Le mot du 18 juillet 2019 (1)

La question du jour (et la réponse)

           « Bonsoir, 


Pourriez-vous m’indiquer ce que signifie précisément « Perpète-lès-Oies » dans le contexte suivant ?

Ayant choisi Sydney pour aller étudier l’anglais suite aux JO de 2000, est-il juste d’écrire :
encore une chance que les Jeux ne s’étaient pas déroulés à Perpète-lès-Oies… 

Merci ! »

 

Quand quelque chose se déroule à « Perpète-les-Oies », cela signifie que c’est dans un trou perdu, bien loin,  en pleine campagne, où l’on trouve, et en cherchant bien,  plus d’oies que d’habitants.  Bien sûr, il ne s’y passe jamais rien, et cela vaut mieux car l’on aurait bien du mal à s’y rendre.

Cela recoupe « C’est à Pétaouchnok ! », inspiré par le nom de Vladivostock, qui, pour nous, représente la ville russe la plus éloignée (= terminus du Transsibérien). L’expression signifie donc « c’est très très loin »… « Être envoyé à Tataouine » est sensiblement différent, puisque l’on fait référence au bagne militaire impitoyable installé par l’armée française au fin fond de la Tunisie, où l’on envoyait les truands, les voleurs, les insoumis, les déserteurs, les anars et les libertaires  (lire, pour info, Biribi, de Georges Darien !).  Cette dernière expression signifie : « être envoyé dans le désert, dans des lieux isolés de tout, où il n’y a que des condamnés et leurs gardiens »…

 

Il ne faut pas tenir compte des explications fournies dans une chronique censée être instructive, publiée sur le site d’un journal connu :

            « Perpète-lès-oies : L’expression relie le mot « perpète » qui indique un endroit lointain et « oie » qui ajouterait un aspect rural et fait allusion à un lieu imaginaire. Elle est employée pour signifier qu’une personne habite très loin, dans un endroit inconnu ou précisément connu pour n’être visité qu’au terme d’un voyage au bout de la nuit et à l’autre bout du monde.

            À propos du terme « oies », son emploi se justifie car beaucoup de petits villages anciens en pleine campagne portent des noms avec des animaux de ferme. Ainsi, « perpète-lès-oies », désigne un petit village perdu au milieu de la campagne. Pour varier les plaisirs, nous pouvons également dire « Perpète-lès-Olivettes ». Veillez toutefois à ne pas oublier l’accent sur le « lès », forme ancienne de lez, la préposition est issue du latin latus qui signifie à côté, près de. »

On ne s’attardera pas sur les ignorances orthotypographiques :  aucune des versions données (« Perpète-lès-oies », « perpète-les-oies ») n’est correcte, ni sur quelques soucis d’orthographe, de ponctuation….  Les noms des entités politico-administratives telles que les communes  −  même si ce sont des noms de fantaisie  −  comportent des majuscules à tous les mots, sauf aux articles, aux prépositions, aux pronoms relatifs :  Perpète-les-Oies.

Ensuite, l’observation finale concernant les est complètement erronée, illogique…

Dans ce type de toponymes drolatiques, on ne veut évidemment pas dire que le lieu nommé « Perpète » serait à côté d’un autre lieu appelé « Oies » (comme l’on a, entre autres, réellement : Joué-lès-Tours, nom d’une commune jouxtant Tours, en Indre-et-Loire). Non, pour accentuer la moquerie, la dérision, à l’égard des hameaux, des lieux-dits, des petits bourgs négligeables habités par des « péquenauds », on ajoute un terme « bien paysan » :  Bourdal-les-Bouseux,  L’Étang-les-Cochons, Villeneuve-la-Crotée…  Et les « parents » littéraires de Bécassine l’ont fait naître à Clocher-les-Bécasses  (et non…  « lès-Bécasses » !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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