Le mot du 6 juin 2020 (2)

 

La question du jour (et la réponse)

 

 

            « Bonsoir, monsieur Colignon,

            Je suis resté coi, voire interdit, devant cette phrase :    » J’avais le sentiment que je ne pouvais rien lui cacher, qu’il devinait tout. À la fois, je lui en voulais terriblement, je me sentais intrusée ; et à la fois… » 

            Je suppose qu’il s’agit du participe passé du verbe « intruser « ,  qui – j’espère que vous me le confirmez – n’existe pas !  (Même en anglais, ça ne marche pas, on ne peut pas dire: “I felt intruded” !)

            Charabiantesque ! »

 

 

Il y a deux façons de voir les choses :  ou c’est clairement un barbarisme ou c’est un néologisme pas encore lexicalisé, pas encore ratifié, cautionné, par l’usage courant !!   :o))

La question, qui entraîne la réponse, est donc la suivante :  le verbe « intruser » fait-il partie des  « verbes qui nous manquent » ?   Sa création est-elle indispensable à l’expression d’une idée, d’un sentiment, d’un ressenti, d’une action précise ?…  L’auteure (ou son personnage) se sent phagocytée, envahie, violée, sous l’emprise, pénétrée, etc.  « A l’insu de son plein gré » (… quoique  :  la suite de la phrase laisserait entendre que…), elle est victime d’une intrusion. Son esprit, ses pensées, ne lui appartiennent plus en propre : elle subit une intrusion-invasion…

Je  verrais  bien intruser, intrusé(e)  utilisés par des psys !!! (Avec une variante plus « popu » : « intrusionner » !!       :o)))     )

A priori, je reste réservé devant l’emploi de ce verbe

Les commentaires sont fermés.