Archives mensuelles : décembre 2018

Le mot du 28 décembre 2018 (2)

La bourde du jour

 

Sur une chaîne de radio publique bien connue, où l’on se gargarise quasiment tous les jours, sans grande humilité,  des taux d’audience,  le responsable du bulletin d’information a, un de ces derniers matins,  déclaré que les « gilets jaunes » avaient « pris d’assaut » (sic) trois policiers à scooter.

Ce journaliste devrait garder la mesure dans ses propos, ne pas dramatiser les informations pour peut-être faire de l’audience,  et améliorer sa connaissance du vocabulaire :  on prend d’assaut un bâtiment (une caserne, un ministère, une mairie, une préfecture…), un camp retranché, des barricades,  c’est-à-dire qu’on s’en empare par la force, qu’on prend de force ces lieux…

 

Le mot du 28 décembre 2018 (1)

INFORMATION :  Le site a été réduit plusieurs jours au silence à la suite d’un dysfonctionnement de WordPress…  Le dépannage a pu enfin intervenir cet après-midi, et la publication des « Mots du jour » va reprendre ce soir.

Le mot du 18 décembre 2018 (1)

Le jeu de mots du jour

 

          « Quand le gibier manque, les chasseurs sont… à courre ! »

(A quand la mise hors la loi de la chasse à courre ?…)

Le mot du 15 décembre 2018 (4)

La question du jour n° 3 (et la réponse)

 

         « Monsieur Colignon, 

         Je me permets de vous envoyer ce mail car j’aimerais savoir si l’on doit mettre une majuscule à frère Benoît, père Benoît ? 
         Je vous remercie pour votre réponse.

        Très cordialement. »

 

 

 

Extrait de mon « Dictionnaire orthotypographique » à paraître en janvier au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes  (CFPJ) :

père   n. m.

La question de la capitale ou de la minuscule, quand frère, père, mère et sœur sont employés comme titres religieux, n’a jamais réuni l’unanimité. Elle donne lieu à des usages contradictoires et inconciliables.

Par exemple, la « marche » de correction intérieure à l’Organisation des Nations unies n’admet que la minuscule : le père Baptiste, le père Balavoine, le père abbé, le père prieur, le révérend père, le révérend père Thomas… et a proscrit « les abréviations conventionnelles : P., P. P., R. P. ».

Cette marche de travail est cohérente, mais beaucoup d’auteurs, de journalistes, d’éditeurs optent pour le P majuscule : le Père de Foucauld, le Père Joseph (l’Éminence* grise), les Pères blancs, le Père Reboissonle Père Jean-Michel

Le mot prend une capitale initiale lorsqu’il s’agit des théologiens des premiers siècles : les Pères de l’Église.

 

Bien qu’il n’y ait qu’un pape à la fois (en dehors du cas des papes et des antipapes, autrefois), tout le monde ne met pas les majuscules d’unicité. Selon les opinions, ou selon les « marches », on trouve en concurrence : le Saint-Père ou le saint-père.

N.B. : La graphie « le Très Saint-Père » est une ânerie, puisqu’elle revient à dire « le très pape ». Bien évidemment, il ne faut pas de trait d’union, pour conserver la signification logique de « père très saint ».

 

L’abréviation P. n’est appliquée que dans des textes pieux, dans des publications spécialisées : Le P. Dupanloup célébrera la messe dominicale du 7, et le P. Monfort celle du 14.

R. P., pour révérend père, est une abréviation plus usitée couramment : C’est le R. P. Chevalier qui représentera le diocèse à la cérémonie.

Contrairement à ce qu’indiquait le texte de l’ONU mentionné plus haut (à moins qu’il ne  s’agît  d’une  abréviation pour père prieur), l’abréviation de pères, au pluriel, n’est pas « P. P. » mais PP. : les PP. jésuites Girard et Compan. D’où : les RR. PP. Valjean et Joubert.

Dans l’invocation « Notre Père qui êtes […] », l’usage exige un N et un P majuscules.

 

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Conclusion : Quand on écrit – ou quand on corrige – un texte dans lequel ce problème de père ou Père se pose, il convient de le résoudre dès le début, et de rester fidèle jusqu’au bout à la « marche » adoptée, afin que la forme soit unifiée dans tout le livre, la brochure, etc.

