Archives de Tag: Jean Bruneau

Le mot du 13 janvier 2015

implacable

            Cet adjectif revient constamment dans la bouche de responsables comme dans les propos de Monsieur Tout-le-monde (on voit écrit, aussi : M. Tout-le-monde, Monsieur Tout-le-Monde…) : « il faut être implacable » avec tous ceux qui font l’apologie du terrorisme, envers tous ceux qui ne respectent pas la liberté d’expression, qui s’opposent par la violence à la liberté d’opinion…

            Le mot est noté, en français, à compter de la fin du XVe siècle, et figure dans le Dictionnaire de l’Académie française dès sa première édition (1694).  On y retrouve le préfixe à valeur négative im- (in-), puisque le mot vient du latin classique implacabilis, au même sens, antonyme de placabilis : « qui se laisse fléchir », « qu’on peut apaiser »  (du verbe placare, « apaiser, adoucir, calmer »).

            Le terme peut qualifier aussi bien une personne qu’un comportement ou une chose : un air implacable, des ennemis implacables, un implacable procureur, un soleil implacable, une implacable férocité, une maladie implacable…

            Si l’on souhaite varier le vocabulaire, on peut recourir en priorité, pour exprimer au mieux l’idée d’implacabilité, à : inflexible, impitoyable, intraitable. En fonction du contexte, il est possible d’employer d’autres termes, aux nuances variées et connotées diversement : sévère, dur, féroce, brutal, âpre, rigoureux, insensible, terrible, strict, rigide

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Dédicace – rencontre : samedi 17 janvier, à Nantes

    Grâce à la grande librairie nantaise Coiffard, et avec le concours  de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire,  j’aurai le plaisir de présenter plusieurs de mes derniers livres, et avant tout Petits Soldats, héros de la Grande Guerre (éditions Contredires, groupe Trédaniel), dont le texte est associé à de nombreuses illustrations de l’artiste nantais Jean Bruneau. La vie et l’oeuvre de ce dernier, décédé depuis quelques années, seront évoquées par ses fils, qui parleront aussi du site consacré à Jean Bruneau.

          Cette rencontre portera donc  sur le vocabulaire (cf. le Petit Abécédaire de la Grande Guerre, éditions Le Courrier du livre)  et sur la vie des « poilus », et aussi sur le français, l’orthographe, le vocabulaire… et la Bretagne.

Samedi 17 janvier, à partir de 16 h 30,   passage Pommeraye, dans la salle de la billetterie du grand T.    

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Le mot du 5 décembre 2014

confiseur

            Dans  une  vingtaine  de jours, nous entrerons dans la période surnommée « trêve des confiseurs » : de Noël jusqu’aux premiers jours de janvier, toutes les pensées seront accaparées par les fêtes familiales et par les festivités entre amis… On ne parlera pas – en principe – de sujets qui fâchent, notamment de politique. Tous les regards et toutes les papilles seront tournés vers les confiseries, au sens propre !

            Les confiseries, les bonbons, les chocolats, les douceurs, les friandises, les sucreries et autres « lichouseries » capteront l’attention des petits… et des plus grands, voire des plus âgés.

            Confiseur, confiseuse, confiserie sont, bien sûr, de la famille du verbe confire, « macérer des substances comestibles dans un élément qui les imprègne et assure leur conservation (sel, huile, vinaigre, eau-de-vie, miel, graisse… ou sucre) ». Le participe passé est : confit, avec un « t » final, d’où le féminin confite. Il faut donc dire, écrire : des cerises confites dans un alcool blanc, des olives confites dans l’huile, du jambon confit dans le sel, des fruits confits, des marrons confits, des citrons confits… Idem pour le substantif masculin : servir du confit de canard.

            Au sens figuré, idem : « Elle est pieuse ; on l’a confite dans la dévotion, comme un bonbon dans du sucre » (Hippolyte Taine, Notes sur Paris. – Vie et opinions de M. Frédéric-Thomas Graindorge).

