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Le mot du 2 décembre 2014

comédie

            Aujourd’hui, comédie est exclusivement compris au sens de « pièce de théâtre  drôle, amusante, divertissante » (le terme s’applique aussi à un film). Il n’en a pas été toujours ainsi, et le mot a, en premier, été employé pour désigner toute pièce de théâtre, sans considération de genre.

            Ce comédie vient du latin comoedia (« pièce de théâtre » ou « genre théâtral »), lui-même emprunté au grec kômôdia (d’après kômôdos, « chanteur dans une fête », et kômos, « procession haute en couleur, burlesque, à la gloire de Dionysos, dieu de la Vigne »).

            En français, ce n’est qu’au XVIIe  siècle que le vocable commence à revêtir le sens spécialisé de « genre théâtral comique » et de « pièce comique ». Entre-temps, le mot recouvre d’autres significations : « théâtre, lieu où l’on joue des pièces », « troupe de comédiens », « représentation d’une pièce »…

            Comédie-Italienne et Comédie-Française sont des expressions issues du nom de troupes de comédiens : acteurs italiens de la commedia dell’arte dans le premier cas, fusion de la troupe de Molière avec les acteurs du Marais et de l’hôtel de Bourgogne dans le second cas.

            Différents termes peuvent être synonymes de comédie, selon la longueur de  la  pièce  notamment :  « farce »,    « vaudeville », « saynète »  (ne pas  écrire  « scénette » !), « sketch » – et comédie figure dans un certain nombre d’expressions figées telles que comédie-ballet, comédie légère, comédie policière et surtout comédie de boulevard, assez souvent employée avec une connotation péjorative, comme pour théâtre de boulevard, le boulevard  = « au comique populaire facile ». (Employé seul, boulevard est souvent écrit, en cette acception, avec une majuscule : le Boulevard.)

            Au cinéma, on peut, à bon droit, être amateur des fameuses comédies américaines d’avant 1940 où étincelaient Myrna Loy, Cary Grant, Katharine Hepburn, Spencer Tracy, William Powell, Ralph Bellamy, James Stewart, Gary Cooper (oui : il n’a pas tourné que des westerns !), Carole Lombard…, et – ou – des comédies musicales qu’illustrèrent Gene Kelly, Fred Astaire, Ginger Rogers, Judy Garland, Mickey Rooney, Cyd Charisse, Eleanor Powell… :  des spectacles complets associant, sur des scénarios plaisants, le théâtre, le chant, la musique et la danse (voir notamment, dans ce chef-d’œuvre qu’est Chantons sous la pluie, le numéro prodigieux de Donald O’Connor : « Make ’em Laugh ! »).

            Donner la comédie est hors d’usage au sens de « cabotiner, se faire remarquer par un comportement agaçant ou ridicule », mais on peut naturellement dire donner une comédie avec la signification de « jouer, donner une représentation ».

La comédie humaine…

            Très usitée est l’acception de « caprice ». Celle de « chiqué » ne l’est pas moins, et comédie équivaut aussi à « hypocrisie, simulation, invention » : Cet enfant joue la comédie ; Cessez donc cette comédie ! ; C’est de la comédie !… On retrouve, magnifiquement dépeints, ces hypocrisies, dissimulations, mensonges, sournoiseries et feintes dans l’immense Comédie humaine de Balzac. Ce dernier ne serait pas en peine pour adapter ses romans à la société contemporaine…