Le mot du 23 août 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

 

           « Bonjour, Monsieur Colignon,

Un grand merci pour vos articles !

Ma question porte malheureusement sur un sujet tragique et récurrent.
J’entends et lis de plus en plus souvent l’expression « enfant abusé » (par exemple, dans le
Canard enchaîné daté d’hier). Ce calque de l’anglais peut sembler commode, vu sa concision, mais me gêne beaucoup, puisque la construction correcte en français appelle la préposition  de (« abuser de quelqu’un »).
Ai-je tort de penser qu’il faut donc dire et écrire « enfant victime d’abus (sexuel) »,  et non la formule indiquée plus haut,  copiée selon toute vraisemblance de l’anglais
abused child  ? »

 

 

Déjà, on peut être gêné par les différentes acceptions d’ « abusé »  :  l’enfant a-t-il été berné, dupé, trompé… ou a-t-il été victime d’abus sexuels ?…  Ensuite, vous avez raison :  « enfant abusé » n’est pas du français correct; il faut dire « enfant victime de viol(s) »,  « enfant violé », « enfant victime d’abus sexuels », « enfant ayant été victime d’abus sexuels »…

J’en profite pour signaler une autre incorrection  :  l’emploi  inconsidéré de violenter pour « violer ».   Les deux termes ne sont pas des synonymes, ou pas toujours, en tout cas. La première signification de violenter est : « exercer des violences, commettre des violences sur quelqu’un » ;  « violer » est une seconde acception, employée particulièrement.

 

L’internaute ayant envoyé cette question étant une traductrice,  je terminerai en saluant cordialement toutes celles et tous ceux exerçant professionnellement ce métier qui demande beaucoup de savoir et de qualités.

 

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