Archives de Tag: bagad

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 Babine (toujours au pluriel ?)

Pourquoi certains dictionnaires mentionnent-ils le mot babine en tant que nom féminin singulier alors que ce mot est toujours employé au pluriel ?, nous demande une étudiante en journalisme.

Eh bien, c’est parce que babine n’est pas « toujours » employé au pluriel, mais seulement « le plus souvent » au pluriel ! Rien n’interdit de dire ou écrire : « Le molosse avait la babine frémissante ». En revanche, on aura toujours le pluriel pour, entre autres,  « se lécher les babines »…

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bagad (pluriel de)

« Quel pluriel faut-il appliquer au mot breton bagad, qui désigne une formation musicale comparable au « piper band » écossais ? », s’interroge un conseiller municipal des Hauts-de-Seine.

Bagad est maintenant un mot bien connu de tous, notamment grâce au bagad de la marine nationale : le bagad de Lann-Bihoué, qui a enregistré de nombreux  CD. Le mot est entré dans les dictionnaires de référence contemporains, avec un pluriel « à la française » = des bagads.

Le pluriel breton (des bagadoù) peut être adopté dans un contexte particulier (revues consacrées à la Bretagne, programmes de concerts, de festivals, en Bretagne…).

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Bleu-nattier, bleu Nattier ou bleu nattier ?

« Comment doit-on écrire cette couleur ?… Que veut dire « nattier » ?… », demande une internaute de Paris.

Jean-Marc Nattier est l’un des grands peintres français du XVIIIe siècle. Spécialiste du portrait, il a représenté avec un talent unique les tissus, les soieries… Et l’on a particulièrement retenu une nuance de bleu délicat qu’il utilisa à maintes reprises.

On emploie donc « bleu Nattier » par ellipse, pour dire : « le bleu créé par Nattier », « du bleu utilisé par Nattier ». Dans cette formule, le patronyme reste un nom propre, et la majuscule est donc obligatoire, de même que l’invariabilité de bleu : des soieries bleu Nattier (qui sont DU bleu inventé par Nattier).

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Bovidé, bovin, boviné

« Y a-t-il une différence entre bovidé, bovin et boviné ? », nous demande un lycéen. 

Oui : seuls bovidé et boviné sont des acceptions scientifiques zoologiques, les bovinés formant une sous-classe des bovidés. Quant à bovin, il désigne exclusivement le produit du taureau domestique. Le buffle fait partie des bovinés, comme le boeuf, dans la classification zoologique; mais il ne se range pas parmi les bovins. On peut donc écrire : « Sri Lanka possède 2 millions de bovins et un million de buffles ».

NB : la femelle du buffle est dite bufflesse ou bufflonne.

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Verbe « bréher »

Existe-t-il réellement un verbe « bréher » ?, nous demande-t-on.

Il y a de quoi s’interroger, en effet, sauf si l’on est… maréchal-ferrant. Car « bréher » existe, et désigne le fait de fixer un fer au sabot d’un cheval. On dit beaucoup plus couramment : « ferrer un cheval » !

C’est peut-être le seul verbe se terminant en « -éher »… Sa conjugaison régulière donne : « je bréhe, nous bréhons; je bréhais, nous bréhions; je bréhai, nous bréhâmes; que je bréhe, que nous bréhions; que je bréhasse, que nous bréhassions; bréhe !, bréhons !; bréhant, bréhé… » !

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Buvoter : un verbe transitif indirect ?

Est-il interdit d’écrire « buvoter son apéritif » ?, nous demande un auteur de romans et de nouvelles.

« Buvoter » (un « t ») est donné comme un verbe intransitif, c’est-à-dire, dans la nouvelle terminologie, un verbe transitif indirect… Il en découle que son participe passé est invariable.

MAIS cela est contestable !  Etant donné que « buvoter » veut dire : « boire à petits coups », et que le verbe « boire » est… transitif direct (boire de la bière, un petit coup, un verre, une fine champagne…), on ne voit pas du tout pourquoi il serait interdit, parce que incorrect, d’employer « buvoter » transitivement !

Notre avis est qu’il est licite, parce que correct, de dire et écrire : « buvoter son demi de gueuze », « buvoter un apéritif »… Dans ce cas, naturellement, le participe passé devient variable : « Il flottait dans l’air les arômes mêlés des apéritifs que les anciens avaient buvotés tout en jouant aux cartes ».

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