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Le mot du 27 novembre 2016 (2)

Le mot du jour

obèse

De nombreuses enquêtes rendues publiques ces dernières semaines constatent que dans les pays de l’hémisphère Nord, au sein des nations dites « riches », l’obésité croît, avec son cortège de conséquences sur la santé : maladies cardio-vasculaires, arthrose…

Obèse est un mot curieux : il vient du latin obesus (participe passé du verbe obedere, « ronger »), qui signifie, littéralement, « rongé, miné », d’où l’acception de… « maigre, décharné » !  Mais la signification s’est inversée, puisque le terme a désigné ensuite « [ce] qui ronge », « [ce] qui dévore », « [ce] qui mange beaucoup »… Puis, de l’action on est passé au résultat : le « gros mangeur » est devenu l’ « obèse ».

Si obésité a été employé dès le XVIe siècle au sens d’ « être très gras », « être adipeux », le mot obèse (nom et adjectif) est apparu tardivement, en 1825, sous le plume du gastronome et gourmet français Anthelme Brillat-Savarin.

Obésité a parfois été employé, au sens figuré, pour qualifier une personne à l’esprit (?) « lourd », peu fin, épais, comme on dit, dans le langage familier : « Il est lourd, celui-là ! ».

Brillat-Savarin, toujours, a utilisé les adjectifs obésigène et obésifuge : le premier qualifie des aliments, des matières, des comportements qui sont à l’origine des obésités ; le second, des traitements, des médicaments, un style de vie, etc., qui luttent contre l’obésité.

L’écrivain et journaliste Henri Béraud, qui savait bien en l’occurrence de quoi il parlait, a publié un ouvrage spirituel intitulé le Martyre de l’obèse, pour lequel il reçut, en 1927, le prix Goncourt, qui garantit, en principe, de… gros tirages !

 

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