Archives de Tag: attenant

A

Alinéa américain (l’)

« J’ai entendu parler d’ « alinéa américain », mais je ne comprends pas ce que cet alinéa pourrait avoir comme différence avec l’alinéa normal ? », s’interroge un enseignant alsacien…

C’est parce que l’on a en tête qu’un alinéa est une ligne forcément en retrait, qui commence un paragraphe… Rappelons que le mot est le plus souvent utilisé pour désigner, par extension, le paragraphe lui-même, la partie de texte comprise entre deux… alinéas.

En réalité, on pratique dans l’imprimerie deux sortes d’alinéas :

a) l’ « alinéa français », ou « traditionnel », qui, chaque fois, marque un renfoncement (d’un ou plusieurs cadratins), le texte étant composé en retrait au début de la première ligne;

b) l’ « alinéa américain », qui supprime le renfoncement et fait repartir « au fer » la ligne du nouveau paragraphe.

La seconde méthode offre l’avantage de gagner un peu de place, mais a l’inconvénient de parfois noyer l’alinéa dans le texte. Aussi est-il recommandé de pratiquer toujours, si possible, une « ligne creuse » (ne couvrant pas toute la justification) avant d’aller à la ligne pour un nouveau paragraphe.

———-

Antiquité (la plus haute)

Pourquoi les dictionnaires mettent-ils une minuscule à antiquité dans « la plus haute antiquité » alors qu’ils mettent une majuscule au même mot dans « la haute Antiquité » ?

Cette apparente contradiction repose sur une subtile distinction de signification donnée au mot antiquité… Dans le premier cas, on évoque des temps très très lointains, par un terme commun, par un nom commun. Dans le second cas, il s’agit du nom propre (avec majuscule, donc) s’appliquant à une période précise de l’Histoire : celle couvrant les civilisations anciennes, principalement l’Antiquité gréco-latine. La haute Antiquité est donc la période la plus ancienne de l’ère gréco-latine. 

Cette différence de traitement orthotypographique est défendable, mais un A majuscule dans les deux cas serait satisfaisant…

———-

Appartement(s) de fonction… ou de fonctions ?

« Dans les expressions appartement(s) de fonction, voiture(s) de fonction, faut-il laisser le dernier mot au singulier ou doit-on mettre le pluriel fonctions ? », nous demandent de jeunes journalistes de la PQR.

Sans hésitation, la réponse est : au singulier. Ces avantages (appartement, voiture, etc.) sont liés à LA fonction exercée.

———-

Arbuste ou arbrisseau ?

Une amie bretonne soucieuse de précision voudrait savoir s’il faut établir une nette distinction entre arbuste et arbrisseau

Ces deux termes embarrassent beaucoup de monde, à commencer par les lexicographes, si l’on en juge par les divergences relevées au sein des dictionnaires ! Est-il sûr que les botanistes eux-mêmes soient d’accord entre eux ?!…

Nous référant à des spécialistes des jardins, nous avancerons que l’arbuste est un végétal ligneux qui, au lieu de s’élever sur une seule tige, tend plutôt à former un buisson, et que l’arbrisseau est intermédiaire entre l’arbre et l’arbuste.

Les jardiniers appellent parfois « sous-arbrisseau » un arbuste peu élevé; en langage spécialisé, il s’agit en réalité d’une plante vivace de petite taille ayant des tiges lignifiées à la base mais herbacées à leur extrémité, et qui meurent tous les ans. Le « sous-arbrisseau » est dit « suffrutescent » (ou « chaméphyte »); ses tissus sont intermédiaires entre le ligneux et l’herbacé.

———-

Armistice ou capitulation

« Quelle est exactement la différence entre « armistice » et « reddition » ? Les termes ne sont-ils pas synonymes au sens de « paix » ? », demande une chargée de communication d’un musée.

