Archives de Tag: France Inter

Le mot du 9 juillet 2016 (1)

Les bourdes du jour

            Bourde relevée dans les propos d’un couturier parlant de ses œuvres… Dans ce microcosme, on relève souvent… comment dire ?  une certaine propension à ne pas s’exprimer avec simplicité, à utiliser un vocabulaire qu’on ne maîtrise pas…

Donc, présentant sa nouvelle collection, ce styliste a affirmé qu’il n’y avait «  rien de somptuaire » dans ses productions. Seulement… somptuaire n’a jamais été synonyme de « somptueux », « luxueux », « riche », « opulent », « fastueux », « pompeux », etc. Cet emploi est une impropriété, une faute de français.

Somptuaire ne doit s’employer, rigoureusement, que dans la locution loi(s) somptuaire(s), qui désigne des textes réglementant les dépenses maximales permises à un État, à un gouvernement. Par extension, on peut tolérer « textes somptuaires » et expressions similaires, où somptuaire garde son acception de « relatif aux dépenses ».

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Bourde à répétition ces derniers jours, bien que cette ânerie soit dénoncée régulièrement à propos des traductions bâclées de dialogues de séries télévisées policières américaines : la traduction d’officer par « officier » (sur France Inter, ce samedi matin 9 juillet, « officier de police »).

Ainsi donc, dans la police américaine, il n’y aurait que des officiers !?  Aux croisements des rues, pour faire la circulation, on mettrait des capitaines, des commandants, des colonels !?!… Cette bourde est une imbécillité : l’officer américain est tout simplement l’équivalent d’ « agent de police », de « policier ».

 

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Le mot du 27 février 2016

La question du jour  +  les bévues du jour  +  la citation du jour

 

La conjonction du bouclage de plusieurs livres avec le travail de préparation de nombreuses dictées et autres animations en mars a compromis la publication de textes sur le site ces derniers temps. L’édition quotidienne de chroniques reprend aujourd’hui.

 

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La question du jour

            « On ne s’y retrouve plus ! Les dictionnaires ne sont pas d’accord entre eux, on entend tout et son contraire…Faut-il écrire « le siècle des lumières », « le Siècle des lumières », « le Siècle des Lumières », « le siècle des Lumières » !!? »

            Les discordances sont normales, parce que le cas mérite réflexion. Par ailleurs, et je l’ai déjà dit, sans morgue ni acrimonie à l’égard des linguistes, grammairiens et lexicographes, parmi ces derniers peu ont consacré – ou ont pu consacrer – beaucoup de temps à l’orthotypographie…

D’une façon générale, dans des locutions et expressions historiques, artistiques, littéraires, le mot siècle reste un terme générique, avec minuscule.

Pourquoi le XVIIIe siècle est-il ainsi surnommé ?… C’est parce qu’il a été dominé, en Europe, par un mouvement philosophique porté par la volonté de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir au profit de populations ainsi de plus en plus éclairées (quel merveilleux objectif, qui reste toujours à étendre au monde entier, notamment au bénéfice des filles et des femmes…).

Ce mouvement a pris le nom propre de « mouvement des Lumières », et le dernier mot est devenu en même temps le surnom – donc un nom propre – de ces philosophes militants. On écrit donc, et c’est logique : les représentants des Lumières, les idées des Lumières ; le français, langue des Lumières… Cela donne la réponse à votre question. Il faut écrire : le siècle des Lumières.

