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Le mot du 13 septembre 2014

Grande-Bretagne

            Lorsque la « Reine vierge », Elisabeth Ire d’Angleterre, décéda en 1603, son cousin Jacques (James) VI, roi d’Écosse depuis 1567, accéda alors également au trône d’Angleterre, sous le nom de Jacques Ier. Les deux royaumes étaient réunis pour des raisons de liens de parenté… mais ce n’était pas politiquement officiel. Le double souverain  (VI et Ier !) franchit cependant un pas en s’autoproclamant, le 20 octobre 1604 : « King of Great Britain and Ireland ». La « Grande-Bretagne », au sens politique et administratif – d’où le trait d’union en français –, commençait à faire parler d’elle, et ce titre nouveau fut repris par certains des successeurs du roi. En 1707, par l’Acte d’union, les deux royaumes s’unissaient officiellement cette fois, devenant le « Royaume-Uni1 de Grande-Bretagne », et les deux Parlements fusionnaient.

            Si le référendum du jeudi 18 septembre sur l’indépendance de l’Écosse donnait la victoire au « oui », le maintien de l’emploi de Grande-Bretagne deviendrait, rigoureusement, impossible, même si Londres avançait que ce mot composé allait alors désigner l’association de l’Angleterre et du pays de Galles ! (D’ailleurs, les Gallois n’envisageraient-ils pas, à leur tour, de demander un référendum !?…) La dénomination de Royaume-Uni n’échapperait pas non plus à une remise en question : n’est-ce pas une abréviation pour « Royaume-Uni1 de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord » ?

            Le rejet du « oui » éviterait bien des soucis à énormément de personnes, notamment à celles qui s’occupent d’onomastique, de relations internationales, de politique… !

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1. Le trait d’union conventionnel à Royaume-Uni tout court devient contestable, de même que la majuscule à Uni, lorsque l’on dit « Royaume-Uni de… », mais, le mieux étant l’ennemi du bien, notre longue pratique de l’orthotypographie nous incite à déconseiller d’entrer dans des subtilités excessives, dans le byzantinisme mâtiné de chinoiseries certainement superflues aux yeux de la plupart des usagers du français…

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               Pour accompagner ma dictée du 20 septembre après-midi à la mairie du Croisic (Loire-Atlantique), dans le cadre du Salon du livre « Plumes d’équinoxe », le quotidien Presse-Océan publiera toute la semaine des questions-jeux de langue française que j’ai rédigées pour ses lecteurs.

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