Le mot du 29 décembre 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Cher Monsieur Colignon, 

            Désolé de revenir vers vous en pleine  trêve des confiseurs.

            Je lis un texte où il est question de tableaux. À un moment, il est écrit : « À Chambord furent transportés La Belle Jardinière de Raphaël et La Femme hydropique de Gérard Dou.

            L’auteur a-t-il raison d’écrire  « transportés » (accord de syllepse avec « tableaux », sous-entendu), ou aurait-il dû écrire « transportées »  (rapport aux titres des œuvres) ?

            Merci et bonnes fêtes  à vous ! »

 

 

 

C’est une question qui  embarrasse :   on hésite à écrire que les Deux Orphelines sont plus grosses que les Trois Mousquetaires, parce que cela provoque le rire. Et, de même, « Rends-moi l’Échelle de Jacob que je t’ai prêtée ! »…   Pourtant, normalement, avec des titres commençant par le ou par la,  on ne devrait pas hésiter : « la Joconde a été volée ! »…  Avec des titres de ce type, l’accord sur le genre et le nombre l’emporte le plus souvent : « Phèdre a été jouée hier »,  « Les Misérables  ont   marqué tous ceux qui les ont lus »,  « Madame Bovary  a été adaptée plusieurs fois au cinéma »…  Mais l’accord sur des termes sous-entendus comme roman, pièce, nouvelle, film, etc., n’est pas rare.  Il n’y a pas de règle !  (Avec d’autres types de titres,  il est aisé de trancher  :  « le Rouge et le Noir   EST   une œuvre  de Stendhal »,  « Paul et Virginie  appartient à un style romanesque daté… ».)

Chacun peut donc opter pour la version qu’il ressent, qui passe le mieux « à l’oreille »…  si cela n’enfonce pas trop une porte ouverte  (éviter de dire : « le roman les Misérables »; en revanche,  « Les Misérables est un roman majeur de la littérature »  passe sans problème).

Merci, et très bonnes fêtes de fin d’année à vous également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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