Le mot du 13 juin 2019 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour, Monsieur Colignon,

Voilà que mon journal régional, hier, 12 juin, me fait douter de ma certitude en écrivant un article sur « les tomates cerise », sans mettre de « s » à cerise. Voir cela écrit en gros titre me choque, à moins que je ne sois totalement dans l’erreur. Pouvez-vous m’enlever le doute qui soudain m’assaille ?
Bien cordialement. »

 

Nous ne sommes pas dans le cas où un substantif désignant un fruit, un légume, etc., est employé par ellipse comme adjectif de couleur :  des cheveux carotte (= « qui sont de la couleur DE LA carotte »),  des pulls orange (= qui ont la couleur DE L’orange »), ou… des jupes cerise (= « qui sont d’une couleur comparable à celle DE LA cerise »)… Non : il s’agit d’un nom composé forgé à partir d’une ressemblance de forme.

En l’occurrence, il s’agit de tomates dont la forme recoupe celle des cerises, comme le poisson-coffre (pluriel : des poissons-coffres) ressemble à un coffre, le poisson-globe (pluriel : des poissons-globes) ressemble à un globe, etc.  Les lauriers-cerises ne sont pas de la couleur de la cerise, mais ont des fruits ressemblant à des cerises, le trait d’union remplace la préposition à, en quelque sorte : « lauriers à cerises ».

Il faut un trait d’union et le double pluriel : des tomates-cerises, pour unifier sur les graphies adoptées par les principaux dictionnaires de référence pour cette catégorie de mots composés.

 

 

 

 

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