Le mot du 27 décembre 2019 (3)

 

L’expression du jour

 

En 1962 est paru dans la collection du Masque un roman policier d’un dénommé Charles Franklin intitulé Pour les beaux yeux de Miranda. Ce roman, traduit (si on ose appeler ça comme ça) de l’anglais, aurait dû être envoyé immédiatement au pilon tellement c’est une escroquerie à l’égard des lecteurs-acheteurs  :  les fautes de français et les erreurs de traduction (à-peu-près, approximations, confinant parfois aux contresens) y regorgent…

On n’accepte pas qu’un boucher mette en vente de la viande pourrie, qu’un poissonnier refile à sa clientèle des bars hors d’âge, etc. Il devrait en être de même au sujet d’éditeurs peu scrupuleux qui mettent sur le marché des textes comportant des dizaines et des dizaines, voire des centaines, d’erreurs !

Tout éditeur (« éditeur » ?) vendant des ouvrages pourris de fautes, parce que n’ayant pas été relus sérieusement, n’ayant pas été contrôlés  par de vrais correcteurs professionnels qualifiés, ni traduits par de vrais traducteurs professionnels, devrait être poursuivi pour tromperie sur la marchandise (car pour ces gens-là les livres sont de la « marchandise » !). Et lesdits ouvrages devraient être retirés de la vente.

Étonnamment, au sein de ce « polar » à l’histoire médiocre,  surgit une expression ancienne dont la signification doit sans doute, en presque 2020, échapper à nombre d’usagers du français. À savoir : « … n’était pas homme à être pris sans vert ». Il faut comprendre que la personne en question, étant sans cesse sur ses gardes, ne peut jamais être surprise, ne peut en aucun cas se laisser prendre au dépourvu…

Cette expression nous vient d’un jeu, d’un divertissement, pratiqué autrefois (dès le XIIIe siècle ?), sans doute surtout par les nobles.  Chaque personne ayant accepté de participer au jeu devait impérativement, entre le 1er et le 31 mai, porter sur elle quelques  feuilles  vertes, obligatoirement fraîchement cueillies du jour. Toute personne « prise sans vert » ou prise par un autre participant avec des feuilles fanées, devait payer une amende. Le total des amendes était ensuite consacré à l’organisation d’un repas en commun, d’une fête…

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