Archives mensuelles : avril 2019

Le mot du 27 avril 2019 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour,

            On trouve (Dicos d’or 1993)  :  « Combien de Sieyès, de Clemenceau, de Mendès France se sont sentis exaltés, exhaussés par le flux oratoire ? »  Or le Dictionnaire des difficultés de la langue française d’Adolphe Thomas précise qu’en cas d’antonomase (« noms propres désignant non la personne qui a porté le nom, mais d’autres personnes qui lui sont comparées »)  la marque du pluriel s’impose. Dans ce cas, il aurait fallu écrire « Démosthènes »  et  « Clemenceaux » dans le texte ci-dessus. Qu’en pensez-vous ? J’attends votre réponse avec une grande impatience. Merci beaucoup pour tous vos envois.

 

Non, le point de vue de Thomas n’est pas LA vérité… Les avis sont très partagés, à juste titre…   Qui écrirait, sans hésiter : « des Mendès Frances », « des Van(s) Gogh(s), « des La Fontaines », « des  de Gaulles », « des pères Goriots » !!!?…

On est moins choqué, sans doute, parce qu’il n’y a pas plusieurs éléments, par « des Lavoisiers », « des Gambettas », « des Lamartines »…, mais grammairiens et linguistes, ou écrivains, ne ratifient pas tous cet accord qui devrait théoriquement s’appliquer.  Ad libitum, donc  :  « Les  Goliaths ne sont pas toujours vaincus par les Davids » ou « Les Goliath ne sont pas toujours vaincus par les David »…

 

Bien entendu, quand ces patronymes sont, au sens métonymique ou métaphorique, devenus des noms communs sans majuscule, l’accord au pluriel est la règle : « des harpagons, des hercules… »

 

 

 

Le mot du 24 avril 2019 (1)

La bourde du jour

 Grâce à Gala (mardi 23 avril), nous apprenons que Thomas Hollande, fils de l’ex-locataire de l’Elysée et de Mme Ségolène Royal, actuellement « ambassadrice de France chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique », et sa compagne, la journaliste Emilie Broussouloux, ont repris la grande tradition clownesque…  En effet, dès le début de l’article il était dit que ceux que l’on appelle « les deux amants » dans le cours du texte s’étaient mariés « en grandes pompes », tels les augustes qui, avec leurs tatanes de pointure 64XXXXL (en argot, « pompes » = chaussures), ont diverti des générations d’enfants…

Peut-être a-t-on voulu, inconsciemment, éviter d’écrire, ce qui aurait été, bien sûr, la bonne orthographe,  que les personnes en question s’étaient mariées en grande pompe,  c’est-à-dire avec un déploiement de faste…

Le mot du 23 avril 2019 (1)

RECTIFICATIF :  Avec toutes mes excuses à la brillante lauréate de la dictée SupGalilée de l’université de Villetaneuse, dont le patronyme, sans coquille cette fois, est : Sara SAMIMI !

Le mot du 22 avril 2019 (5)

La question n°3 du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour, Monsieur Colignon,

            Pourriez-vous, pour ce qui concerne l’accord du verbe “coûter”, me dire si, dans les trois cas suivants, il y a réellement lieu de ne pas accorder le participe passé du verbe ?

 

“Les touffes de verdure produisaient un effet des plus agréables, malgré le peu de travaux que leur ordonnance avait coûté.

“Les sommes d’argent que ce redéploiement nous a coûté ont été réduites à presque rien.”

“Il s’insurge contre les additions excessives que le repas a coûté.”

            J’avoue que, pour moi, la solution est assez difficile à trouver, compte tenu des exemples fournis dans les textes antérieurement rencontrés, m’incitant à penser qu’on ne faisait pas l’accord si, et seulement si, c’était un nombre placé avant le verbe dont il était question.

            Je vous remercie par avance pour votre réponse, même tardive, compte tenu de vos obligations. »

 

Il me semble normal d’avoir quelque hésitation avec des accords ou non-accords de ce type…

Remarque annexe, pour commencer : « Sommes d’argent » est pléonastique…

Ensuite : Sommes ne peut pas être considéré comme un complément circonstanciel de mesure.  On ne peut pas dire : « Combien cela a-t-il coûté ?… = des sommes » ! Mais : « Qu’est-ce que cela a coûté ? »…  Sommes est tout simplement un COD placé devant le verbe, donc accord.

