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Le mot du 30 mai 2015

« Roland » 

          C’est   le   retour   de  «  Roland  »,  pour  une  quinzaine  de  jours,  dans  les  « étranges lucarnes » – ainsi André Fressoz, alias André Ribaud, journaliste, directeur du Canard enchaîné, désignait-il les écrans de télévision, notamment dans sa célèbre chronique-pastiche « La cour », de 1960 à 1969. « Roland », où l’on va voir, entre autres, « Rafa » (= Rafael Nadal, champion de tennis espagnol, pour ceux qui l’ignoreraient encore), « Djoko » (Novak Djokovic, un Serbe autre as actuel de la petite balle jaune), et « Roger » (surtout, prononcer « Rodgère »  : Roger Federer, champion suisse).

         Les barbares ès courts de tennis devraient enfin avoir compris : « Roland », c’est le stade de tennis Roland-Garros, situé à l’ouest de Paris, à la frontière du bois de Boulogne (… c’est-à-dire Paris) et Boulogne-Billancourt. Je devrais dire : « Boulogne », tellement le mot Billancourt est rayé de leur vocabulaire, d’une façon générale, par les journalistes. Pas seulement par eux : le passé prolétaire de la seconde composante de la ville la plus peuplée des Hauts-de-Seine ne fait pas chic, alors beaucoup jettent aux oubliettes cette partie du toponyme…

   Si l’adoption familière, bon enfant, d’abréviations, ou d’expressions savoureuses  comme de surnoms populaires,  ne saurait choquer en matière de sport, la façon dont certains emploient et prononcent « Roland » à tout bout de champ suscite le malaise. Spontanément, on songe au personnage ridicule et infatué de la Marie-Chantal inventée par le danseur Jacques Chazot dans les années 1960, et à une couche de la société pratiquant la connivence de privilégiés, l’entre-soi des « pipoles »… Certaines pratiques de la langue française, certains  de ses accents « sociaux », sont aussi révélateurs que le vocabulaire employé quotidiennement.

N. B. : le trait d’union à Roland-Garros pour ce lieu est obligatoire = quand on voit le stade, on ne voit pas le célèbre aviateur éponyme (mort dans un combat aérien en octobre 1918).

 

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La dictée « ludique » d’Asnières-sur-Seine, en dépit d’un contexte particulier, s’est déroulée, comme d’habitude, dans la bonne humeur et l’alacrité générale, samedi 30 mai. Et, comme d’habitude aussi, la catégorie des « champions et professionnels » s’est mise en valeur, notamment avec des familiers des podiums : Paul Levart s’est classé premier, avec l’unique zéro faute de la journée. Il a été talonné, dans l’ordre, par Daniel Malot et Pierre Dérat. Celui-ci accède à la troisième marche en ne devançant que d’un demi-point une autre grande championne des dictées : Solange Pascarel. De bons résultats ont été obtenus aussi en catégorie « amateurs ».

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La citation du jour :

            « Le tact est une qualité qui consiste à peindre les hommes tels qu’ils se voient. » (Abraham Lincoln.)

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