Le mot du 3 décembre 2018 (1)

La question d’orthotypographie du jour (et la réponse)

 

 

 

« Bonjour, Monsieur !

Pourriez-vous, s’il vous plaît, expliquer pourquoi vous mettez, comme beaucoup de journalistes, « gilets jaunes » sans capitale et entre guillemets ?

Même chose pour « casques bleus », « bonnets rouges » ?

Moi, j’ai plutôt envie de mettre une capitale au substantif et d’ôter les guillemets …

           Merci d’avance. »

 

 

L’orthotypographie suit une démarche très souvent déterminée, et c’est heureux, par la logique.  Y compris quand il s’agit de mots ou d’expressions surgis dans des contextes historiques…

L’association « majuscule au substantif + minuscule à l’épithète qui suit », sans guillemets, est appliquée à des dénominations qui désignent des mouvements et/ou leurs militants, leurs adhérents  qui s’inscrivent dans l’Histoire de façon très durable,  ou du moins pendant un certain temps dans l’actualité, et qui, pour cette raison, sont lexicalisés (les Chemises rouges, les Brigades internationales, les Brigades rouges)…

Tant que ce « statut » n’est pas atteint, les lexicographes des dictionnaires généraux usuels n’accueillent pas ces mots ou ces expressions…  En dehors de ce cas particulier des dictionnaires généraux, c’est, le plus souvent,  la notion de surnom populaire dans l’actualité qui l’emporte, d’où les minuscules et les guillemets…  Rien ne permet de savoir si les mots ou expressions ainsi apparus auront une durée de vie notable.  Si ce devait être le cas, alors seulement, en toute rigueur, la graphie avec majuscule au substantif, sans guillemets, s’imposerait, à plus forte raison si ce mouvement devenait un parti politique : C’est en 2018 qu’en France, soutenus par 80 % de la population, les Gilets jaunes se révoltèrent contre les  injustices et les inégalités Aux législatives de 2019, après la dissolution de l’Assemblée nationale,  les Gilets jaunes emportèrent 134 sièges… 

Voilà donc comment s’instaure l’orthotypographie… Bien évidemment, certains peuvent, aujourd’hui, d’après leur ressenti ou leurs convictions, opter pour « les gilets jaunes »« les « gilets jaunes » »« les Gilets jaunes » ou « les « Gilets jaunes » »

Pour les « casques bleus », à leur apparition on mettait des guillemets. Maintenant, c’est plutôt la banalisation en tant que nom commun, en quelque sorte  = deux minuscules sans guillemets : des casques bleus ont été déployés, vouloir jouer les casques bleus…  Rares sont ceux qui écrivent : les Casques bleus.

 

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