Idem = on ne peut pas demander : « Combien cela a-t-il coûté ? », en répondant : « des additions ».  Mais : « Qu’est-ce que cela a coûté ? » Additions est un COD placé devant le verbe, donc accord.

Le troisième cas est « tordu », parce que l’on a affaire à une insuffisance (en tout cas, à une très faible dépense)… qui se révèle bénéfique. Ce qui tord le cou au raisonnement grammatical strict =  « le peu de » (= quantité insuffisante) > invariabilité; « le peu de » (= quantité suffisante) > accord.  Cela mérite, à mes yeux en tout cas  −  car je n’ai pas la prétention d’être infaillible  −,  un peu de réflexion supplémentaire pour essayer (ce n’est pas certain) de trancher; a priori, je penche pour l’invariabilité parce que la signification est tout de même « en dépit du faible niveau des travaux », mais…

Le mot du 22 avril 2019 (4)

Le jeu de mots du jour

« C’est curieux : beaucoup trouvent que cette dictature est un pays… très à tyran !!? »

Le mot du 22 avril 2019 (3)

La bourde du jour

 

Commise par la journaliste Bernadette Chamonaz, de France Inter… Ce lundi matin 22 avril (9 heures), elle a qualifié de « quartier » (de Nantes) la ville de Saint-Herblain, qui, avec quelque 45 000 habitants, est la troisième commune de Loire-Atlantique pour la population…  Avec des « approximations » de ce type, les auditeurs et auditrices non ligériens sont bien informés !…

 

Le mot du 22 avril 2019 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Bonjour, 

            Une petite question du lundi de Pâques  :  où serait la bonne césure à infraction ? 

            Pour moi, ce n’est pas le préfixe d’origine latine…  Alors,  je ne coupe pas après infra-, mais plutôt ainsi : infrac-tion ?  Est-ce correct ?… Merci. »

 

Depuis pas mal de temps, on a renoncé (à part de rares exceptions) aux coupures dites étymologiques, qui choquent quasiment tout le monde, parce que personne, ou presque, ne les comprend plus.  Alors, oui : « infrac  /  tion ».

 

Le mot du 22 avril 2019 (1)

INFORMATION :  La première dictée, intitulée « dictée SupGalilée », organisée
pour l’Institut Galilée – Université Paris 13, à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), le jeudi 18, a donné le palmarès individuel suivant : 1. Sara Samimi; 2 ex aequo : Alex Renard et Valentin Diemer. Félicitations à ces trois étudiants !

… et rendez-vous en 2020 pour la seconde édition !

Le mot du 21 avril 2019 (3)

La bourde du jour

 

Faute à répétition, notamment dans les médias : « quelque 21 autres résidents ont été incommodés par les émanations »…  Pourtant, la bourde devrait sauter aux yeux et aux oreilles de ceux et celles qui la commettent :  « quelque » est ici, forcément, un adverbe, ayant la signification d’ « environ »… et l’on ne saurait dire « environ 21 personnes » !!  Environ (et donc quelque) ne peut être employé qu’avec un nombre rond, exprimant une approximation, et, cela, avec un nombre assez important : il est niais, sot, de dire ou écrire : « quelque quatre grévistes bloquaient l’entrée » (sauf volonté d’être dans l’ironie, le sarcasme…).

Il n’y a aucune obligation d’imiter la stupidité du ministère de l’Intérieur et des services de la place Beauvau qui, de semaine en semaine, dénombrent, à travers la France, « quelque 13 452 (ou 9 747) manifestants » !  D’ailleurs, même si le mot quelque n’est  pas  employé,  ce  type  de  décomptes  relève de l’idiotie : comment, sur… quelque 550 000 kilomètres carrés, pourrait-on noter, à l’unité près, le nombre de « gilets jaunes », de cyclistes sur les routes  ou de moutons dans les prés !?  Grotesque…

 

Le mot du 21 avril 2019 (2)

Le jeu de mots du jour

 

« Mme de Sévigné est désemparée : partie en retard, elle a loupé sa… correspondance à Paris ! »