Le mot du 1er juillet 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Dans son discours au Panthéon, le président de la République a utilisé « bruissera » au lieu de « bruira ».
Quelle différence faites-vous entre « bruire » et « bruisser », et l’utilisation de « bruissera » était-elle ici correcte ?

Merci. »

Les linguistes et grammairiens contemporains sont en désaccord. Je ne peux donc pas vous répondre… Cela va du « bruisser n’existe pas en français », à « longtemps condamné comme étant un barbarisme, bruisser est aujourd’hui admis », en passant par ceux qui mentionnent que bruisser est « condamné par l’Académie française », mais qui le lexicalisent normalement, sans exprimer la moindre réserve.

Pour certains, par exemple, bruire se conjugue uniquement à l’indicatif présent, imparfait, futur, et au conditionnel (ils prônent bruira, alors). Pour ceux-là, « les formes inexistantes de bruire sont remplacées par les formes correspondantes de bruisser ».

Les lexicographes, les linguistes, les grammairiens auteurs des dictionnaires de référence, les auteurs des « dictionnaires de difficultés » faisant autorité, se contredisent donc, ou adoptent des formulations succinctes qui éludent la question…

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