Le mot du 19 décembre 2019 (2)

La deuxième question du jour (et la réponse)

 

 

 Bonjour, Monsieur,

           Tout d’abord félicitations pour votre Dictionnaire orthotypographique moderne, que je trouve très pratique d’utilisation.

            Je viens de reprendre votre dictée « Pas de repas sage au dîner » d’octobre 2010.

           Dans le dernier paragraphe, vous écrivez  : « sa joyeuse et gourmande voisine aux appas généreux moulés dans un caraco rouge Carpaccio et un pantalon noir de jais était déjà toute à son brie ».

            Je pensais que quand une femme dit à un homme « Je suis toute à toi », il y avait affinités, voire plus. 

            Comment expliquer que la « gourmande aux appas généreux » se comporte en amoureuse avec le fromage ?  

             Considéreriez-vous comme une erreur « sa … voisine … était tout à son brie » ?

 

J’avais oublié que j’avais fait ce calembour/piège   « noir de jais » / « tout assombrie »  !!…

« Tout à vous »  //  « toute à vous », dans la bouche d’une femme, est un cas particulier, et il faut absolument respecter la nuance de sens. Je l’ai expliqué à plusieurs reprises.

 En dehors de ce cas particulier, avec tout à le Dictionnaire des difficultés du français d’aujourd’hui de Larousse dit : « On fait généralement accorder tout  devant à et de : Elle est toute à son travail »Joseph Hanse dit que « l’usage est hésitant »,  mais donne une flopée d’exemples d’écrivains connus ayant opté pour « toute à… », et précise que tout est traité « beaucoup plus souvent » comme adjectif détaché que comme adverbe. Etc.  Donc, même si « elle était tout à son brie » est accepté, ou acceptable, les grammairiens et linguistes penchent nettement pour l’accord « toute à son brie » (ou camembert, cantal, livarot…) !!!!!

Merci beaucoup pour vos vœux.  Je vous souhaite une très heureuse fin d’année !!

 

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