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Le mot du 10 novembre 2014

cautère

            Emprunté au grec kautêr, –êros, « fer brûlant », ou kalein, « brûler », via le latin, cautère désigne, en médecine, un instrument porté au rouge qui permet de brûler des tissus malsains – voire gangrenés –, de nettoyer une plaie.

            La cautérisation peut également être obtenue par des agents chimiques.

          Par extension, et au figuré, cautérisé(e) a été employé au sens de « rendu(e) insensible » : une conscience cautérisée. Cette dernière expression semble bien être sortie de l’usage… mais pas ce qu’elle exprime !

       Cautère a aussi été utilisé pour désigner la plaie ainsi traitée, mais cela semble tombé en désuétude. En revanche, et cela « colle » bien à l’actualité, notamment nationale, le terme est toujours fréquemment repris, via l’expression C’est un cautère sur une jambe de bois.

            Bien évidemment, appliquer un cautère sur une jambe de bois désigne une action ridicule, qui est inopérante, inefficace… Et, en particulier en temps de crise socioéconomique, la population, l’opposition à la majorité en place, voire des sympathisants ou alliés politiques déçus, dénoncent avec virulence les vains discours –  le « robinet d’eau tiède » – des chef d’État, Premier ministre et ministres, leurs creux « engagements et promesses », et la stérilité de leur action.

          « Mesurettes » sans portée réelle, et effets de manches sans… effet justifient le succès de cautère sur une jambe de bois dans le langage usuel. Au point que l’on suggérera toutefois à des commentateurs professionnels de varier leur vocabulaire et de recourir de temps à autre à des variantes moins rebattues.

            Pour retenir l’attention des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs, pourquoi ne pas utiliser le beaucoup moins connu moxa ?!  « Cette décision aura autant d’effet qu’un moxa sur une jambe de bois ! » laissera sans doute interdit plus d’un responsable politique interviewé, qui en perdra de vue, peut-être, sa langue de bois et ses « éléments de langage », d’où des échanges beaucoup plus intéressants…

            Un moxa (du japonais mogusa, « feuille séchée d’armoise commune ») est, en médecine traditionnelle asiatique, un petit cône de poudre d’armoise (ou «plante d’Artémis »), un bâtonnet ou une petite branche d’armoise. Brûlé au contact de la peau (moxibustion), le moxa est censé obtenir  des résultats comparables à ceux de l’acupuncture. Appliquer ce bout de bois sur une jambe du « même métal » a la même efficacité que le fameux cautère !

            Attention à ne pas confondre cautère avec cautèle, nom féminin désignant une prudence mêlée de ruse, traditionnellement attribuée aux paysans normands d’autrefois, notamment par Guy de Maupassant.

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            Merci aux nombreux participants à la dictée de samedi 8, qui ont rempli à ras bords le Grenier à sel de Honfleur, au point de susciter l’inquiétude des responsables à la culture quant au nombre de tables et de chaises !

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