Archives de Tag: dictée Jules-Verne

Le mot du 16 octobre 2014

philanthrope

            Le Conseil économique, social et environnemental sera bientôt l’hôte – « sous le haut patronage du président de la République », selon une formule consacrée – des premières Rencontres de la philanthropie. Cette manifestation organisée à l’initiative de la revue le Monde des fondations aura pour thème « la place des fondations et des mécènes dans la société française ».

            Auparavant, Mme Melinda Gates, épouse de Bill Gates, fondateur de Microsoft, viendra en France, au titre de coprésidente – avec son mari – de la plus riche fondation philanthropique privée du monde (40 milliards de dollars). Chaque année, cette fondation verse 3,6 milliards de dollars au bénéfice de la lutte contre Ebola, contre le sida, contre la mortalité infantile, pour la protection des femmes, en faveur des campagnes de vaccination contre le paludisme, etc.

            Le couple Gates et un autre milliardaire américain bien connu, Warren Buffett, ont lancé le « Giving Pledge » (« Promesse de don »). Les milliardaires ou multimilliardaires qui adhéreront à cette initiative s’engagent à donner la moitié de leur fortune, de leur vivant ou à leur mort, à des œuvres sociales, à la société en général, plutôt que de transmettre cet argent à leurs héritiers. Estimant qu’ils ont dû leur réussite au fait d’avoir eu la chance de naître dans un pays riche, doté de toutes les infrastructures nécessaires, tous les trois considèrent comme une obligation de donner de leur énergie, de leur temps et de leur argent aux autres…

            L’étymologie de philanthrope coule de source : phil-, « qui aime », et anthrôpos, « être humain, homme ». Les philanthropes sont des femmes et des hommes altruistes, qui ont le souci des autres, qui œuvrent pour le bien de leurs semblables, avec désintéressement. Cette générosité étant souvent matérielle, consistant à améliorer les conditions de vie de déshérités, de personnes en difficulté, philanthrope désigne presque exclusivement, aujourd’hui, quelqu’un qui apporte une aide pécuniaire.

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Rappels : à part la 6e dictée de Piriac-sur-Mer, samedi 18 octobre, les prochaines dictées sont :

  • Le mercredi 5 novembre, la 10e dictée Jules-Verne, dans la salle du conseil général de Loire-Atlantique, à Nantes. Étant donné le lieu, le nombre des participants est hélas strictement limité ! L’inscription est donc obligatoire, par téléphone, au : 02 40 99 16 90. La dictée sera retransmise en direct sur le site du département : loire-atlantique.fr
  • Le samedi 8 novembre, à 14 h 30, à Honfleur (Calvados), la traditionnelle dictée annuelle « Honfleur fait sa dictée », aux Greniers à sel. Les inscriptions préalables ne sont pas obligatoires.
  • Le samedi 15 novembre, à 14 h 30, 15, place du Tertre, à Montmartre, en la brasserie-cabaret La Crémaillère 1900, la dictée annuelle « loufoco-logique » Alphonse-Allais, pour l’Association des Amis d’Alphonse Allais (AAAA). Je peux inviter quelques personnes non membres de l’AAAA : me contacter.
  • Le dimanche 23 novembre, à 14 h 30, à Sorèze (Tarn), dans le cadre du Salon du livre en l’abbaye-école, dictée annuelle. Renseignements et inscriptions au Syndicat d’initiative / Office du tourisme : 05 63 74 40 39.

