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Le mot du 5 décembre 2017 (1)

Le point d’étymologie du jour

 

méandre  n. m.

Un méandre, au sens propre, c’est une sinuosité, une courbe : « les méandres de la route, les méandres de ce ru ». Au sens figuré, avec quelque peu une connotation péjorative, il s’agit de détours, voire de ruses : « les méandres de sa pensée, les méandres de la politique étrangère ».

Aujourd’hui fleuve turc sous le nom de Menderes, le Maiandros (en latin : Mænder) arrosait jadis la Phrygie. Ses très nombreuses sinuosités étaient connues des peuples de la région, et tout cours d’eau au lit tortueux comportant des courbes lui était comparé. Par extension, ce sont les boucles, les zigzags, les coudes, les contours… qui furent dénommés des méandres.

Il ressort de ce qui précède qu’il faut bannir de ses écrits et de ses propos les pléonasmes « méandres sinueux », « méandres tortueux »…

 

(D’après Étonnantes étymologies,  Jean-Pierre Colignon, préface de Bernard Pivot, Albin Michel édit.)

 

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E

« Eclairer sa lanterne » : expression correcte ?

« Peut-on accepter l’expression « éclairer sa lanterne » ? N’est-il pas plus correct de dire « allumer sa lanterne » ? », demande un internaute de Lorraine.

La logique conduit en effet à se dire que la lanterne doit être allumée. Ensuite, elle peut alors éclairer, ce qui est le propre d’une lanterne…

Mais la stricte logique ne prend pas en compte les nuances de la langue, les glissements de sens, les métaphores, etc.

La fable de Florian le Singe qui montre la lanterne magique a pour conclusion :

     « Il n’avait oublié qu’un point,

        C’était d’éclairer sa lanterne. »

Ici, on ne peut contester que l’auteur veut dire « allumer sa lanterne »…

Donc, « éclairer sa lanterne » peut équivaloir à « allumer sa lanterne ». On peut y voir l’idée d’allumer de façon plus intense encore ladite lanterne, afin que celle-ci permette de mieux voir, d’avoir un meilleur jugement sur les choses et les gens…

Consacrée par l’usage, l’expression est licite; on ne saurait la critiquer…

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Empire mongol (l’)

« Doit-on mettre une majuscule à « empire » quand il s’agit de l’empire mongol ? », nous demande une correctrice débutante.

La règle est de mettre une majuscule au mot empire quand il est suivi d’un adjectif, et quand l’ensemble désigne ou a désigné un Etat, l’ensemble de ses colonies,  ou un groupe d’Etats : l’Empire ottoman, l’Empire français, l’Empire austro-hongrois, l’Empire britannique, l’Empire romain d’Occident, l’Empire allemand, l’Empire russe, etc.

L’Empire mongol peut être assimilé à ces Etats…, donc la majuscule se justifie.

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« etc. » (l’abréviation d’)

« Faut-il bien un point derrière le « c » d’ « etc. », nous demande un haut fonctionnaire, ou est-ce une erreur ? »

Il faut bien un point… abréviatif, puisque cette abréviation ne comprend pas la dernière lettre (« a ») du mot complet (et cetera, ou : et caetara). En revanche, il n’y a aucune raison de vouloir mettre un point derrière bd, abréviation qui contient bien la dernière lettre de boulevard !

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Étymologie

Certes, ma question ne porte pas sur un vocable français, mais je me permets quand même de vous demander si vous connaissez l’origine du mot italien « barbagliata », qui désigne un mélange de café et de crème. Ce mot viendrait d’un nom propre de personne…

Question pointue, mais intéressante ! Effectivement, voici un exemple de nom commun (féminin) formé à partir d’un nom propre, d’un patronyme. La « barbagliata » est, très exactement, un mélange de café, de crème et de chocolat, créé au XIXe siècle au café du Théâtre, devant la Scala, à Milan, par l’imprésario Domenico Barbaja (d’où son nom), protecteur de Donizetti, de Bellini et de Rossini (… lequel lui ravit les faveurs de la cantatrice espagnole Isabella Colbran, qu’il épousa plus tard).