 

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Les bévues du jour

            Elles ont été retenues parmi de multiples bourdes vues ou entendues…

1° Une journaliste de France Inter ne maîtrise pas l’accord des adjectifs de couleur (vendredi 26 au matin), puisqu’elle parle d’une chose qui serait « verte pâle ». En réalité, la formule est une ellipse, un raccourci, pour dire d’un objet qu’il est « D’UN vert qui est pâle ». Par conséquent, l’invariabilité s’impose dès que l’on est en présence d’une construction associant un véritable adjectif de couleur simple et un adjectif qualificatif qui précise la nuance : des chemises bleu clair, des pantalons brun foncé, des maillots rouge vif

2° Plus grave : ce samedi midi, une journaliste de BFMTV laisse entendre que Paris est à feu et à sang, que la ville est livrée à des émeutiers… Eh oui, sans doute, puisque, dit-elle textuellement, « le ministère de l’Agriculture a été démonté » [par des paysans en colère]. La vraie information : au Salon de l’Agriculture, le STAND du ministère de l’Agriculture a été démonté par des agriculteurs désespérés et donc exaspérés…

 

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La citation du jour

            « L’homme aurait toujours assez de moyens s’il avait assez de volonté. » (Massillon.)

 

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Émission en direct, à propos de la « pseudo-réforme » de l’orthographe, sur le réseau de radios RCF, mardi dernier, avec M. Frédéric Vitoux, académicien, et M. Jean Pruvost, universitaire, spécialiste de l’histoire des dictionnaires. Il n’y eut pas de confrontation puisque nous étions tous les trois d’accord sur le rejet de cette mauvaise idée… (Je renvoie à ce que j’ai écrit dans plusieurs chroniques ainsi qu’au texte de l’Académie française du 5 février, texte que j’ai mentionné.)

Ainsi que je l’ai indiqué à l’antenne, dans toutes mes dictées seules continueront à être retenues les graphies classiques. Il ne sera pas tenu compte de cette pseudo-réforme (chacun peut imaginer ce que donneraient des dictées où il faudrait tenir compte, entre autres, de centaines et de centaines de doubles graphies…)

 

 

Le mot du 11 décembre 2015

La bourde du jour  +  la citation du jour  +  le proverbe du jour

La bourde du jour

            « Il n’y aura pas d’accord [,] comme prévu… [à la COP 21] » : la journaliste de France Inter qui a prononcé ces mots vendredi matin 11 décembre ne s’est pas rendu compte qu’elle usait là d’une formulation très maladroite, très ambiguë, pouvant aboutir à un contresens. Des bévues de ce type sont, hélas,  monnaie courante dans le Landerneau des médias radiotélévisés, où l’emploi rigoureux, précis, de la langue française  –  y compris jusqu’au respect des pauses orales  –  n’est pas le premier souci de tous les intervenants.

            Alors, on en arrive à dire le contraire de la vérité, à déformer les déclarations et les événements, « par la grâce » d’approximations linguistiques !  La lectrice du bulletin d’information ne voulait sûrement pas dire, semble-t-il, que  «  comme  c’était  prévu,  il  n’y  aura  pas  d’accord  ce  jour… »,  mais bien : « contrairement à ce qui était prévu, il n’y aura pas d’accord ce jour… ».  Ce qui n’est pas vraiment la même chose !

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La citation du jour

            « La politique est presque aussi palpitante que la guerre, et au moins aussi dangereuse. À la guerre, on ne peut se faire occire qu’une fois ; en politique, maintes et maintes fois. » (Winston Churchill.)

           

 

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Le proverbe du jour

            « La vérité est un lion ; le mensonge, une hyène. »

Le mot du 24 novembre 2015

La bourde du jour + compléments + réponses au concours

La bourde du jour

            Grâce à une journaliste de France Inter de la tranche du 5-7 (heures), nous avons appris, mardi 24 novembre au petit matin, qu’il y avait « de grandes chances » d’être atteints de la maladie d’Alzheimer si nous aimions les facéties du comique britannique Benny Hill, qui fut très en vogue outre-Manche dans les années 1955 à 1989, par son émission « The Benny Hill Show ». En France, cette émission à l’humour potache fut diffusée de 1980 à 2000 sur FR3-France 3 (Benny Hill étant doublé par le talentueux Roger Carel).

