Archives de Catégorie: Bourdes, lapsus…

Bourdes, lapsus, sottises, perles, gaffes et compagnie

Somptuaire

            Mélanger les significations de mots paronymes est une bévue que ne devraient pas commettre des professionnels de l’information et de la communication… Pourtant, sur France Inter, mardi 24 juin 2014, le journaliste Patrick Cohen est tombé dans le lacs (et non dans le « lac »), en parlant de « dépenses somptuaires », ce qui est un gros pléonasme du type « secousse sismique » (= « secousse qui secoue »), car revenant à dire « dépenses dépensières »…

            L’adjectif somptuaire (= « qui a trait aux dépenses ») ne peut être associé, quasiment, qu’au mot loi(s) : les lois somptuaires définissent, règlent, les dépenses d’un État. C’est par attraction de somptueux(-euse) que, par ignorance, par abus, certains emploient erronément somptuaire quand il faudrait dire et écrire  fastueux(-euse), luxueux(-euse), somptueux(-euse), de luxe, de prestige, d’apparat, dispendieux(-euse), excessif(-ive), etc.

24 juin 2014.

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Les héraldiques ont dû voir rouge !

            La petite commune de Viévy-le-Rayé (Loir-et-Cher) décida un jour de se doter d’un blason, vers les années 1990. Certains se gaussèrent de cette initiative, mais, après tout, ce bourg avait bien le droit d’accéder à cette distinction particulière… Ce blason doit donc se lire : « De gueules à la bordure d’or chargée de douze tourteaux d’azur 5, 2, 2, 2 et 1, au chef aussi de gueules chargé de trois coquilles aussi d’or ».

        La création sans doute un peu inattendue du blason prit de court un quotidien régional, où l’héraldique n’était peut-être pas la tasse de thé des journalistes. L’article paru à cette occasion transforma donc ainsi le blason : « Deux gueules à bordure d’or chargée… ».

          Il faut espérer que des lecteurs ont signalé alors la bourde commise, en apprenant aux rédacteurs que le terme d’héraldique désignant la couleur rouge est le nom masculin gueules, avec un s final. Le terme vient de gueule, « gosier d’un animal », et le pluriel tient sans doute au fait qu’on teignait en rouge des morceaux de peaux de bêtes, de fourrures, qui constituaient la bordure d’un vêtement. (D’autres noms de fourrures sont utilisés en héraldique pour désigner des couleurs : vair, sable, hermine.)

9 juin 2014.

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« J’ai ouï plusieurs fois déplorer l’aveuglement du conseil de François Ier, qui rebuta Christophe Colomb qui lui proposait les Indes » (Montesquieu, l’Esprit des lois » *)

… Pan sur le bec, m’sieur Montesquieu :  quand François Ier monta sur le trône, Christophe Colomb était mort depuis plusieurs années !

*  Et non « l’esprit d’Eloi » !!!

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« Le boulevard des Invalides est totalement désert, l’avenue Duquesne davantage encore. »

 Cette belle ingénuité est due à un certain Elie Montclerc, dans l’OEil du tigre.

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« Je m’en vais mettre les fers au feu pour tirer les vers du nez de Mme Barbançon, afin de savoir ce qu’elle a dans le ventre. »  (belle formule d‘Eugène Sue dans « l’Orgueil » !).

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« Pour enfanter des peuples neufs ou pour produire des idées nouvelles, ces hommes ne doivent-ils pas unir dans leurs puissantes têtes les mamelles de la femme à la force de Dieu ? » (forte image du dénommé Honoré de Balzac, dans « le Curé de Tours »).

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 « Pas un mot, dis-moi tout ! », ordonne Fantômas à Fandor…  Ce raccourci saisissant est dû à Marcel Allain, l’auteur de Fantômas, on l’aura deviné…

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On sait à quels seins se vouer !

(extrait de « Du tac au tac  –  Piques ironiques, répliques cinglantes », de Jean-Pierre Colignon, édit. Albin Michel) :

Premier roi du calembour et autres jeux de mots, le marquis de Bièvre (1747-1789) ne voulut pas être en reste lorsqu’un convive, dans un dîner, porta un toast à la gloire des gentes dames :

–  Je bois au beau sexe des deux hémisphères !

Le marquis enchaîna alors :

–  … Et, moi, je bois aux deux hémisphères du beau sexe !

(Le dénommé Jean-Luc Delarue marche un peu lourdement, avec un esprit de comique troupier, sur les traces du marquis, avec sa saillie sur les « globes » de Yamina Benguigui, lors de la remise des… Globes de cristal, en février 2009…)

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« Voleur à la sauce financière »

(extrait de « Du tac au tac  –  Piques ironiques, répliques cinglantes », de Jean-Pierre Colignon, édit. Albin Michel) :

Calonne fut contrôleur général des finances de 1783 à 1787. Ce noble tenta de réformer la gestion des fonds publics, mais l’opposition des notables entraîna sa disgrâce.

