Le mot du 7 décembre 2019 (4)

La seconde question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour, Monsieur Colignon,


Ma question concerne le nom masculin « poussah ». Voici ce qu’on peut lire dans le dictionnaire en ligne de l’Académie française : « 
Peut s’écrire poussa, selon les rectifications orthographiques de 1990. »
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P3807
Je n’ai trouvé aucune mention de cette rectification dans les listes des mots rectifiés, ni dans le Larousse, ni dans le Robert. Que faut-il en penser ? La graphie « poussa » est-elle acceptable ? Merci pour vos recherches et vos explications.

 

Il n’y a pas eu de « réforme », ni de « rectifications », de l’orthographe en 1990-1991 !!    Je suis bien placé pour l’affirmer, étant donné que j’ai fait partie de la commission des « experts » réunie par le gouvernement Rocard afin de réfléchir à d’éventuelles rectifications de l’orthographe.  Il y a eu beaucoup d’ « infox », beaucoup de retournements de veste, beaucoup de « pipeau », beaucoup de mensonges autour de cela, à l’époque et depuis, propagés par des personnes qui ne voulaient pas perdre la face ou par d’autres qui voulaient, dans des années plus récentes, imposer arbitrairement une réforme…   Cela s’est terminé, en 1991, par la publication au sein du Journal officiel des PROPOSITIONS de rectifications avancées par les « experts » (personnellement, je n’étais pas convaincu par un certain nombre de propositions, qui, selon moi, allaient compliquer les choses au lieu de les simplifier, ou dont le systématisme bafouait le bon sens et la logique), MAIS une publication dans les pages « documents » du Journal officiel, qui n’ont aucune valeur légale (ce sont seulement des « documents », à lire pour information), tandis que l’on (l’Académie) affirmait, finalement, qu’il fallait « laisser du temps au temps », et que « le plus grand des grammairiens, c’est-à-dire l’usage », trancherait au fil des années. D’aucuns n’ont pas hésité, naguère, à se prévaloir mensongèrement, en la déformant, de la position des académiciens…  Mme Carrère d’Encausse a alors remis les choses au point.

Je suis donc très étonné de ce que vous me dites à propos du texte publié dans le site en ligne de l’Académie…

 

La graphie ancienne poussa, utilisée au XIXe siècle par certains écrivains, et pour cette raison accueillie par Littré en même temps que poussah, est tombée en désuétude. C’est pourquoi les ouvrages de référence contemporains les plus usuels ne retiennent pas cette variante.

 

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