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Le mot du 13 mars 2015

giboulée

            Le mot giboulée est étroitement associé au mois de mars, un mois où le compère le Temps a des sautes d’humeur. L’hiver finissant et le printemps naissant s’y affrontent : « Le soleil de mars / Donne des rhumes tenaces » ; « En mars, Quand il fait beau / … Prends ton manteau ! ».

            Qui se plonge dans les dictons populaires verra que ces propos sentencieux se contredisent joyeusement ; que le vent, le froid et la pluie y annoncent tantôt la disette, tantôt des récoltes abondantes… Même dans les proverbes, il n’y a plus de bon sens !

            A-t-on surveillé ce que la Saint-Vivien nous a proposé, mardi dernier ?…  Car « s’il pleut aux Quarante-Martyrs (= également le 10 mars), il pleuvra encore quarante jours ». Et s’il pleut pour la dictée de Tourcoing et la finale du Championnat du Maroc de langue française et d’orthographe (toutes deux le samedi 21 mars), ce ne sera pas bon signe : « S’il pleut pour le jour de saint Benoît (d’autres y voient la Sainte-Clémence !), il pleuvra trente-sept jours plus trois »

        Le bon saint Benjamin sera peut-être… maudit dès le 1er avril par les adorateurs du soleil si le distique suivant : « À la Saint-Benjamin (= le 31 mars) / Le mauvais temps prend fin » est démenti par des ondées, des averses, des giboulées…  Le réchauffement de la planète, que même les plus… frileux des météorologistes ont fini par reconnaître au bout de bien des années (!), semblerait devoir ne plus justifier, pour le mois d’avril, des dictons anciens comme « Il n’est gentil mois d’avril / Qui n’ait son manteau de grésil », « On n’est pas sorti de l’hiver / Qu’avril n’ait montré son derrière », « Il n’est point d’avril si beau / Qui n’ait neige à son chapeau », ni même « Celui qui s’allège avant le mois de mai / Certainement ne sait pas ce qu’il fait »

            Mais, si les grands froids qui marquaient les esprits – sans aller jusqu’à l’effroi – ont généralement disparu, le réchauffement climatique s’accompagne, on l’a vu, d’allevasses continues, de violentes radées, de draches très abondantes, qui noient pendant des heures, voire pendant des jours, des régions entières ou des zones réduites. Et des mois au caractère versatile comme mars et avril risquent fort de se montrer… « aversatiles », prodigues en « saucées », en giboulées, en averses !

            Si l’on doit voir beaucoup de gouttes en mars et avril, on n’y voit trop goutte, en revanche, quant à l’origine de giboulée… Le mot vient-il de l’occitan : giboulado,   gibourdano,  au  même   sens,  ou est-il à rattacher à gibier, gibeler, « s’agiter, s’ébattre » ?

            Tout  comme  dégelée  aujourd’hui  encore,   giboulée  a  eu l’acception de « volée de coups », de « série de coups qui tombent dru » (à l’image des giboulées, où « il tombe des hallebardes » !).

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