L’homme d’Etat se piquait de poésie, mais il paraît qu’il payait des « nègres »…

Un jour, ou plutôt une nuit, il fut saisi de panique, et s’écria :

– Au voleur ! Fermez les portes, il y a un voleur ici !

La domesticité, alertée, fouilla la maison avec soin. L’un des valets vint au rapport et, sans doute plus involontairement que par l’expression risquée d’une ironie mordante, annonça au maître de maison :

–  Monsieur peut être rassuré, il n’y a que lui dans la chambre !

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Chez la voyante (qu’elle dit…)

« Dites donc ! Je vois dans le marc de café que votre mari va bientôt mourir de mort violente !!

–  Oui, oui, d’accord… Mais, est-ce que je serai acquittée ?!

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Histoire de toubib…

Le médecin vient au chevet d’une malade… Dès que le mari ouvre la porte, le praticien s’exclame : « J’espère que ce n’est pas trop grave, car on l’entend râler depuis le palier !

–  Oh !  ne vous inquiétez pas, docteur ! Si elle n’était pas malade, vous l’auriez entendue râler depuis le rez-de-chaussée !! »

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HIstoire de voyante (qu’elle dit)…

« Je vois que vous devrez faire très bientôt un voyage à Bordeaux ! »

Sorti de chez la soi-disant extralucide, le gars qui vient de la consulter décide de laisser faire le destin, tout en le provoquant, toutefois, puisqu’il se précipite à la gare Montparnasse, sans prendre le temps de préparer une valise. Et, au guichet, il demande un billet pour Bordeaux, donc.

 » C’est un aller simple, ou bien un aller-retour ?…

– Ben, je ne sais pas… Regardez vous-même ! », répond le gars en présentant sa main gauche.

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Examen…

Question de l’examinateur à l’étudiant : « Qu’est-ce qu’une fraude ? ». Le candidat réfléchit longuement (on dirait l’inspecteur Derrick), puis finit par dire :  » Une fraude, par exemple, c’est comme si vous me colliez à cet examen !

–   ???????????????????!

–   J’ai consulté le Code, monsieur. Selon la loi, est coupable de fraude quiconque profite de l’ignorance d’autrui pour lui faire du tort ! »

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C’est un neurone qui arrive par hasard dans un cerveau masculin. Tout est noir, vide, sans présence.

« Hou, hou », dit le neurone.

Ça résonne dans le vide, pas de réponse…

« Hou, hou ! », répète le neurone.

Tout d’un coup, arrive un autre neurone qui lui dit :

« Mais qu’est-ce que tu fais tout seul ici… On est tous en bas ! »

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« Alors, Estelle, que fait ta maman ?

— Tout ce qu’elle veut.

— Et ton papa ?

— Lui aussi : tout ce qu’elle veut… »

 

C’EST L’ESPRIT QUI VOLE…

Un certain nombre de personnes ont la chance d’avoir le sens de la repartie, du trait d’esprit…

Ainsi… la comédienne Marguerite Moreno, qui, à un admirateur qui lui demandait : « Est-il vrai que seuls les maigres ont de l’esprit ? », répliqua : « Oui, mon gros ! ».

Ce qui n’était pas très gentil…

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Ainsi… l’acteur comique Félix Galipaux, qui fut un des comédiens les plus appréciés de son époque.

« C’est curieux, lui dit un jour Edmond de Goncourt, vous qui êtes si drôle à la ville êtes sinistre dans ma pièce !?

–  C’est qu’à la ville… le texte est de moi ! »

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Ainsi…  Winston Churchill, face à la belle et spirituelle députée féministe  britannique lady Astor (d’origine américaine) :

« Si j’étais votre épouse, je vous verserais du poison !

–  Si j’étais votre mari, madame, je le boirais ! »

(D’autres variantes de cet échange drolissime circulent, mettant éventuellement en scène d’autres protagonistes.)

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Ainsi… Alfred de Musset, à qui une dame des plus charmantes demandait de lire des vers qu’il avait composés :

« Je vous le demande en grâce !

–  Madame, vous ne sauriez le demander autrement ! », répliqua le galant poète. On le voit ici : l’esprit n’est pas forcément satirique…

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Ainsi… Disraeli, l’homme d’Etat britannique, qui avait pour adversaire-ennemi intime un autre grand homme d’Etat : Gladstone. Les deux hommes s’affrontèrent constamment, ne serait-ce que pour devenir Premier ministre…

Un jour, la reine Victoria demanda à Disraeli, à ce moment-là Premier ministre, justement :

« Monsieur Disraeli, quelle différence faites-vous entre un malheur et une catastrophe ?

– C’est très simple, Votre Majesté : Gladstone tombe dans la Tamise… c’est un malheur. On le repêche… c’est une catastrophe. »

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Ainsi… Georges Feydeau, le fameux auteur de vaudevilles. Celui-ci interpelle un jour le maître d’hôtel du restaurant où il dîne :

« Vous savez qu’il manque une pince au homard que l’on m’a servi !!

– Monsieur, c’est probablement qu’il l’a perdue en se battant.

– Qu’à cela ne tienne : apportez-moi le vainqueur ! »