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Le mot du 13 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

dimanche 13 septembre 2015

 

La question du jour

            « Quel est l’emploi correct de l’adjectif  éponyme ? »

            L’UNIQUE acception correcte d’éponyme est : « qui donne, qui a donné, son nom à quelqu’un ou à quelque chose ». Exemples : « Le film la P… respectueuse  a été tiré de l’œuvre éponyme de J.-P. Sartre » ;  « Romain Kalbris est le jeune héros éponyme du roman d’Hector Malot » ; « Athéna est la déesse éponyme d’Athènes ».

 

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L’articulet « dico » du jour

léthargie n. f.

            Sommeil profond et anormal,  voire état de mort apparente (du grec léthê, « oubli », et argia, « paresse »). En dehors de cette signification, l’acception la plus fréquente aujourd’hui est : « atonie, inactivité, apathie, torpeur… » = Le chef de l’État est sorti de sa léthargie.

       L’étymologie explique la présence du h, qui est souvent oublié, probablement à cause de la paronymie avec liturgie.

            Dans la mythologie grecque, Léthê, fille d’Éris (la Discorde), personnifie l’Oubli. Ce nom propre est plus connu pour désigner le Léthê, un des cinq fleuves des Enfers, surnommé « le fleuve de l’Oubli ». Les âmes des justes et celles des méchants qui, ayant expié leurs fautes, aspiraient à re-vivre (à connaître une nouvelle vie dans un nouveau corps) devaient, auparavant, boire les eaux du Léthê, ce qui entraînait l’amnésie…

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La citation du jour

            « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » (Guillaume Ier d’Orange-Nassau.)

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Le mot du 17 mars 2015

ostracisme

            Pour avoir dénoncé des injustices, des inégalités, des disparités croissantes entre citoyens d’un même pays, les privilèges exorbitants que s’auto-attribuent les membres d’une oligarchie bien en place, des journalistes, des écrivains et des philosophes se disent « ostracisés ».

            Il y a déjà un bon nombre d’années que, dans une de ses chansons à succès, le chanteur-compositeur Guy Béart affirmait que ceux qui disent la vérité doivent être « exécutés ». Bien entendu, il ne s’agissait pas d’un vœu ou d’un souhait, mais d’un constat réaliste et désabusé… L’exécution, très efficace, consiste généralement en une mise en quarantaine des « pestiférés » : aucune invitation au micro des radios, aucune présence sur les plateaux de télévision, grandes difficultés pour faire éditer ses ouvrages, etc. Et, si invitation il y a, c’est pour  se  retrouver  face  à  une  flopée  d’adversaires, animateurs-présentateurs « neutres » compris.

            Ostracisme    vient   du  grec   ostrakon,   « coquille »,   plus   précisément   « coquille d’huître », car c’est sur ce type de coquilles que les Athéniens, voire d’autres citoyens de diverses cités, gravaient leur vote quand il s’agissait de se prononcer sur le bannissement d’un des leurs. L’historien Jérôme Carcopino (Mélanges, 1910) estimait que l’ostracisme était « une pénalité propre au droit des Athéniens, une forme particulière d’exil qu’ils infligèrent sans autre raison à faire valoir que leur bon plaisir, par la simple émission sur ostraka d’un vote dont elle a tiré son nom ».

            L’ostracisme, justifié ou abusif, frappait de bannissement toute personne que rendait suspecte, menaçante, sa puissance. Ou son ambition. Cela revenait donc à éloigner d’Athènes, pour dix ans, des personnages considérés comme dangereux pour la cité-État… ou pour les intérêts de leurs rivaux. Il semble que la décennie de bannissement n’ait pas toujours été respectée et que les « exilés » (qui conservaient entre-temps, apparemment, la disposition de leurs biens) purent reprendre leur position de citoyen à part entière dès leur retour. Mais il s’agit là d’exceptions…

            Par ostracisme, on a donc désigné : l’action de bannir, de proscrire ; le parti pris d’exclusion à l’égard d’une personne ou d’un groupe ; la décision de rejeter des personnes ou un groupe, de les tenir à l’écart d’une collectivité, d’une société, des affaires d’un pays… ; l’attitude hostile d’une communauté, d’un groupe social, à l’égard d’une ou de plusieurs personnes : « En dix minutes le Nabab subit toutes les manifestations de ce terrible ostracisme du monde parisien » (Alphonse Daudet, le Nabab).

