Archives de Catégorie: A lire au jour le jour

Le mot du 11 juin 2019 (1)

La réponse au dingbat   « ça   =   d0°S »

 

Le signe « égal », selon le cas, peut être « traduit » par :  « vaut », « est égal à », ou encore par « fait »…  Le « o » du mot « dos » était sous forme d’un zéro accompagné du symbole de « degré ».  Au sein de « dos », on avait donc un « 0° » qui ne représentait pas une grosse chaleur…  Légèrement capillotracté, le dingbat donnait : « ça fait froid dans le dos » ! 

Toutes nos félicitations à Mme Solange Pascarel !

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Le mot du 10 juin 2019 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

 

 

          « Bonjour, Monsieur,

            Y a-t-il des capitales dans la phrase suivante :   « … pour les christs en croix » ? (Je l’ai lu sans majuscules…)  »

 

Christ est ici le nom propre, ce n’est pas un synonyme de « crucifix » :  « un crucifix en croix » ne serait pas une expression correcte, logique, mais une lapalissade…  « En croix » équivaut à « crucifié ». Croix n’est pas dans un emploi comparable à ceux que le mot a dans : « le mystère de la Croix » ni dans : « le Christ sur la croix / Croix » (minuscule ou majuscule, ad libitum, selon les auteurs).  Donc  :  un Christ en croix, des Christs en croix.

 

Les avis, naturellement, car cela est bien compréhensible, divergeront sur le singulier ou le pluriel de Christ(s)… Il n’y a qu’un Fils de Dieu :  de ce fait, « des Christ en croix » ?… Mais adopter le singulier alors qu’il n’y a pas de mise en italique ni de mise entre guillemets, puisqu’il ne s’agit pas d’un titre d’œuvre, gêne… :  préférer « des Christs en croix » ?…

 

Le mot du 8 juin 2019 (2)

Le point d’humour du jour

 

Un dingbat à déchiffrer (une phrase)…

 

sa  =  d0°S

(réponse  mardi  11  juin)

 

Le mot du 8 juin 2019 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour, Monsieur,

            Pardon de vous importuner.

            Histoire de majuscule : je voudrais savoir si les fines toiles de lin nommées « les bretagnes », qui ont grandement contribué à l’essor économique de la Bretagne centrale du XVIe au XVIIIe siècle, peuvent s’écrire avec une majuscule.

             Joyeux week-end de Pentecôte. »

 

Non ! Je ne me laisserai pas influencer, par mon amour de la Bretagne, en faveur  d’une majuscule !   C’est un nom commun obtenu par antonomase (comme tulle, camembert, saint-pourçain, madras…), et qui s’écrit sans majuscule et prend la marque du pluriel : « la manufacture des bretagnes ».

Le mot du 7 juin 2019 (1)

La réponse au dingbat du jeudi 6 juin

 

Rappel   :       S-K      SAMU   SAMU

 

Mme Muriel Brottier-Gornès, qui a bien noté que le S et le K étaient associés, a pensé au patronyme composé d’un homme politique dont le prénom est Dominique… et qui avait caressé le projet de devenir président de la République.  D’où sa proposition, formulée avec humour, et sans trop y croire, de : « (D)SK a été envoyé aux urgences »…

Il faut saluer le tour de remue-méninges et l’esprit de MBG !!

S et K étaient en effet associés, puisque réunis, liés, par un trait d’union. Le SAMU =  (organisme de) secours, était cité deux fois… On avait donc : « S-K liés » et deux fois « secours », d’où  :  « escalier de secours » !

Le mot du 6 juin 2019 (3)

La bourde-débat du jour

 

           « Bonjour, Monsieur Colignon, 

            Ce matin, à 7 h 59 sur RTL, le chroniqueur humoriste Cyprien Cini se lance dans une explication du vers de Verlaine ayant annoncé le débarquement sur Radio-Londres : « Blessent mon cœur d’une langueur monotone » (extrait du poème  Chanson d’automne) et conclut son papier en expliquant que les Français de Londres avaient d’ailleurs mis blessent au lieu de bercent, sans doute pour appuyer le tragique de la situation, affirme-t-il, car le vers de Verlaine, est : « Bercent mon cœur d’une langueur monotone… ».

