Archives de Tag: Espace Landowski

Dictée Boulogne-Billancourt

INFO : Le retour de la dictée à Boulogne-Billancourt s’inscrit dans le cadre du Salon du livre des 5 et 6 décembre 2015. Cette dictée, pour accueillir un maximum de personnes, ne peut se dérouler que dans l’auditorium de l’Espace Landowski, où se succéderont forcément aussi toutes les conférences-débats. Les minutes étant comptées, le texte sera plutôt court, et je dirigerai la correction, qui devra être effectuée dans la salle, après échange des copies. Je compte sur l’honnêteté de chacun ! Chaque participant repartira avec au moins un souvenir, et les lauréats recevront de beaux ouvrages. Rendez-vous à 14 heures samedi. On ne pourra pas attendre les retardataires…

 

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Dictées décembre 2015

INFORMATION :

Nouvelle dictée pour le Téléthon à Avrillé (Maine-et-Loire) : le 4 décembre 2015.

Renseignements : marielucefixari@hotmail.fr

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Rappels, aussi :  conférence sur Alphonse Allais, pour l’AMOPA (ordre des Palmes académiques), à la mairie du 7e arrondissement, mardi 1er décembre 2015, à 17 heures. Entrée libre.

Dictée de Boulogne-Billancourt samedi 5, à 14 heures, dans le cadre du Salon du livre, Espace Landowski.  

 

 

Le mot du 27 novembre 2014

Ukraine

            L’Ukraine est un sujet de vives préoccupations. Cela n’est pas exagéré, puisque l’on dénombrerait déjà, au fil des mois, plus de 4 000 morts, tous camps confondus…

            Mais d’où vient le nom de ce que l’on a appelé, aussi, « la Petite Russie » ? Que signifie-t-il ?…  L’origine est un vieux mot russe, que l’on transcrit ordinairement par oukraina.  C’est un terme que l’on peut rapprocher de marche, au sens de « marche(-) frontière », soit une région frontalière, une province limitrophe, une aire géographique située en bordure d’un pays étranger ou d’une province voisine. En particulier, marche  a désigné une zone militaire (par exemple : les marches, ou Marches, de Bretagne) confiée à un marquis, ou à un margrave.

            Ukraine  correspond donc à : « région(-) frontière »,  « région  bordière », « région située près de »…

            Comme tous les gentilés (ou ethnonymes), ukrainien / Ukrainien peut être un adjectif (les villes ukrainiennes) ou un nom propre, avec une majuscule (de charmantes Ukrainiennes).

            Surnommée « la mère des villes russes », la capitale – Kiev – devrait peut-être son nom à un prince polane dont le nom se transcrit par Ki. Ce prince aurait fortifié la ville, au IXe siècle. Les Polanes (« peuple de la plaine ») ont constitué une tribu slave qui a dominé les autres tribus slaves de Mazovie et autres régions proches,  et donné naissance à la Pologne.

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              Rendez-vous au Salon du livre de Boulogne-Billancourt, les 6 et 7 décembre, à l’Espace Landowski, avenue André-Morizet (à côté de la mairie), de 14 heures à 19 heures. J’ai préparé des tests ludiques de langue française, et remettrai gratuitement des exemplaires de Défense de la langue française à ceux qui souhaiteront découvrir l’association et sa revue.

Le mot du 24 novembre 2014

coiffer sainte Catherine

          Demain mardi 25 novembre, ce sera la Sainte-Catherine.  Il faut sans doute rappeler – ou apprendre – à un certain nombre de personnes que les noms de fêtes, étant des noms propres, s’écrivent obligatoirement, en français, avec deux majuscules et un trait d’union : les feux de la Saint-Jean, les noubas de la Saint-Sylvestre,   célébrer  la Saint-Nicolas… Le mot  Saint(e)  ne  s’abrège  jamais  en  « St(e) », sauf dans les calendriers, en raison de la faible largeur (en jargon de l’imprimerie, du livre et de la presse : la justification) des colonnes.

            Lorsque l’on parle des saints ou des saintes eux-mêmes, saint est un nom commun, sans majuscule par conséquent, et il n’y a pas de trait d’union : D’après les dictons, si saint Médard est un grand pissard, saint Dié dissipe les nuées et saint Clair fait le temps clair !  Une seule graphie correcte, donc, pour la phrase suivante : La Sainte-Catherine est la fête de sainte Catherine.

            Coiffer sainte Catherine est une expression fort ancienne (Moyen Âge) faisant allusion à sainte Catherine (d’Alexandrie), morte en martyre, et en état de virginité. Elle est la patronne des jeunes filles, aussi des étudiants, des philosophes… et des meuniers. Parce que les belles meunières sont immaculées, de par la farine !?…

            Cette expression s’applique donc, rigoureusement, à une femme qui arrive à l’âge de vingt-cinq ans sans être mariée… et en état de pureté (dont sainte Catherine est le symbole, ne serait-ce que par son nom : n’y a-t-il pas un lien étymologique avec les « purs » : les cathares !).

            Une ancienne tradition, à Paris, veut donc que les… « catherinettes » portent pour la Sainte-Catherine un chapeau amusant créé pour la circonstance – la tradition est particulièrement vivace dans le milieu de la mode, chez les midinettes – où figurent obligatoirement le jaune de la foi et le vert de la connaissance. Et les catherinettes devaient venir réellement coiffer, ce jour-là, la statue de sainte Catherine…

            Alors que l’on trouve, selon les dictionnaires, les variantes coiffer sainte Catherine et coiffer Sainte-Catherine, c’est la première qui apparaît comme la plus normale, même si l’on peut considérer que, en dépassant la date du 25 novembre, les jeunes femmes, en quelque sorte, « coiffent » la Sainte-Catherine, comme on dit, en sport, « coiffer sur le poteau », c’est-à-dire « dépasser ».