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La citation du jour :

            « Si l’on pouvait répandre le bon sens aussi vite et aussi bien que les sornettes, quelle grande réforme politique ce serait ! » (Winston Churchill.)

Rappel :  Premier concours de culture générale à Paris, le 11 avril, au lycée La Rochefoucauld (7e arr.). Deux catégories : juniors et seniors.

Le mot du 16 mars 2015

gymnopédie

      Le compositeur honfleurais (= de Honfleur, dans le Calvados, donc compatriote d’Alphonse Allais et d’Eugène Boudin) Erik Satie (1866-1925) est surtout connu pour sa musique de ballet Parade et pour ses Gymnopédies, constamment réenregistrées par des pianistes, et très souvent diffusées par des chaînes de radio dédiées à la musique. Ce mot insolite revient donc régulièrement dans les présentations d’extraits musicaux…

            Personnage qualifié d’excentrique et de fantasque, Éric Alfred (ou Alfred Erik) Leslie Satie (dit Erik, avec un k !) sort de l’ordinaire, en tant que précurseur du dadaïsme et du surréalisme, préposé à l’harmonium et chef d’orchestre au cabaret du Chat-Noir, compositeur d’œuvres pour les rosicruciens (ordre de la Rose+Croix), fondateur (et unique adepte) de l’Église métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur, passant d’une « messe des pauvres » au répertoire du café-concert, du music-hall, s’attaquant à diverses formes du registre musical.

            Le répertoire de nombreuses cantatrices contemporaines telle Patricia Petibon s’enrichit de plusieurs musiques de Satie, notamment  la Diva de l’Empire (sur des paroles des compères Dominique Bonnaud, chansonnier et journaliste, et Numa Blès, chansonnier et « goguettier », deux personnalités marquantes du café-concert)…

            Politiquement, Satie ira un temps du Parti radical-socialiste au Parti communiste, en passant par la SFIO… Vivant, très discrètement, dans le dénuement, d’où son installation hors de Paris même, à Arcueil-Cachan (où se constitua autour de lui un cercle de musiciens que l’on appelle « l’école d’Arcueil »), Satie donnera des cours de solfège aux enfants défavorisés.

            Personnage déroutant, intrigant, attachant, Erik Satie mérite d’être connu des mélomanes, voire au-delà… Ses œuvres musicales, quand bien même porteraient-elles des titres bizarres, insolites (Trois morceaux en forme de poire, Gnossiennes, Vexations…), ne sont certainement pas à ignorer.

            Les Gymnopédies sont trois œuvres pour piano que Satie aurait composées après avoir lu Salammbô, de Gustave Flaubert. Le mot était de création récente : les linguistes retiennent la date de 1865. Il est emprunté au grec gumnopaidia, nom donné à des fêtes annuelles données à Sparte en l’honneur d’Apollon. Ces fêtes étaient marquées par de grandes danses d’enfants ou d’adolescents nus (gumnos, « nu », et pais, paidos, « enfant »). L’hypothèse d’une musique pour des marcheurs ou des coureurs, d’après le grec pedon, « sol », et le latin pes, pedis, « pied », est donc à écarter.

            Le rythme lent, la nature quasiment austère, de ces danses composées par Satie sont bien loin de l’accompagnement d’une gymnastique tonique et énergique. Les Gymnopédies dépouillées, sévères, spartiates (!), d’un caractère sacré dirait-on, conviendraient mieux à la pratique du stretching (de to stretch, « s’étirer ») ou de la gymnastique douce chinoise : le tai-chi (ou tai-chi-chuan).

            Des hellénistes, se fondant sur la mentalité rugueuse, sévère,  militariste, des Spartiates, préfèrent traduire gumnos par « sans armes ». Aux yeux des habitants de la grande rivale d’Athènes, toujours prêts à se battre pour la sauvegarde ou la suprématie de leur cité, un individu désarmé devait en effet paraître bien nu… Une opinion assurément partagée par tous ces messieurs du milieu : ces derniers ne disent-ils pas qu’il faut toujours sortir « couvert », c’est-à-dire avec sur soi une ou deux armes à feu !

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La finale du Championnat national du Maroc de langue française et d’orthographe est fin prête, et les quelque 500 finalistes seront bien présents à Casablanca en cette fin de semaine.

Le quota des inscriptions pour la dictée de Tourcoing, samedi 21, à la médiathèque André-Malraux, est quasiment atteint, compte tenu de la capacité de la salle. Que les retardataires se dépêchent de s’inscrire !