            Aïe aïe aïe !!! Les Français de Londres avaient évidemment raison : le vers de Verlaine est bien : « Blessent mon cœur d’une langueur monotone ». C’est Charles Trenet, quand il a mis en musique le poème, qui a changé blessent  en bercent (on se demande encore pourquoi !) Et le chroniqueur de valider cette erreur… auprès de millions d’auditeurs ! (Soupir !!) »

 

 

Vous avez raison.  Sauf erreur, on dispose de l’enregistrement du message diffusé, et qui respecte bien la version de Verlaine. (Y aurait-il eu des variantes, volontaires ou involontaires, dans ce qui fut diffusé ??…)

Il n’est pas plausible, je pense, d’y voir une inadvertance de Trenet (au passage, je rappelle qu’il n’y a pas d’accent aigu sur le premier « e »), grand connaisseur de la poésie. Pourquoi ce changement qui serait volontaire, alors ?…  C’est en 1940 que Trenet a mis en chanson le poème, donc il ne peut pas s’agir d’une « atténuation » d’après-guerre, des années 1944-1945, avec allusion  –  qui aurait pu être ressentie comme critique  –   au fameux message de Radio Londres (sans trait d’union).  « Détournement » plus poétique, alors, moins « dur » :  l’automne entraîne une douce mélancolie, mais pas au point de « blesser » le cœur… ?

Il semble que Trenet ait chanté tantôt « bercent », tantôt « blessent »…  Brassens et Ferré, eux, reprenant la chanson, s’en sont tenus au texte de Verlaine.

 

L’orthotypographie rigoureuse impose trois niveaux hiérarchiques :  la « Chanson d’automne » (titre de poème) est un contenu de  « Paysages tristes »  (titre de la 3e  section du recueil, et dont « Chanson d’automne » est le 5e poème), qui est un contenu de « Poèmes saturniens » (titre du recueil de poèmes) !   =  Poèmes saturniens (III, 5).

Si les trois références figurent côte à côte, il faut mettre Poèmes saturniens en italique, sans guillemets, puisque c’est la dénomination la plus importante, le titre de l’œuvre. On respecte la règle des titres d’œuvres.  La dénomination intermédiaire, le titre de partie, peut se mettre en italique entre guillemets, tandis que le titre du poème sera en romain entre guillemets :   Voir « Chanson d’automne », dans les Poèmes saturniens (« Paysages tristes »). Dans ce cas, on n’applique pas la règle des titres d’œuvres aux deux « contenus » : seulement majuscule au premier mot et aux noms propres et assimilés.  La question ne se pose pas ici, étant donné les titres adoptés par Verlaine !  Mais on pourrait avoir, ainsi (exemple inventé) :

Voir   « Les gilets bleus », dans  Les Belles Histoires du pays bigouden (« Les veillées de printemps »).

Si les dénominations ne sont pas à proximité les unes des autres, le titre du poème et le titre de la série, employés seuls, sont considérés comme des titres d’œuvres, et assujettis à la règle :  les Gilets bleus  et les Veillées de printemps.

 

N.B. : sur internet, des sites mentionnent la chanson « de Trenet » avec le texte de Verlaine (« blessent ») !  Bourdes, assurément !