 

Lorsque père est employé pour désigner familièrement une personne – généralement âgée –, le mot s’écrit sans majuscule (et ne s’abrège pas, bien sûr) :

C’est encore le père Ledru qui fait des histoires !

Le père Antoine a décidé de vendre un de ses terrains.

 

Pour  le  père  Noël, nombreux sont ceux qui préfèrent adopter la capitale – le Père Noël –, pour mieux signifier le caractère légendaire du personnage. Mais, intrinsèquement, c’est ad libitum !

 

Tout ce qui vient d’être dit s’applique à frère, mère et sœur.

 

Le mot du 15 décembre 2018 (3)

La question du jour n° 2 (et la réponse)

 

         « Cela  se dit-il  :  « d’une part, […] ; de l’autre,  […] » ? (bancal, non ?)

          Merci, à très bientôt !!! »

 

Oui, c’est bancal, incorrect.  Il faudrait soit : « D’une part, bolobolobolo…….. ; d’autre part, bolobolobolo……… ». Ou bien : « Les deux visages de la contestation se présentent ainsi : « D’une part, il apparaît que……….. ;  de l’autre, on voit bien que…….. ».

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Le mot du 15 décembre 2018 (2)

La question du jour (et de la réponse)

 

« Bonjour,

Excusez-moi, mais plus je pense à l’expression « les deux Europe(s »), plus je me demande si Europe ne devrait pas forcément prendre un final.

L’Europe des 27 est une autre entité que l’Europe continentale ?
Alors… les deux
Europes (aïe  les yeux !)

Ou bien je me fais des nœuds ? »

 

Avis en cette fin de 2018 :

Cela devient très compliqué, de plus en plus… Il n’y a pas deux Europe géographiquement (en principe… : quoique l’occidentale et l’orientale…); il n’y a pas deux Europe politiquement : il n’y  a pas  deux  ensembles  qui,  politiquement  et  administrativement,  porteraient  le  nom d’ « Europe » =  ce qui entraînerait « deux Europes », sur le modèle des deux « Corées »…

Il serait illicite de parler de « deux Europes » en mélangeant l’acception géographique et l’acception politique…

MAIS ne faudrait-il pas « deux Europes », politiquement, pour parler de l’Europe centro-libérale et de l’Europe populiste ???  Géographiquement, n’y a-t-il pas l’Europe des pays du Sud et l’Europe des pays du Nord ?…  Dans les deux cas, les différences sont assez marquées pour justifier, aux yeux de certains,  le pluriel.  Etc. !!

Je crois que les avis peuvent, légitimement, diverger, et que l’on ne peut plus ratifier, en tout cas sans discussions, l’option quasi systématique  de l’invariabilité…

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Le mot du 15 décembre 2018 (1)

Réponse du dingbat du vendredi 14 décembre :

« Rien dans les mains, rien dans les poches ! »    :o)))

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Le mot du 14 décembre 2018 (2)

La question d’orthotypographie du jour (et la réponse)

 

« Bonjour,

Combien de capitales doit-on mettre dans un titre comme la Chauve-souris ?

               Merci. »

 

Aujourd’hui, l’usage majoritaire, quand un titre d’oeuvre est constitué par un mot composé, est de mettre deux capitales :  la Chauve-Souris.  (Titre d’une brillante opérette viennoise de Johann Strauss  :  en allemand,  Die Fledermaus.)

Je rappelle que, rigoureusement,  dans les titres d’oeuvres qui commencent par des articles définis, ces derniers se mettent bien en italique, mais avec une minuscule initiale :  les Trois Mousquetaires, le Rouge et le Noir, la Divine Comédie… pour éviter d’inciter des auteurs, des chercheurs, à submerger la lettre L, dans un index, par des centaines de titres.   Dans un index, il faut alors classer sur le premier terme important selon les règles orthotypographiques des titres d’oeuvres :

Bal des maudits (le)

Symphonie pastorale (la) 

Petites Filles modèles (les)

Chien des Baskerville (le)

 

Le mot du 14 décembre 2018 (1)

Le dingbat du jour (une expression à trouver)

 

mrienains, porienches

 

(Réponse demain samedi 15.)

 

 

Le mot du 12 décembre 2018 (2)

AGENDA :  La « Grande Dictée du 7e » se déroulera le mercredi 20 mars 2019 après-midi à la mairie du 7e arrondissement.  Soit quatre jours après la dictée de Tours (samedi 16)..

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