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            Samedi 6 et dimanche 7 décembre : Salon du livre de Boulogne-Billancourt… Je distribuerai gratuitement des exemplaires de la revue Défense de la langue française, et mettrai à la disposition des visiteurs un test ludique de langue française (et son long corrigé détaillé). Par ailleurs, à la suite de la parution récente du Petit Abécédaire de la Grande Guerre (Courrier du livre) et des Petits Soldats, héros de la Grande Guerre, illustré par Jean Bruneau (Contre-Dires), les organisateurs m’ont invité à participer à une table ronde (samedi, 16 h 30) sur 1914-1918, animée par Philippe Delaroche, ancien rédacteur en chef de Lire.

N. B. : « Trêve des confiseurs », aussi, pour les dictées. Aucune n’est prévue, pour l’instant, avant février.

Le mot du 24 novembre 2014

coiffer sainte Catherine

          Demain mardi 25 novembre, ce sera la Sainte-Catherine.  Il faut sans doute rappeler – ou apprendre – à un certain nombre de personnes que les noms de fêtes, étant des noms propres, s’écrivent obligatoirement, en français, avec deux majuscules et un trait d’union : les feux de la Saint-Jean, les noubas de la Saint-Sylvestre,   célébrer  la Saint-Nicolas… Le mot  Saint(e)  ne  s’abrège  jamais  en  « St(e) », sauf dans les calendriers, en raison de la faible largeur (en jargon de l’imprimerie, du livre et de la presse : la justification) des colonnes.

            Lorsque l’on parle des saints ou des saintes eux-mêmes, saint est un nom commun, sans majuscule par conséquent, et il n’y a pas de trait d’union : D’après les dictons, si saint Médard est un grand pissard, saint Dié dissipe les nuées et saint Clair fait le temps clair !  Une seule graphie correcte, donc, pour la phrase suivante : La Sainte-Catherine est la fête de sainte Catherine.

            Coiffer sainte Catherine est une expression fort ancienne (Moyen Âge) faisant allusion à sainte Catherine (d’Alexandrie), morte en martyre, et en état de virginité. Elle est la patronne des jeunes filles, aussi des étudiants, des philosophes… et des meuniers. Parce que les belles meunières sont immaculées, de par la farine !?…

            Cette expression s’applique donc, rigoureusement, à une femme qui arrive à l’âge de vingt-cinq ans sans être mariée… et en état de pureté (dont sainte Catherine est le symbole, ne serait-ce que par son nom : n’y a-t-il pas un lien étymologique avec les « purs » : les cathares !).

            Une ancienne tradition, à Paris, veut donc que les… « catherinettes » portent pour la Sainte-Catherine un chapeau amusant créé pour la circonstance – la tradition est particulièrement vivace dans le milieu de la mode, chez les midinettes – où figurent obligatoirement le jaune de la foi et le vert de la connaissance. Et les catherinettes devaient venir réellement coiffer, ce jour-là, la statue de sainte Catherine…

            Alors que l’on trouve, selon les dictionnaires, les variantes coiffer sainte Catherine et coiffer Sainte-Catherine, c’est la première qui apparaît comme la plus normale, même si l’on peut considérer que, en dépassant la date du 25 novembre, les jeunes femmes, en quelque sorte, « coiffent » la Sainte-Catherine, comme on dit, en sport, « coiffer sur le poteau », c’est-à-dire « dépasser ».

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            La parution récente et successive du Petit abécédaire de la Grande Guerre (édit. Trédaniel, Le Courrier du livre) et des Petits soldats, héros de la Grande Guerre, avec des illustrations de Jean Bruneau (édit. Trédaniel, Contre-Dires) me vaut d’être convié, en dehors de la présence en tant qu’auteur au Salon du livre de Boulogne-Billancourt (Espace Landowski, 6 et 7 décembre), à participer à une table ronde sur la Première Guerre mondiale animée par Philippe Delaroche, directeur adjoint du magazine Lire. Avec peut-être le plaisir d’y voir un certain nombre des lecteurs du présent site.