            Une équipe de chercheurs britanniques vient en effet d’arriver à la conclusion que LES RISQUES d’être touché par la maladie neurodégénérative étaient plus grands pour les fans de Benny Hill (comique du premier degré) que pour ceux qui lui préfèrent les Mounty Pythons (humour décalé, du second degré)…

            Si chance a pu concerner, autrefois, un événement aussi bien heureux que malheureux, en français moderne le seul emploi correct implique le caractère favorable de quelque chose : Vous avez de grandes chances d’être élu ; Vous avez des chances de gagner  un prix d’un million d’euros…  Il est plus que choquant de dire et écrire : « Vous avez de grandes chances d’avoir un cancer » !

        En revanche, il est licite d’utiliser une antiphrase relevant de l’humour… du premier ou du second degré, et l’on peut toujours dire : « Avec ma chance habituelle, je vais bien tomber en pleine grève des transports ! ».

 

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Complément à « mot du jour » précédent 

            Grand connaisseur de l’art des mets et des vins, l’ami Gérard Chevalier appartient à la famille des vrais correcteurs-réviseurs professionnels –  ceux que, dans l’édition et en presse, on surnomme les « dictionnaires sur pieds », les « encyclopédies sur pattes ». Il  m’a confirmé l’emploi familier de « l’Alphonse », de « du Lavallée » par les viticulteurs au sujet du muscat Alphonse Lavallée, et son propos recoupe ma réponse.

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Suggestion de « mot du jour »

            Un autre ancien du Monde, Didier Papeguay  –  non correcteur mais spécialiste, entre autres, de l’armée, de l’aviation, des armes  –  attire mon attention sur l’emploi d’ « armes lourdes » et sur le genre de kalachnikov.  Son propos argumenté mérite d’être repris dans une très prochaine chronique.

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Réponses au concours d’octobre

1° W (initiale du mot allemand Wolfram)

2° « à court d’idées »  (« A » court, dix D)

3°   lisse  et lice.

Le mot du 3 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + bourde du jour + citation du jour

jeudi 3 septembre 2015

 

La question du jour

            Faut-il écrire, à propos de la Corse, « l’Île de Beauté », « l’île de Beauté » ou « l’Île de beauté » ?

            Ce surnom très mérité par lequel on désigne couramment la Corse est constitué d’un terme générique, donc d’un nom commun banal : île, et du nom commun devenu terme spécifique, donc nom propre : Beauté.  La graphie correcte et obligatoire est donc : l’île de Beauté.

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L’articulet « dico » du jour

idoine  adj.

            Cet adjectif peut s’appliquer indifféremment aux personnes et aux choses (l’homme idoine, les fournitures idoines), tandis qu’adéquat ne s’applique qu’aux choses et aux notions abstraites (un traitement adéquat, des idées adéquates).

            Le prolifique romancier, dramaturge et journaliste pacifiste Georges de La Fouchardière (1874-1946), qui fut très réputé, dans les années 1910-1940, pour ses écrits humoristiques (notamment d’humour noir), satiriques, voire polémiques, répétait dans ses textes l’expression « apte et idoine », qu’il affectionnait.

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La bévue du jour

 

            « Avec la nomination de Myriam El Khomri au ministère du Travail, la parité est rompue au sein du gouvernement : il y a maintenant neuf femmes et huit hommes… », ce constat digne de Joseph Prudhomme d’Henry Monnier est dû à un journaliste de France Inter, jeudi matin 3 septembre.  Car, si l’on remplace Myriam El Khomri par le trop méconnu Hubert Hézina, la parité… est, ô surprise, également rompue, avec neuf hommes contre huit femmes, ce qui manifestement échappait  au confrère trop spontané…  D’ailleurs, en réfléchissant plus,  si le remplacement de François Rebsamen par Myriam El Khomri aboutit vraiment à un total de dix-sept ministres, c’est qu’alors il y avait déjà cette non-parité du temps de François Rebsamen !!  Bref, de toute façon il y a au moins un… impair dans le propos tenu !

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La citation du jour

            « Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige. » (Blaise Pascal.)

            Attention ! Pascal n’a pas écrit : « Peu de choses nous consolent, parce que peu de choses nous affligent » !!

