Le mot du 2 avril 2019 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Bonjour, Monsieur Colignon, 

            Je n’arrive pas à bien cerner la nuance entre ennuyeux et ennuyant. Je dirais peut-être le premier pour une personne, le second pour une chose ou une situation ?

Pourtant, je lis dans le CNRTL : « Je suis de ceux qui […] rêvent ou plutôt rêvassent, hargneux et pestiférés, sans savoir ce qu’ils veulent, ennuyés d’eux-mêmes et ennuyants. »  (Flaub., Corresp.,1839, p. 41).

            Franchement, je bute.

            Merci d’avance. »

 

 

En 2019, Flaubert n’écrirait plus comme en 1860…  Et les correcteurs-réviseurs d’aujourd’hui n’interviennent plus, comme leurs confrères des années 1960 ou 1970, sur la nuance entre ennuyeux et ennuyant, Ce dernier terme est quasiment sorti de l’usage usuel, courant…

La différence d’emploi, de nuance, était la suivante :  ennuyant(e) signifiait « qui cause des tracas, qui donne du souci, qui est contrariant, qui apporte du désagrément » :  Ce retard est bien ennuyant ;  Leur opposition au projet est bien ennuyante…

Ennuyeux(-euse) a bien des synonymes possibles :  raseur(-euse), assommant(e) ; barbant(e), pénible, assommant(e), etc. Ce rabâcheur est bien ennuyeux ; Elle est bien ennuyeuse, cette enquiquineuse !

            Ennuyant(e) est sorti du langage courant. C’est ennuyeux(-euse) qui est employé :  Ce différend est très ennuyeux ; La suppression du bureau de poste est fort ennuyeuse.

 

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