Archives de Tag: Corse

Le mot du 3 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + bourde du jour + citation du jour

jeudi 3 septembre 2015

 

La question du jour

            Faut-il écrire, à propos de la Corse, « l’Île de Beauté », « l’île de Beauté » ou « l’Île de beauté » ?

            Ce surnom très mérité par lequel on désigne couramment la Corse est constitué d’un terme générique, donc d’un nom commun banal : île, et du nom commun devenu terme spécifique, donc nom propre : Beauté.  La graphie correcte et obligatoire est donc : l’île de Beauté.

*****

L’articulet « dico » du jour

idoine  adj.

            Cet adjectif peut s’appliquer indifféremment aux personnes et aux choses (l’homme idoine, les fournitures idoines), tandis qu’adéquat ne s’applique qu’aux choses et aux notions abstraites (un traitement adéquat, des idées adéquates).

            Le prolifique romancier, dramaturge et journaliste pacifiste Georges de La Fouchardière (1874-1946), qui fut très réputé, dans les années 1910-1940, pour ses écrits humoristiques (notamment d’humour noir), satiriques, voire polémiques, répétait dans ses textes l’expression « apte et idoine », qu’il affectionnait.

*****

La bévue du jour

 

            « Avec la nomination de Myriam El Khomri au ministère du Travail, la parité est rompue au sein du gouvernement : il y a maintenant neuf femmes et huit hommes… », ce constat digne de Joseph Prudhomme d’Henry Monnier est dû à un journaliste de France Inter, jeudi matin 3 septembre.  Car, si l’on remplace Myriam El Khomri par le trop méconnu Hubert Hézina, la parité… est, ô surprise, également rompue, avec neuf hommes contre huit femmes, ce qui manifestement échappait  au confrère trop spontané…  D’ailleurs, en réfléchissant plus,  si le remplacement de François Rebsamen par Myriam El Khomri aboutit vraiment à un total de dix-sept ministres, c’est qu’alors il y avait déjà cette non-parité du temps de François Rebsamen !!  Bref, de toute façon il y a au moins un… impair dans le propos tenu !

*****

La citation du jour

            « Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige. » (Blaise Pascal.)

            Attention ! Pascal n’a pas écrit : « Peu de choses nous consolent, parce que peu de choses nous affligent » !!

 

Publicités

Le mot du 26 novembre 2014

intempéries

            Le mot qui revient peut-être le plus souvent dans les médias comme dans les conversations, ces jours-ci en France, est sans doute intempéries. Les conditions climatiques détestables qui frappent continûment le Languedoc-Roussillon et la Provence, la Côte d’Azur et aussi la Corse, frappent les esprits par leur violence et par leur récurrence… Non seulement les dégâts matériels sont énormes, mais il faut déplorer des morts.

            Les zélateurs du soleil et les adorateurs de la grosse chaleur vont peut-être finir par  se rendre compte que le réchauffement climatique constant coïncide avec la recrudescence des épisodes de catastrophes, qu’ils soient cévenols ou autres. Nombre d’experts… frileux, à la prudence de Sioux pusillanimes, qui depuis des années refusaient d’admettre l’existence du réchauffement (« il n’y a pas encore assez d’années d’études pour pouvoir affirmer l’existence de ce phénomène », etc.), prennent maintenant en marche le train des évidences. Et l’on va peut-être réfléchir sérieusement, maintenant, aux multiples aménagements à mettre en œuvre sans tarder pour éviter, ou limiter les conséquences – surtout pour les êtres vivants –, des prochains épisodes du dérèglement climatique. La lutte contre les effets ne devant pas occulter, bien sûr, la recherche des causes, de toutes les causes.

            Presque exclusivement cantonné à l’acception, au pluriel, de « mauvaises conditions climatiques », de « rigueurs du climat », intempérie désigna autrefois une « mauvaise constitution des humeurs du corps », et le Dictionnaire de l’Académie entérinait alors un exemple comme : « Cet homme est malade d’une intempérie d’entrailles ».

            Au sens figuré, le vocable eut la signification, assez courante, au XIXe siècle, de « dérèglement d’ordre psychique et moral » : « Ce serait parfait, s’il ne fallait pas compter avec les intempéries de sa cervelle » (Huysmans). Autre acception, aujourd’hui délaissée par les écrivains : « malheurs de la vie, épreuves, grands soucis… » (« À l’abri des intempéries de la vie, dans cette propice atmosphère de douceur ambiante », Proust). Rien ne s’oppose, naturellement, à la reprise de cette signification par des auteurs contemporains.