Archives de Tag: Granit

G

« Guère » suivi d’un singulier ?

Faut-il, ou tout du moins peut-on, faire suivre l’adverbe « guère » d’un mot au singulier, quand ce dernier terme désigne autre chose qu’une matière non dénombrable ?, nous demandent des amis belges appartenant au milieu des férus de dictées.

Après avoir tout d’abord salué cordialement ces fanas d’orthographe, voyons ce qu’il en est…

« Guère » signifie « pas beaucoup »… Si l’on dit, par exemple : « Il n’est pas beaucoup de politiciens qui ne soient exposés à la corruption », il est évident pour tout le monde que le pluriel à « politiciens » est obligatoire (donc pour les accords qui en découlent). Puisque « guère » est un synonyme  de « pas beaucoup », il faut alors écrire aussi : « Il n’est guère de politiciens qui ne soient exposés à la corruption ». Il n’est pas logique, pas licite, d’écrire : « Il n’est guère de politicien qui ne soit… ».

Le pluriel doit donc être la règle chaque fois qu’il est question d’êtres ou de choses dénombrables : « Il n’y a guère de nuages dans le ciel, maintenant ! »; « Je n’ai plus guère de pommes dans mon verger »…

En revanche, « guère de » doit être suivi du singulier chaque fois qu’il est question de choses non dénombrables, soit qu’il s’agisse d’une matière fluide ou pulvérulente : « Tu n’as guère mis de sel dans ce potage », «  »Ils n’ont guère d’eau, dans ce pays ! »; soit que le propos roule sur des sentiments ou des abstractions : « On ne trouve guère de fantaisie dans cette pièce ni d’imagination chez son auteur ».

Le raisonnement ci-dessus permet de marquer des intentions. Par exemple : « Il n’y a guère de raison dans vos arguments ». Avec « raison » au singulier, cela veut dire que ces arguments sont peu raisonnables, que la raison ne les caractérisent pas spécialement; avec « raisons » au pluriel, on veut dire que les arguments sont dénués de motifs, qu’on n’a pas cherché à les étayer par de convaincantes démonstrations.

—-

Côte de « Granit rose » ou de « Granite rose » (la)

La région de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) doit-elle s’écrire « Côte de granit rose » ou bien « de granite rose » ?, s’interroge un correspondant de Libourne (Gironde).

Tout d’abord : il faut obligatoirement, dans cette dénomination touristico-géographique, mettre une majuscule à « Granit« , c’est devenu depuis longtemps l’usage pour ces appellations (cf. : la Côte d’Azur, la Côte d’Argent, la Côte d’Emeraude, la Côte d’Amour, la Côte d’Opale, la Côte des Abers, etc.). Ensuite, c’est la graphie « Granit« , sans « e », qu’il faut suivre. Une graphie qui est, de loin, la plus courante dans l’usage. Granite est une variante surtout employée par les géologues.

—-

« groseille à maquereau » ou « à maquereaux » ?

« Le mot maquereau est-il au singulier ou bien au pluriel dans « groseille à maquereaux(s) », ou bien est-ce sans importance ? », nous demande une amie (excellente cuisinière) de Libourne (Gironde).

Nous parlons donc de la variété de groseille entrant dans la préparation d’une sauce particulièrement concoctée pour être servie avec UN poisson : LE maquereau. On retient donc la notion d’espèce de poisson (cf. « acheter du lieu », « manger de la raie », « servir de la saumonette », etc.), et le singulier s’impose : la groseille à maquereau, des groseilles à maquereau.