 

 

 

 

Le mot du 6 juin 2019 (2)

Le point d’humour du jour

 

Les dingbats étant manifestement appréciés par les internautes, en voici un nouveau (réponse vendredi 7 juin) :

 

S-K      SAMU   SAMU

 

 

Le mot du 6 juin 2019 (1)

Le point d’orthotypographie du jour

En ce 6 juin 2019, de nombreuses manifestations marquent le soixante-quinzième anniversaire du débarquement du 6-Juin, c’est-à-dire du 6 juin 1944.  Majuscule et trait d’union pour la forme elliptique, sans mention de l’année, comme pour toutes les dates  importantes de l’histoire de France (voire de l’histoire mondiale)  :  la nuit du 4-Août, le coup d’Etat du 2-Décembre,  le 11-Novembre, le 18-Brumaire, le 9-Thermidor, le 14-Juillet…

Majuscule  également  pour  les  noms d’événements historiques employés au sens absolu : la Libération  (les combats de la Libération). Mais : la libération de la France.

Le mot du 5 juin 2019 (1)

La  question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour, Monsieur,

            Merci pour cette mise au point très claire concernant l’orthotypographie des prénoms composés ou pluriels.

            À propos de traits d’union, je me pose la question suivante : dans le domaine de la parfumerie, on appelle communément un spécialiste ayant un sens olfactif développé : un “nez”. Mais doit-on écrire “une femme nez”, “un homme nez” ou “une femme-nez”, “un homme-nez » ?

            Je vous remercie par avance pour le temps que vous voudrez bien consacrer à me répondre sur ce point. »

 

…  Je n’ai jamais vu ni entendu  « femme(-)nez » ni « homme(-)nez »…   Je ne suis peut-être pas suffisamment au parfum !

Avec ou sans trait d’union, je ressens cela comme bizarre…      « Femme-nez », « homme-nez » :   on dirait qu’il s’agit de personnes en forme de nez, ou déguisées en nez… et avec l’homonymie gênante « femme-née »,  « homme-né »…    L’homonymie gênante persiste avec « femme nez »   « homme nez »…, mais dont la graphie me gêne moins et que je préfère   (cf.  « femme peintre »,  « femme écrivain », « femme clown »…).

Mais, a priori, je n’utiliserais pas ces tournures…

Par attraction de « comédienne-née », « artiste-né », etc., on aurait : « Un(e) nez-née » !!?;   « un nez-né »;  « des nez-nées ???! »…        :o)))   À réserver à des formules et à des textes humoristiques, tout comme : « Cette étoile est nez ! » en parlant d’une star du cinéma qui aurait le don de composer des parfums !!

 

 

 

 

 

 

Le mot du 4 juin 2019 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

             Bonjour, Monsieur,

             Les prénoms composés doivent-ils tous être séparés par un trait d’union ?

Bien à vous.

 

 

Si le mot « composé » a bien le même sens pour tout le monde, il devrait y avoir des traits d’union dans les prénoms français et francisés  :   Anna-Lise Desang n’est pas la même personne que Anna Lise Desang = la première personne a pour prénom officiel « Anna-Lise », la seconde a pour prénom « Anna », « Lise » venant en second à l’état civil.

 

Cela étant dit,  des personnes choisissent, pour affirmer leur personnalité, leur ego, pour se démarquer du commun des mortels, pour assurer leur promotion médiatique, etc., de ne pas indiquer des traits d’union enregistrés dans leur acte de naissance. Si ces personnes, éventuellement devenues célèbres, font l’objet d’études ou de biographies, les historiens, les chercheurs, les écrivains enregistreront la graphie « officieuse », mais en rappelant la graphie « officielle ».

 

Les dictionnaires, encyclopédies, etc., d’autrefois enregistraient souvent tous les prénoms d’une personne… en les reliant deux à deux par des traits d’union.  Bien entendu, il ne faut pas croire pour autant que le peintre du XVIIIe siècle Pitude se prénommait Arthur-Sigismond-Gontran-Athanase-Pacôme-Dieudonné ni que la comédienne  Dejeu se prénommait Odette-Henriette-Gertrude-Eulalie-Armande-Euphrasie !!

 

Pour les prénoms étrangers non francisés, on trouve de tout là encore, mais avec majoritairement, je crois, l’absence de traits d’union même quand il s’agit de prénoms composés, ce qui peut entraîner des quiproquos.