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            La parution récente et successive du Petit abécédaire de la Grande Guerre (édit. Trédaniel, Le Courrier du livre) et des Petits soldats, héros de la Grande Guerre, avec des illustrations de Jean Bruneau (édit. Trédaniel, Contre-Dires) me vaut d’être convié, en dehors de la présence en tant qu’auteur au Salon du livre de Boulogne-Billancourt (Espace Landowski, 6 et 7 décembre), à participer à une table ronde sur la Première Guerre mondiale animée par Philippe Delaroche, directeur adjoint du magazine Lire. Avec peut-être le plaisir d’y voir un certain nombre des lecteurs du présent site.

 

 

Le mot du 20 novembre 2014

bourreau 

            La sinistre actualité met au premier plan des termes récurrents le mot bourreau. La définition de celui-ci ne peut être que la suivante : « Personne exerçant des tortures physiques sur d’autres personnes, généralement sans défense ; personne tuant avec cruauté des êtres sans défense ».

            En dehors des causes et des explications sempiternellement rabâchées ces jours-ci, de vrais responsables politiques, voire les citoyens en général, devraient s’interroger sur la banalisation – pour ne pas dire la valorisation – de la violence, de la cruauté, des atrocités, de la sauvagerie, de la bestialité, de la barbarie, des crimes, via des films, des téléfilms, des jeux vidéo… Et que l’on ne vienne pas défendre ces derniers sous de fallacieuses références à la liberté d’expression !

            Seules les personnes ingénues, et qui n’auraient pas participé à des conflits, à des guerres, qui n’auraient jamais eu connaissance des mots d’ordre donnés à des combattants, peuvent s’étonner, s’émouvoir, que des extrémistes s’en prennent à des « humanitaires ». Bien au contraire, cela est « logique » : ceux qui se dévouent auprès de peuples déshérités, de populations dans la souffrance, sont une grande gêne pour des fanatiques primaires qui, voulant éliminer toute civilisation, prétendent que tous les « autres » sont des colonisateurs, des exploiteurs… ou, à leurs yeux d’illuminés, des « mécréants ».

            Bourreau vient de bourrer, au sens de « frapper quelqu’un ou quelque chose », puis « taper à coups répétés ». Cet emploi au sens absolu a laissé la place à « bourrer de coups », « bourrer de coups de poing », etc. : Le truand trop bavard a été bourré de coups par ses acolytes.  « Bourré de coups »  équivaut à « accablé de coups », chacun le sait. En revanche, nombre de personnes ignorent l’existence de bourrelé(e), terme pourtant correct, licite, au sens de « torturé comme par un bourreau » : Elle est bourrelée de remords.

            Le féminin bourrelle a désigné autrefois la femme du bourreau, ou bien une femme exerçant la fonction de bourreau. En principe, une bourrelle était préposée à l’exécution de certaines peines infligées à des femmes. Dans Monsieur de Lyon (on disait : « Monsieur de Paris », pour désigner l’exécuteur des hautes œuvres de la capitale), la romancière Nicole Avril dépeint un bourreau… qui pourrait bien être une bourrelle.

            La légende raconte que, chez son boulanger, le pain destiné au bourreau de Paris était retourné, afin que personne d’autre n’y touche.

            Au sens propre, bourreau a désigné l’exécuteur des arrêts de justice. Athos fait appel à celui de Béthune pour expédier ad patres la maléfique Milady de Winter, entre autres coupable d’avoir empoisonné Constance Bonacieux (Alexandre Dumas, les Trois Mousquetaires).  Le catcheur Jacques Ducrez, qui, par plaisanterie, a pris ce surnom de « Bourreau de Béthune », a fait partie des populaires professionnels qui se livraient, devant les caméras de la télévision, dans les années 1950-1960, à des matchs qui relevaient plutôt des sketchs désopilants. (Pour autant, il s’agissait de vrais pros qui, tout en évitant, si possible, de se blesser, s’affrontaient en des prises acrobatiques…)

            Le chansonnier Jean Rigaux (1909-1991), qui fut très populaire lui aussi, surnomma un jour « le bourreau de mes thunes » un ministre des Finances. N’oublions pas la fameuse réplique « Bourreau d’enfant ! Bourreau d’enfant ! » d’un des plus drolatiques sketchs de l’humoriste Fernand Raynaud.

            Bourreau figure dans un certain nombre d’expressions du passé, comme : être insolent comme le valet du bourreau, « être d’une insolence extrême, cynique » ; Se faire payer en bourreau, « se faire payer d’avance » ; Être paré comme un bourreau qui est de fête, « être bien vêtu, alors que l’on n’a pas coutume de l’être ».

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Comme chaque année, je serai présent au Salon du livre de Boulogne-Billancourt, à l’Espace Landowski, à côté de la mairie, les samedi 6 et dimanche 7 décembre, de 14 h à 19 h.

Le tout nouvel ouvrage, sorti cette semaine : Petits soldats, héros de la Grande Guerre (éditions Contre-Dire / Trédaniel), illustré par des vignettes du peintre et dessinateur nantais Jean Bruneau (†), qui fut membre de l’Académie de Bretagne, président des Amis du musée (maritime) des Salorges, fera l’objet d’une présentation par la grande librairie nantaise Coiffard, avec le soutien de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, le samedi 17 janvier, en présence des fils de l’artiste.