 

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Le mot du 9 septembre 2014

frondeur

            Les députés contestataires, au sein du Parti socialiste, cachent de moins en moins leur malaise, leurs réticences, leur opposition, à la politique menée en France. Ils ne sont pas dans le persiflage, dans la raillerie, dans l’impertinence, dans la moquerie… Non, la contestation est plus sérieuse, plus argumentée, et l’on ne voit pas se mettre en évidence, semble-t-il, de vulgaires hâbleurs superficiels…

            Le terme de frondeurs a été adopté pour désigner ces élus qui ne veulent pas être des « godillots » et qui contestent, au nom de leurs valeurs, une ligne politique allant, à leurs yeux, de plus en plus vers le centre, voire le centre droit. Toutefois, ces élus ne veulent pas « casser la baraque », n’entendent pas faire chuter le gouvernement, mettre à bas un parti politique auquel ils appartiennent. D’aucuns les féliciteront de ne pas trahir leur parti, les loueront de se montrer « responsables » en surmontant leurs divergences. D’autres les railleront, en les accusant d’aller jusqu’au Rubicon… pour y pêcher à la ligne, et d’oublier les motifs de leur contestation devant les risques de dissolution de l’Assemblée nationale et de la perte de leurs propres sièges.

           L’acception de frondeur est donc parfaitement confirmée par ces constats : le frondeur regimbe par moments, grogne comme les soldats de la Vieille Garde napoléonienne, rouspète, râle, bougonne, proteste parfois véhémentement, se refuse à être un béni-oui-oui. Mais le frondeur, même le plus déterminé, ne s’engage pas dans une dissidence plus marquée, ne s’insurge pas plus franchement (à l’exception historique, bien évidemment, des combattants de la Fronde [1648-1653]). Il utilise un lance-pierre(s), une fronde, pas un fusil-mitrailleur ni un crapouillot, même au sens figuré !

            Le mot frondeur – substantif, mais aussi adjectif : un esprit frondeur – est daté, officiellement, de 1648 avec le sens de « soldat armé d’une fronde ». Lorsqu’il désigne les insurgés de la Fronde parlementaire, puis de la Fronde des princes, soulevés contre la pression fiscale et – ou – l’absolutisme royal, le terme reste un nom commun, sans majuscule.

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      3e dictée du Salon de l’écriture de la Mairie du VIIe arrondissement de Paris : devant la coïncidence de date (5 novembre) avec la 10e dictée Jules-Verne de Nantes, au conseil général de Loire-Atlantique (dictée fixée depuis plusieurs mois), la Mairie du VIIe étudie la possibilité d’un changement de date…  À suivre.

Le mot du 3 septembre 2014

délétère

            Que fait un(e) journaliste à court d’idées, ou de vocabulaire, pour qualifier une ambiance, une situation, un climat, une conjoncture, qu’il ou elle a du mal à définir avec précision ?… Il ou elle se rue sur l’adjectif à la mode au point d’être une « scie » du langage : délétère !

            L’air est-il malsain, ou plutôt pestilentiel ?… Bah ! Il sera délétère. La situation politique est-elle insupportable ou dangereuse ?… Disons qu’elle est délétère. L’atmosphère au sein de cette entreprise est-elle irrespirable, tendue, pernicieuse ou nocive ?… Tout bien réfléchi (… ou pas !), elle s’affiche délétère. Cet adjectif sert donc, a priori, à qualifier quelque chose d’indéfinissable, d’insaisissable, qui échappe à l’analyse et à la description… Ses utilisateurs, par son emploi, « bottent donc en touche », se lavent les mains, laissant aux auditeurs, aux téléspectateurs et aux lecteurs le soin d’attribuer à ce terme l’acception de leur choix.

            Le recours à délétère traduit bien souvent, en fait, l’incapacité de ceux qui l’emploient à analyser une situation, à interpréter des faits et gestes, à ressentir une atmosphère, à disséquer un propos, à expliquer le dessous des cartes…

            Il est inhabituel d’employer délétère au sujet de personnes, mais il ne manque pas d’individus, hommes et femmes, que l’on associerait pourtant volontiers aux acceptions de « dangereux, nuisibles, corrupteurs, pernicieux… ».

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            La Mairie du 7e arrondissement vient de m’annoncer qu’elle avait fixé au mercredi 5 novembre son Salon de l’écriture… À mon grand regret, il ne me sera pas possible d’écrire et animer une dictée dans ce cadre, puisque depuis plusieurs mois cette date est bloquée pour ma traditionnelle dictée Jules-Verne de Nantes, au conseil général de Loire-Atlantique.