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Le mot du 26 novembre 2014

intempéries

            Le mot qui revient peut-être le plus souvent dans les médias comme dans les conversations, ces jours-ci en France, est sans doute intempéries. Les conditions climatiques détestables qui frappent continûment le Languedoc-Roussillon et la Provence, la Côte d’Azur et aussi la Corse, frappent les esprits par leur violence et par leur récurrence… Non seulement les dégâts matériels sont énormes, mais il faut déplorer des morts.

            Les zélateurs du soleil et les adorateurs de la grosse chaleur vont peut-être finir par  se rendre compte que le réchauffement climatique constant coïncide avec la recrudescence des épisodes de catastrophes, qu’ils soient cévenols ou autres. Nombre d’experts… frileux, à la prudence de Sioux pusillanimes, qui depuis des années refusaient d’admettre l’existence du réchauffement (« il n’y a pas encore assez d’années d’études pour pouvoir affirmer l’existence de ce phénomène », etc.), prennent maintenant en marche le train des évidences. Et l’on va peut-être réfléchir sérieusement, maintenant, aux multiples aménagements à mettre en œuvre sans tarder pour éviter, ou limiter les conséquences – surtout pour les êtres vivants –, des prochains épisodes du dérèglement climatique. La lutte contre les effets ne devant pas occulter, bien sûr, la recherche des causes, de toutes les causes.

            Presque exclusivement cantonné à l’acception, au pluriel, de « mauvaises conditions climatiques », de « rigueurs du climat », intempérie désigna autrefois une « mauvaise constitution des humeurs du corps », et le Dictionnaire de l’Académie entérinait alors un exemple comme : « Cet homme est malade d’une intempérie d’entrailles ».

            Au sens figuré, le vocable eut la signification, assez courante, au XIXe siècle, de « dérèglement d’ordre psychique et moral » : « Ce serait parfait, s’il ne fallait pas compter avec les intempéries de sa cervelle » (Huysmans). Autre acception, aujourd’hui délaissée par les écrivains : « malheurs de la vie, épreuves, grands soucis… » (« À l’abri des intempéries de la vie, dans cette propice atmosphère de douceur ambiante », Proust). Rien ne s’oppose, naturellement, à la reprise de cette signification par des auteurs contemporains.

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