 

Le mot du 31 août 2015

faute du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

lundi 31 août 2015

 

La faute du jour

            Sur France Inter lundi 31 août 2015, au cours de la tranche matinale, et dans un point d’information portant sur  la « rentrée scolaire » des nouveaux enseignants, un « pallier aux… », qui fait partie, pourtant, des solécismes dénoncés par toutes les grammaires scolaires, entre autres !

            Pallier est un verbe transitif DIRECT : pallier les insuffisances des politiciens ; pallier cet inconvénient de la réglementation

            Au sens premier, pallier (avec deux l, du latin pallium, « manteau ») a signifié « couvrir d’un manteau », d’où : « dissimuler une faute », « présenter favorablement, sous une apparence spécieuse,  quelque chose de critiquable, de blâmable ». L’acception moderne est « remédier à », et c’est peut-être ce rapprochement avec le transitif indirect « remédier à » qui entraîne la faute de français dénoncée ici.

 

L’articulet « dico » du jour

précurseur  n. m. et adj. m.

            Ce terme ne doit pas être cantonné au rôle de substantif, il peut licitement être employé comme adjectif : les éléments précurseurs, des signes précurseurs

            Il  n’y  a  pas  de féminin  reconnu  et  usité, à ce jour (ni « précurseure » ni « précurseuse ») : Marie Curie fut un précurseur dans l’étude de la radioactivité.

         Si l’on hésite à écrire et à dire, avec l’emploi adjectif : une démoralisation précurseur de la défaite, on a la ressource de remplacer cette formule par : qui laissait présager, qui faisait présager… ou par : annonciatrice de la défaite.

La citation du jour

            « On commence par dire : « Cela est impossible », et cela le devient parce qu’on ne le tente pas. » (Charles Fourier.)

           

 

 

 

Le mot du 20 août 2015

La bévue du jour

jeudi 20 août 2015

            En réalité, il faut parler de « bévues » du jour, à mettre au compte de divers  intervenants  de France Inter… Retenons, entre autres, la prononciation « puizaille » (!!) pour la région naturelle qui groupe des communes de l’Yonne, du Loiret et de la Nièvre. Native de Saint-Sauveur-en-Puisaye, Colette devait, elle, prononcer correctement : « pui-zê ».

            Cela nous rappelle le « saïne daille » entendu quelquefois à la radio, également, à la place de « siné dié », pour l’adverbe latin sine die (= « sans fixer de date »).

            Un très beau (sic) « cent vin-zommes », aussi, avec la liaison fortement appuyée,   pour   bien   faire !    On   se  perd  en  conjectures  –   et   non   pas   en  « conjonctures » – sur les « raisons » de cette bourde récurrente. Raisonnement pavlovien : quand il y a vingt personnes ou vingt choses, il y en a plusieurs, donc vingt, étant un pluriel, doit prendre un ?!

            Quelques perles d’inculture laissées par des touristes visitant le « pays blanc » de Guérande (= les marais salants) cet été : influencés par certaines périodes  de  l’Histoire  en  quelques  pays,  des   visiteurs   s’attendent à voir des « mines de sel » !  Ayant peut-être en mémoire un des gros succès de l’opérette d’avant-guerre (Sous les palétuviers*, extrait de Toi c’est moi, 1934)  créé par Pauline Carton et René Koval, d’autres juillettistes et  aoûtiens  demandent si le travail des « palétuviers » est rémunérateur.  La bévue ne manque pas de sel,  et les  paludiers doivent en rester bouche bée…

*La chanson est d’autant plus désopilante qu’on serait bien en peine d’aller, comme le disent entre autres les paroles, « gazouiller sous les palétuviers » !  Les nombreux reportages consacrés à ce que l’on appelle la mangrove montrent que celle-ci est une zone de… marais maritimes dont le palétuvier est l’arbre roi !

