Archives de Tag: France 2

Le mot du 12 mars 2015

funiculaire

            France 2 va diffuser à partir de la semaine prochaine une série policière tournée début 2014 au Tréport : les Témoins. Les deux premiers épisodes de ce thriller dont Thierry Lhermitte interprète le personnage principal ont été présentés en avant-première, à la mi-janvier, au cinéma du casino de la ville de Seine-Maritime sise à la frontière de la Somme.

            Créé en 1908, ce funiculaire (entièrement remis à neuf il y a quelques années) aux deux petites cabines de verre indépendantes permet, aujourd’hui, de relier en une minute et demie, et gratuitement, sur un trajet de 135 mètres, la ville basse  aux terrasses des falaises. Ce qui est tout de même plus agréable, quand on est un piéton chargé de provisions, que les sévères… 365 marches de l’escalier !

            Funiculaire est un mot formé sur le latin funiculus, « petite corolle ». Le terme est employé adjectivement, en anatomie, pour qualifier ce qui a un rapport avec un cordon (hernie funiculaire) ou avec un segment de racine nerveuse passant entre les vertèbres, et, plus généralement, pour désigner ce qui fonctionne au moyen d’une corde, d’un câble.

            Le funiculaire de San Francisco est célèbre, ainsi que celui de Montmartre, à Paris. En jouant sur les mots, ce dernier a parfois été surnommé, ces dernières années, « le Montmartrois câblé » (câblé = « dans le vent », « branché »).

            En France, tout finit par des chansons, dit-on (voire, au restaurant, par… l’échanson, le sommelier ! ☺ ). Cela est assurément vrai à Naples, en Italie, d’où l’extraordinaire floraison du répertoire des « chansons napolitaines », des airs rendus fameux par les plus grands ténors italiens : Enrico Caruso, Tito Schipa, Luciano Pavarotti, entre autres. Parmi les « incontournables » de ce répertoire figure, au côté du célébrissime O sole mio !, le très allègre Funiculi, funicula (paroles napolitaines du journaliste Giuseppe Turco, musique de Luigi Denza, 1880), composé à la gloire du funiculaire du Vésuve qui venait d’être construit en 1879…

            Cette chronique se terminera sur un salut particulier adressé au Tréport, à Eu, aux communes de la vallée de la Bresle maritime. Les tombes au nom de Colignon du cimetière du Tréport et d’autres villes proches explicitent ce salut.

Le mot du 12 janvier 2015

pleurnichard 

        Gérard Briard, rédacteur en chef du prochain numéro de Charlie Hebdo, a déclaré, notamment, à Élise Lucet, sur France 2 : « On n’a pas envie de faire un numéro pleurnichard, on va essayer de rire, parce que c’est ce qu’on sait faire le mieux. On va essayer d’exprimer nos idées, c’est-à-dire toute la rédaction, y compris ceux qui ont été décimés. » (Il n’est évidemment pas question de se montrer cuistre et odieux, en faisant des remarques de puriste sur l’emploi, ici, de décimer…) Le journaliste déclarait par ailleurs que les lecteurs habituels devaient retrouver leur journal, et qu’il fallait que ceux qui vont l’acheter et qui ne le faisaient pas d’habitude « sachent  sur quoi ces fascistes religieux ont tiré ».

      Le courage de l’équipe est donc à la hauteur de sa peine. La détresse de Patrick Pelloux, arrivé sur les lieux juste après la tuerie et qui a pris de plein fouet la vision du carnage, a dû bouleverser toute la France… sauf les admirateurs, voire les soutiens actifs, des assassins. L’intense chagrin empreint de dignité de « Coco », illustratrice rescapée, invitée du « 28 minutes » d’Élisabeth Quin, sur Arte, était vraiment des plus impressionnants. « Il ne faut pas céder », déclarait la jeune femme.

        Pas de pleurnicheries, donc, car on ne défend pas la Liberté, les libertés DE TOUS, les droits de l’être humain, par des jérémiades, des geignements et des lamentations.

      Dérivé de  pleurnicher (qui viendrait du normand pleurmicher, « pleurer pour peu de chose »),  pleurnichard(e)  est  du même registre   familier  que  pleurnicheur (-euse), mais plus péjoratif, plus méprisant, et, cela, plutôt comme substantif que comme adjectif.  Un gamin pleurnicheur ne sera pas moins agaçant qu’un gosse pleurnichard ; un texte pleurnichard n’est pas plus geignard qu’un texte pleurnicheur… En revanche, un pleurnichard  est considéré comme plus gémisseur qu’un pleurnicheur. La variante pleurnicheux est sortie de l’usage depuis longtemps.