Le mot du 25 septembre 2018 (3)

La question du jour (… posée par plusieurs personnes)   (et la réponse)

 

           « Bonjour,  Monsieur,

           Je me pose une question sur le pluriel concernant l’anniversaire de la première année. En effet, on dit toujours : « Je  fête LES un an de telle personne ». N’est-ce pas une faute d’employer le pluriel pour une première et, à ce jour, unique année ?

           À l’oral, c’est assez « moche » de dire : « Je fête le un an de ma nièce »…

          Merci par avance pour votre retour. »

 

 

 

C’est une tournure intrinsèquement fautive…  mais qui est bien entrée dans l’usage parlé.  Du type : « On va vers les midi, il faut se dépêcher ! ».  Cf.  : « Cet homme fait dans les 1,80 mètre », « Cela approche les 1 million d’euros »…  On dit bien : « appuyer sur la gâchette », qui est une ânerie absolue !…   L’usage entérine ainsi des formulations hasardeuses, des impropriétés…

Ceux des linguistes et des grammairiens qui mentionnent cette tournure enregistrent cette formulation particulière employée pour marquer une approximation soit en ne faisant aucune remarque, soit en notant qu’elle appartient au registre familier… Et en se contentant très souvent  de citer des exemples au pluriel  :  « Cette femme a dans les quarante ans », « cet appartement doit faire dans les cinquante mètres carrés »…  Évidemment, avec un pluriel, cela passe mieux !

Avec « un(e) »,  encore une fois c’est une tournure que l’on entend couramment…  Ce qui est tout de même gênant dans un contexte de langage parlé et écrit de niveau soutenu.  Ce n’est pas être pédant ni cuistre de formuler ainsi, par exemple, un faire-part, une invitation : « Nous vous convions au cocktail qui marquera le premier anniversaire de la médiathèque municipale »;  « Casimir aura un an samedi 29  :  parents et amis seront les bienvenus autour de sa première bougie ! » ; etc.

« Le un an de ma nièce »  est certes imbuvable, et à bannir !

 

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