           

 

Le mot du 23 octobre 2014

chipoterie

            Pour parler comme le préposé aux chroniques de jardinage sur France Inter : Alain Baraton, qui raffole de cet adjectif, Mme Marisol Touraine a utilisé un mot « délicieux » alors qu’elle était interviewée sur France 3 à l’occasion, mercredi 22, d’une retransmission des « questions au gouvernement », en direct de l’Assemblée nationale.

            Chaque épisode de ce que j’ai, personnellement, du mal à appeler une « émission » (contrairement à France Télévisions) débute par quelques minutes d’interview politique d’un(e) élu(e) ou d’un(e) ministre, à qui succède environ une heure de retransmission des questions des partis politiques et des réponses du gouvernement.

            La ministre de la Santé, des Affaires sociales et des Droits des femmes du ministère Valls II, répondant à une question sur les divergences entre socialistes, principalement sur la politique socio-économique, a recouru à l’atténuation, à l’euphémisme, en utilisant le mot inusité, mais licite, de chipoteries.

            « Le système constitutionnel [..], c’est le gouvernement du juste-milieu, de la médiocrité, des chipoteries » (Balzac, Petites misères de la vie conjugale). » Par chipoterie, on a désigné – on peut encore désigner – une discussion, voire une dispute, sur des vétilles. Une chicane ou chicanerie mesquine et inutile…

            N’en déplaise à Mme Touraine, les contestations formulées de plus en plus vivement par ceux qu’on a pris l’habitude, dans les médias, d’appeler les « frondeurs » ne relèvent pas du domaine des futilités, des broutilles, des points de détail, mais bien des questions de fond et non de « chipoteries ». Mais il n’est pas question de faire injure à la ministre en lui attribuant une certaine méconnaissance du vocabulaire : on est ici dans la pirouette politicienne, dans l’exténuation au sens rhétorique, c’est-à-dire dans la langue de bois version amoindrissement, version litote.

Bourdes, lapsus, sottises, perles, gaffes et compagnie

Somptuaire

            Mélanger les significations de mots paronymes est une bévue que ne devraient pas commettre des professionnels de l’information et de la communication… Pourtant, sur France Inter, mardi 24 juin 2014, le journaliste Patrick Cohen est tombé dans le lacs (et non dans le « lac »), en parlant de « dépenses somptuaires », ce qui est un gros pléonasme du type « secousse sismique » (= « secousse qui secoue »), car revenant à dire « dépenses dépensières »…

            L’adjectif somptuaire (= « qui a trait aux dépenses ») ne peut être associé, quasiment, qu’au mot loi(s) : les lois somptuaires définissent, règlent, les dépenses d’un État. C’est par attraction de somptueux(-euse) que, par ignorance, par abus, certains emploient erronément somptuaire quand il faudrait dire et écrire  fastueux(-euse), luxueux(-euse), somptueux(-euse), de luxe, de prestige, d’apparat, dispendieux(-euse), excessif(-ive), etc.

24 juin 2014.

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Les héraldiques ont dû voir rouge !

            La petite commune de Viévy-le-Rayé (Loir-et-Cher) décida un jour de se doter d’un blason, vers les années 1990. Certains se gaussèrent de cette initiative, mais, après tout, ce bourg avait bien le droit d’accéder à cette distinction particulière… Ce blason doit donc se lire : « De gueules à la bordure d’or chargée de douze tourteaux d’azur 5, 2, 2, 2 et 1, au chef aussi de gueules chargé de trois coquilles aussi d’or ».

        La création sans doute un peu inattendue du blason prit de court un quotidien régional, où l’héraldique n’était peut-être pas la tasse de thé des journalistes. L’article paru à cette occasion transforma donc ainsi le blason : « Deux gueules à bordure d’or chargée… ».

          Il faut espérer que des lecteurs ont signalé alors la bourde commise, en apprenant aux rédacteurs que le terme d’héraldique désignant la couleur rouge est le nom masculin gueules, avec un s final. Le terme vient de gueule, « gosier d’un animal », et le pluriel tient sans doute au fait qu’on teignait en rouge des morceaux de peaux de bêtes, de fourrures, qui constituaient la bordure d’un vêtement. (D’autres noms de fourrures sont utilisés en héraldique pour désigner des couleurs : vair, sable, hermine.)

