Archives de Tag: expressions

Le mot du 6 janvier 2018 (1)

L’expression du jour

 

« Regarder en Gâtinais-Picardie pour voir si la Champagne brûle.»

Il n’est évidemment pas logique de lorgner du côté de la Picardie si l’on veut observer, de loin, un incendie qui ravage la Champagne… Ou bien celui ou celle qui fait cela a de gros problèmes avec la géographie de la France. Ou bien, si cette personne connaît assurément l’Hexagone, et regarde dans la bonne direction… mais en fait considère la Picardie, c’est qu’un strabisme divergent déforme sa vision. C’est cette dernière explication qui est la bonne : regarder en Gâtinais-Picardie pour voir si la Champagne brûle est synonyme de « loucher ». Non pas avec un strabisme convergent, tel un fameux acteur comique américain des débuts du cinéma : Ben Turpin, mais avec un strabisme divergent comparable à celui de Jean-Paul Sartre.

(Extrait de « Tous les chemins mènent à Rome »… et 100 autres expressions pour faire le tour du monde, Jean-Pierre Colignon,  Les Éditions de l’Opportun.)

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Le mot du 8 décembre 2017 (2)

Le point de vocabulaire du jour

 

Quelques expressions à propos des poissons…

 

Être frais comme un gardon :         Avoir très bonne mine, être plein de vivacité. « L’œil frais comme un gardon, et le poil qui tient dru au cuir, quoique grison. » (Romain Rolland.)

 

Avoir l’œil bordé d’anchois :             (Argot.)  Avoir les paupières rouges et enflammées.

 

C’est le mariage de la carpe et du lapin :        C’est une association impossible,  une alliance de deux entités incompatibles.  « Il est occupé à des recherches nobiliaires visant à  découvrir lequel se mésallie, dans le mariage de la carpe et du lapin. » (Montherlant.)

 

Ressembler aux anguilles de Melun :           Se plaindre avant de sentir le mal. (Viendrait peut-être, en fait, du patronyme d’un certain L’Anguille, ou Languille.)

 

 La caque sent toujours le hareng :       Quel que soit le niveau de richesse, de notoriété, de médiatisation, de pouvoir obtenu, la vulgarité et la mauvaise éducation percent les apparences.

 

Arriver en banc de sardines :              Arriver en foule compacte et dense.

 

Noyer le poisson :        Embrouiller les choses pour éluder une question, fuir ses responsabilités,  tromper autrui. « Il est naturellement incertain, et son art est de faire passer son incertitude pour politique. Il noie le poisson par hésitation et inconsistance. » (Montherlant.)

 

Poisson d’avril :                         Attrape traditionnelle faite à quelqu’un le 1er avril. Par  extension, plaisanterie du même type (faire tomber quelqu’un dans un piège amusant, bon enfant… en principe).

 

Finir en queue de poisson :          Finir de façon très décevante, sans apporter les résultats espérés.  « Quelques rues […] ont une belle tête et finissent en  queue de poisson. (Balzac.)

 

Il y a anguille sous roche :             Il se prépare une sournoiserie, un mauvais coup, une perfidie.  L’affaire n’est pas claire.

 

Se faire poissonnier  la veille de Pâques :      Faire les choses à contretemps, manquer une affaire, louper le coche. (Un poissonnier avisé fait ses meilleures affaires pendant le carême, pendant les quarante jours qui précèdent Pâques, alors que la viande est interdite !)

(Reprise d’une de mes chroniques parues dans Défense de la langue française.)