Eh non ! Pas du tout !  Et les services de l’Elysée n’auraient pas commis cette énorme bourde si, par exemple, ces fonctionnaires avaient suivi mes cours destinés aux futurs correcteurs, lecteurs-réviseurs, secrétaires de rédaction  et autres professions où l’emploi des mots justes est une obligation… Entre autres, justement, je mets en garde contre la confusion entre la Première Guerre mondiale, où intervint un armistice, le 11 novembre 1918, et la Seconde guerre mondiale, qui s’acheva par la capitulation du IIIe Reich, la reddition de l’Allemagne…

A la confusion entre ces termes marquant la conclusion des deux conflits mondiaux s’ajoute le fait qu’il y eut, en juin 1940, un armistice demandé par le maréchal Pétain après l’écrasement des armées françaises. Hitler imposa que cet armistice fût signé près de Rethondes, dans la forêt de Compiègne, là où les Allemands, en novembre 1918, avaient eux-mêmes signé l »armistice qu’ils avaient demandé.

Un armistice est une simple cessation, suspension, des combats; il n’a pas la valeur d’un traité de paix. De ce fait, tous les belligérants peuvent prétendre, à défaut de l’avoir emporté, ne pas avoir été vaincus… Généralement, la propagande outrée du camp en état d’infériorité, et qui est donc celui qui a demandé un armistice, ne résiste pas longtemps face aux dures réalités.

En mai 1945, il s’est agi de la capitulation de l’Allemagne vaincue, de la reddition sans conditions de toutes les troupes de la Wehrmacht.

———-

Prononciation d’ « asthme »

Faut-il, ou non, faire entendre le « t » dans ce mot ?, s’interroge un adhérent de Défense de la langue française.

Non : comme dans « isthme », on ne prononce pas le « th » dans le nom MASCULIN « asthme« .  –  En conséquence, Jean Richepin (« la Chanson des gueux », poème « Variations d’automne sur l’orgue de Barbarie ») a raison de faire rimer « asthme » avec un mot en « -asme » :

          Car la voix, jetant un sarcasme,

           Etouffe dans un accès d’asthme

           […]

Idem pour « asthmatique », naturellement.

———-

Attenant, e

J’ai trouvé dans un roman du xixe siècle l’expression « et les édifices y attenant ». L’auteur a-t-il eu raison de laisser l’invariabilité à « attenant » ?

Dans un texte ancien, on peut trouver en effet ce type de non-accord : « les édifices y attenant », « la grange y attenant », car autrefois « attenant » était le participe présent du verbe « attenir ». Depuis longtemps, ce verbe « attenir » (on écrivait aussi « atenir ») n’existe plus, de sorte que « attenant » s’est conservé uniquement comme adjectif, normalement variable. Il faut donc écrire, de nos jours : « les édifices y attenants », « la grange y attenante ».

———-

Aucun  (accord avec)

Lorsque « aucun » est répété, ne faut-il pas maintenir le verbe au singulier ?, s’interroge une de nos amies de Loire-Atlantique…

Mais oui, bien sûr : Plusieurs « aucun » additionnés égalant… zéro, l’accord du verbe se fait obligatoirement au singulier ! Ainsi, dans : « Aucun ouvrier, aucun employé n’est venu encore retirer son badge ».

L Un mauvais exemple est passé récemment dans un hebdomadaire, où l’on pouvait lire : « […] aucun contrôle, aucun recours ne seront possibles contre les abus ». Puisqu’il ne peut y en avoir aucun, l’accord au pluriel est intolérable, est illicite. IL FALLAIT écrire : « ne sera possible ».

———-

Aussi  ou  non plus 

Par courriel, un correspondant demande si la phrase : « Accessoirement, je ne refuse pas aussi de rendre quelques menus services personnels » est correcte

Non, cette phrase n’est pas correcte, parce qu’il faut se souvenir que l’adverbe « aussi » ne s’associe qu’à une proposition affirmative. Ici, il faut écrire : « Accessoirement, je ne refuse pas non plus de […].

Publicités