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Le mot du 13 août 2015

bévue du jour, articulet « dico » du jour, citation du jour

mercredi 13 août 2015

La bévue du jour

            L’erreur du jour, notamment entendue ce jour sur une chaîne publique, est du domaine de l’impropriété, de la méconnaissance du vocabulaire. Parlant du train de vie fastueux, luxueux, princier, opulent d’un couple de politiciens, la journaliste a employé l’expression « train de vie somptuaire », qui signifie littéralement « train de vie relatif aux dépenses ».

            La bourde consiste donc en la confusion entre les paronymes somptueux et somptuaire, qui ne sont pas du tout des synonymes. Le terme qui aurait dû être utilisé est évidemment somptueux, « luxueux ». Somptuaire  est un terme de droit qui ne peut quasiment être employé, en français correct, qu’à propos de lois somptuaires : lois qui définissent, qui encadrent, qui réglementent les dépenses de l’État, qui en fixent le plafond.

            «  Dépense(s)   somptuaire(s)  »,   tout   comme   «  secousse  sismique  »    (= « secousse qui secoue »), est un pléonasme parfait (…si l’on peut dire), à bannir sans réserve, puisque cela équivaut à « dépense relative à la dépense ». La critique formulée ici ne saurait donc relever d’un purisme excessif…

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L’articulet « dico » du jour

subsaharien(ne)  adj.

            L’adjectif sud-saharien(ne), avec un trait d’union, a pour acception : « qui habite ou se trouve dans la partie méridionale du Sahara ». Son paronyme subsaharien(ne), sans trait d’union, agglutiné, signifie : « qui habite ou se trouve plus au sud que le Sahara », au-dessous (sub) de lui sur la carte.

            Ne pas confondre, donc !  Abidjan est une ville subsaharienne ; Tamanrasset, UNE oasis sud-saharienne.

            On ne voit pas pourquoi des dictionnaires usuels n’acceptent pas la substantivation des deux mots, alors que l’on dit bien : « des Sahariens »…

 

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La citation du jour

            « La bravoure procède du sang, le courage vient de la pensée. » (Napoléon.)

 

 

 

Le mot du 2 novembre 2014

Côte d’Ivoire

            L’arrivée en Côte d’Ivoire de l’ex-président burkinabé Blaise Compaoré a divisé l’opinion publique ivoirienne, semble-t-il. Il faut dire que, d’une part, la Côte d’Ivoire abrite quelque 4 millions de Burkinabés se partageant entre pro- et anti-Compaoré, et que, d’autre part, le Burkina du chef d’État déchu a servi, depuis plusieurs années, de base arrière à des opposants ivoiriens.

            … Chacun peut sans doute imaginer – à raison – que le nom de la Côte d’Ivoire vient de l’ivoire des défenses d’éléphant, dont les Portugais firent le commerce. Mais l’on connaît moins une dénomination antérieure, due, elle, aux navigateurs et commerçants dieppois : la « Côte des Dents », laquelle faisait déjà référence aux pachydermes, puisque dent signifiait « défense d’éléphant ». Ivoire vient du latin eboreum, même signification. Auparavant, le latin ebur, eboris, désignait l’ivoire, puis tout objet en ivoire, et aussi l’éléphant. En grec, elephas était employé tant au sens d’ « ivoire » qu’au sens d’ « éléphant ».

            Fondée en 1903, Abidjan, la ville la plus peuplée du pays, fut la capitale de la Côte d’Ivoire. Mais depuis 1983 c’est Yamoussoukro, ville natale de l’ex-président Houphouët-Boigny, qui est devenue la capitale politique.

            Abidjan doit son nom… à une méprise : quand des colons arrivèrent dans le pays, ils demandèrent à des femmes comment s’appelait l’endroit. Les Africaines répondirent : « T’chan m’bi djan » (« couper des feuilles »), car elles avaient compris qu’on leur demandait ce qu’elles faisaient. Ces femmes de l’ethnie ébriée (= du sud de la Côte d’Ivoire) ne pratiquaient peut-être ni le baoulé ni le diaoula, les deux langues « commerciales » servant aux échanges entre les quelque soixante ethnies. Ou bien était-ce les Européens qui avaient un accent à couper au couteau rendant incompréhensibles leurs propos…

            Quant à Yamoussoukro, son nom a été forgé à partir de Yamassou, nom de personne – celui du fondateur du village devenu ville –, et de kro, « maison, village », en baoulé.

            Le drapeau ivoirien (le gentilé ou ethnonyme a été formé sur le seul mot Ivoire, et non sur les deux termes, comme c’est le cas avec costarmoricain(e), ethnonyme pour Côtes-d’Armor) a été adopté en 1959. Il est composé de trois bandes verticales orange, blanche et verte… soit le même drapeau que l’Irlande, mais l’ordre des bandes est inversé. L’orange représente le progrès… et les savanes ; le blanc, l’unité du pays ; le vert, l’espoir… et les forêts du pays. La devise nationale est : Union, Discipline, Travail.

            Conformément à l’usage français, le nom de la Côte-d’Ivoire s’est écrit avec un trait d’union, puisqu’il s’agit d’une entité politique, géographique et administrative : cf. la Côte-d’Or, les Côtes-d’Armor, et non exclusivement géographiqueLes dirigeants du pays, depuis, ont vivement souhaité la disparition du trait d’union. Il est difficile de déterminer ce qui, dans ce souhait, a été dû à la volonté de rompre avec une graphie liée à l’ancienne métropole et ce qui a découlé d’une appréciation « esthétique » de ladite graphie.

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            La dictée de mercredi 5 au conseil général de Loire-Atlantique, à Nantes, semble faire le plein de l’auditorium. Il ne reste plus que de rares places à prendre. La communication faite par le conseil général, par l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, et via la publication dans Presse-Océan des questions-jeux quotidiennes, a été très efficace.

            La dictée sera retransmise en direct sur le site du conseil général.