, contenu dans ès, est un pluriel ; il est donc absolument impossible d’utiliser cette préposition devant un mot au singulier : ce serait une faute grammaticale grave, une impropriété inexcusable, que ne saurait justifier un emploi ludique, plaisant, ironique : « C’est un expert ès sieste ! »…

■ Le mot entre dans quelques noms de lieux, où il précède un pluriel : Saint-Pierre-ès-Champs (Oise), Saint-Riquier-ès-Plains (Seine-Maritime).

Le mot du 18 juin 2018 (1)

Le point d’orthotypographie du jour

MENUS ET CARTES DE RESTAURANT

La règle ordinaire doit s’appliquer aux noms de plats, de mets, des vins que les restaurateurs – étoilés ou non – mentionnent sur les menus et sur les cartes : majuscule éventuellement au premier mot de chaque ligne, et aux noms propres évidemment :

Saumon mariné ou escargots géants de Bourgogne

Cabillaud sauce raisin, purée maison

Tournedos Rossini

Assiette de fromages

Salade de fruits ou pain perdu au sirop d’érable

Café et gourmandises

Toutes les fantaisies sont permises – sauf les fautes d’orthographe –, et, si des chefs, toqués ou non, envoient le… bouchon un peu trop loin, avec une majusculite proportionnelle à leur ego, et des formulations si ampoulées qu’elles en sont grotesques, on peut montrer de la bienveillance à l’égard des appellations plaisantes, des présentations s’écartant un peu de la norme et ayant recours à des dingbats peu usuels, à des changements de caractère et de corps. Les correcteurs-réviseurs ayant la charge de relire de tels textes s’efforceront de convaincre les auteurs que le mauvais goût tue l’originalité, que l’insolite excessif peut irriter les clients.

ANECDOTES : 1° Génial jongleur de mots et pince-sans-rire invétéré, assurément grand écrivain, Alphonse Allais dit un jour, au serveur, dans un restaurant : « Servez-moi des fautes d’orthographe ! – Mais, monsieur… Nous n’avons pas cela… – Alors, pourquoi en mettez-vous dans votre carte !? ».

2° Lorsque le physicien et inventeur italien Marconi devint mondialement célèbre en réalisant les premières liaisons par ondes hertziennes, certains grands restaurants parisiens jouèrent sur les mots en mettant à leur carte des « haricots verts Marconi ». Il ne s’agissait pas d’une nouvelle recette, mais d’un calembour affirmant que leurs haricots étaient… sans fil(s) !

© Jean-Pierre Colignon / Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, 2018.

Le mot du 17 juin 2018 (3)

Le jeu de mots du jour

« Avec ce gouvernement, on n’a plus que l’impôt et les hausses ! » (Calembour non daté…)

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Le mot du 17 juin 2018 (2)

AGENDA : Le jeudi 26 juillet, la « Dictée à la plage » de Leucate (Aude) célébrera les 50 ans de Port Leucate, « terre de liberté ».

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Le mot du 17 juin 2018 (1)

Le point d’orthotypographie du jour

arc n. m.

Ce nom commun de bâtiment s’écrit sans majuscule :

des arcs de triomphe romains

l’arc de triomphe du Carrousel [à Paris]

La notoriété de l’arc de triomphe de l’Étoile-Charles-de-Gaulle, à Paris, est telle que même en dehors de l’emploi absolu, qui justifie la majuscule à Arc, l’usage a entériné cette majuscule dans tous les cas :

la cérémonie de la flamme à l’Arc de triomphe

l’Arc de triomphe de l’Étoile-Charles-de-Gaulle

Il est excessif de mettre, en plus, une majuscule à triomphe.

(Extrait ouvrage à paraître dans quelques semaines. Jean-Pierre Colignon, CFPJ, 2018.)

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Le mot du 16 juin 2018 (1)

La bourde du jour

La maîtrise hasardeuse du vocabulaire est parfois effarante quand elle est notée chez des journalistes professionnels… Sur France Inter, ce samedi matin 16 juin, vers 8 heures, le responsable de la tranche horaire s’est étonné, presque offusqué, d’être repris par l’auteure d’un ouvrage sur les migrations. Alors qu’il venait de présenter l’ouvrage comme étant un cinquième « tome », ladite auteure s’est permis de rectifier en indiquant qu’il s’agissait d’une… cinquième édition. Étonnement surpris de l’animateur, qui, dans sa réaction, a semblé ne pas comprendre le rectificatif, a semblé ne pas voir de différence entre les deux termes !…

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