9 juin 2014.

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« J’ai ouï plusieurs fois déplorer l’aveuglement du conseil de François Ier, qui rebuta Christophe Colomb qui lui proposait les Indes » (Montesquieu, l’Esprit des lois » *)

… Pan sur le bec, m’sieur Montesquieu :  quand François Ier monta sur le trône, Christophe Colomb était mort depuis plusieurs années !

*  Et non « l’esprit d’Eloi » !!!

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« Le boulevard des Invalides est totalement désert, l’avenue Duquesne davantage encore. »

 Cette belle ingénuité est due à un certain Elie Montclerc, dans l’OEil du tigre.

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« Je m’en vais mettre les fers au feu pour tirer les vers du nez de Mme Barbançon, afin de savoir ce qu’elle a dans le ventre. »  (belle formule d‘Eugène Sue dans « l’Orgueil » !).

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« Pour enfanter des peuples neufs ou pour produire des idées nouvelles, ces hommes ne doivent-ils pas unir dans leurs puissantes têtes les mamelles de la femme à la force de Dieu ? » (forte image du dénommé Honoré de Balzac, dans « le Curé de Tours »).

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 « Pas un mot, dis-moi tout ! », ordonne Fantômas à Fandor…  Ce raccourci saisissant est dû à Marcel Allain, l’auteur de Fantômas, on l’aura deviné…

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On sait à quels seins se vouer !

(extrait de « Du tac au tac  –  Piques ironiques, répliques cinglantes », de Jean-Pierre Colignon, édit. Albin Michel) :

Premier roi du calembour et autres jeux de mots, le marquis de Bièvre (1747-1789) ne voulut pas être en reste lorsqu’un convive, dans un dîner, porta un toast à la gloire des gentes dames :

–  Je bois au beau sexe des deux hémisphères !

Le marquis enchaîna alors :

–  … Et, moi, je bois aux deux hémisphères du beau sexe !

(Le dénommé Jean-Luc Delarue marche un peu lourdement, avec un esprit de comique troupier, sur les traces du marquis, avec sa saillie sur les « globes » de Yamina Benguigui, lors de la remise des… Globes de cristal, en février 2009…)

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« Voleur à la sauce financière »

(extrait de « Du tac au tac  –  Piques ironiques, répliques cinglantes », de Jean-Pierre Colignon, édit. Albin Michel) :

Calonne fut contrôleur général des finances de 1783 à 1787. Ce noble tenta de réformer la gestion des fonds publics, mais l’opposition des notables entraîna sa disgrâce.

L’homme d’Etat se piquait de poésie, mais il paraît qu’il payait des « nègres »…

Un jour, ou plutôt une nuit, il fut saisi de panique, et s’écria :

– Au voleur ! Fermez les portes, il y a un voleur ici !

La domesticité, alertée, fouilla la maison avec soin. L’un des valets vint au rapport et, sans doute plus involontairement que par l’expression risquée d’une ironie mordante, annonça au maître de maison :

–  Monsieur peut être rassuré, il n’y a que lui dans la chambre !

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Chez la voyante (qu’elle dit…)

« Dites donc ! Je vois dans le marc de café que votre mari va bientôt mourir de mort violente !!

–  Oui, oui, d’accord… Mais, est-ce que je serai acquittée ?!

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Histoire de toubib…

Le médecin vient au chevet d’une malade… Dès que le mari ouvre la porte, le praticien s’exclame : « J’espère que ce n’est pas trop grave, car on l’entend râler depuis le palier !

–  Oh !  ne vous inquiétez pas, docteur ! Si elle n’était pas malade, vous l’auriez entendue râler depuis le rez-de-chaussée !! »

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HIstoire de voyante (qu’elle dit)…

« Je vois que vous devrez faire très bientôt un voyage à Bordeaux ! »

Sorti de chez la soi-disant extralucide, le gars qui vient de la consulter décide de laisser faire le destin, tout en le provoquant, toutefois, puisqu’il se précipite à la gare Montparnasse, sans prendre le temps de préparer une valise. Et, au guichet, il demande un billet pour Bordeaux, donc.

 » C’est un aller simple, ou bien un aller-retour ?…

– Ben, je ne sais pas… Regardez vous-même ! », répond le gars en présentant sa main gauche.

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Examen…

Question de l’examinateur à l’étudiant : « Qu’est-ce qu’une fraude ? ». Le candidat réfléchit longuement (on dirait l’inspecteur Derrick), puis finit par dire :  » Une fraude, par exemple, c’est comme si vous me colliez à cet examen !

–   ???????????????????!

–   J’ai consulté le Code, monsieur. Selon la loi, est coupable de fraude quiconque profite de l’ignorance d’autrui pour lui faire du tort ! »

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C’est un neurone qui arrive par hasard dans un cerveau masculin. Tout est noir, vide, sans présence.

« Hou, hou », dit le neurone.

Ça résonne dans le vide, pas de réponse…

« Hou, hou ! », répète le neurone.

Tout d’un coup, arrive un autre neurone qui lui dit :

« Mais qu’est-ce que tu fais tout seul ici… On est tous en bas ! »

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« Alors, Estelle, que fait ta maman ?

— Tout ce qu’elle veut.

— Et ton papa ?

— Lui aussi : tout ce qu’elle veut… »

 

C’EST L’ESPRIT QUI VOLE…

Un certain nombre de personnes ont la chance d’avoir le sens de la repartie, du trait d’esprit…

Ainsi… la comédienne Marguerite Moreno, qui, à un admirateur qui lui demandait : « Est-il vrai que seuls les maigres ont de l’esprit ? », répliqua : « Oui, mon gros ! ».

Ce qui n’était pas très gentil…

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Ainsi… l’acteur comique Félix Galipaux, qui fut un des comédiens les plus appréciés de son époque.

« C’est curieux, lui dit un jour Edmond de Goncourt, vous qui êtes si drôle à la ville êtes sinistre dans ma pièce !?

–  C’est qu’à la ville… le texte est de moi ! »

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Ainsi…  Winston Churchill, face à la belle et spirituelle députée féministe  britannique lady Astor (d’origine américaine) :

« Si j’étais votre épouse, je vous verserais du poison !

–  Si j’étais votre mari, madame, je le boirais ! »

(D’autres variantes de cet échange drolissime circulent, mettant éventuellement en scène d’autres protagonistes.)

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Ainsi… Alfred de Musset, à qui une dame des plus charmantes demandait de lire des vers qu’il avait composés :

« Je vous le demande en grâce !

–  Madame, vous ne sauriez le demander autrement ! », répliqua le galant poète. On le voit ici : l’esprit n’est pas forcément satirique…

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Ainsi… Disraeli, l’homme d’Etat britannique, qui avait pour adversaire-ennemi intime un autre grand homme d’Etat : Gladstone. Les deux hommes s’affrontèrent constamment, ne serait-ce que pour devenir Premier ministre…

Un jour, la reine Victoria demanda à Disraeli, à ce moment-là Premier ministre, justement :

« Monsieur Disraeli, quelle différence faites-vous entre un malheur et une catastrophe ?

– C’est très simple, Votre Majesté : Gladstone tombe dans la Tamise… c’est un malheur. On le repêche… c’est une catastrophe. »

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Ainsi… Georges Feydeau, le fameux auteur de vaudevilles. Celui-ci interpelle un jour le maître d’hôtel du restaurant où il dîne :

« Vous savez qu’il manque une pince au homard que l’on m’a servi !!

– Monsieur, c’est probablement qu’il l’a perdue en se battant.

– Qu’à cela ne tienne : apportez-moi le vainqueur ! »