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Le mot du 13 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

dimanche 13 septembre 2015

 

La question du jour

            « Quel est l’emploi correct de l’adjectif  éponyme ? »

            L’UNIQUE acception correcte d’éponyme est : « qui donne, qui a donné, son nom à quelqu’un ou à quelque chose ». Exemples : « Le film la P… respectueuse  a été tiré de l’œuvre éponyme de J.-P. Sartre » ;  « Romain Kalbris est le jeune héros éponyme du roman d’Hector Malot » ; « Athéna est la déesse éponyme d’Athènes ».

 

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L’articulet « dico » du jour

léthargie n. f.

            Sommeil profond et anormal,  voire état de mort apparente (du grec léthê, « oubli », et argia, « paresse »). En dehors de cette signification, l’acception la plus fréquente aujourd’hui est : « atonie, inactivité, apathie, torpeur… » = Le chef de l’État est sorti de sa léthargie.

       L’étymologie explique la présence du h, qui est souvent oublié, probablement à cause de la paronymie avec liturgie.

            Dans la mythologie grecque, Léthê, fille d’Éris (la Discorde), personnifie l’Oubli. Ce nom propre est plus connu pour désigner le Léthê, un des cinq fleuves des Enfers, surnommé « le fleuve de l’Oubli ». Les âmes des justes et celles des méchants qui, ayant expié leurs fautes, aspiraient à re-vivre (à connaître une nouvelle vie dans un nouveau corps) devaient, auparavant, boire les eaux du Léthê, ce qui entraînait l’amnésie…

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La citation du jour

            « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » (Guillaume Ier d’Orange-Nassau.)

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Le mot du 29 décembre 2014

castor

            De temps à autre, les médias font état de plaintes d’habitants de telle ou telle région excédés par les dégâts causés par des castors… Ainsi à Parcay-sur-Vienne, arrondissement de Chinon (Indre-et-Loire), où des Parçaiens et Parçaiennes, maire en tête, sont en colère contre… la dizaine de rongeurs qui, selon eux, sont responsables de toutes les calamités. À savoir : abattage excessif d’arbres pour se nourrir et pour construire des barrages, inondations de peupleraies, mauvaises odeurs, invasion de moustiques…

            Mais le castor européen est une espèce protégée ! La quadrature du cercle à réaliser consiste donc à  réduire les nuisances – il est utopique de songer à les éliminer – sans  chasser du lieu les bestioles qui ont, disent leurs détracteurs, colonisé les affluents de la Loire et de la Vienne. Il est strictement interdit de détruire leurs barrages, etc. Sur cette affaire d’arbres, de troncs, de bois, tout le monde… planche donc toujours, en cette fin 2014 !

            Lorsque George W. Bush a été élu président des États-Unis, son équipe s’est répandue dans les médias pour souligner que son prédécesseur, Bill Clinton, s’était, dans les derniers mois de son mandat, montré aussi « actif » qu’un castor…  C’était là la version de certains traducteurs, mais d’autres optaient pour « affairé », ce qui changeait notablement la signification !  Venant du camp adverse, le propos était assurément mieux restitué par affairé, car la teneur était alors beaucoup moins valorisante… L’actif abat une masse de travail avec efficacité ; l’affairé, du moins dans son acception la plus usuelle aujourd’hui, brasse plus de… vent que d’affaires.  C’est  ce  que  l’on  appelle  couramment un « ventilateur », et cette espèce n’est pas près de s’éteindre.

            … Castor est le nom propre d’un héros, le frère de Pollux. En grec, Kastor signifie « celui qui brille, qui se surpasse ». Castor étant le protecteur des femmes, on a donné son nom à l’animal en raison de l’action bénéfique d’une sécrétion de ce dernier dans certaines affections féminines.

            Par métonymie, castor a été employé pour désigner une peau de castor, puis un objet en fourrure de castor ; enfin, un chapeau. Un demi-castor était un tissu de feutre comportant du poil de castor, avant de devenir le chapeau fait de ce feutre. Castor fut ensuite synonyme de ce qu’on appellera une « demi-mondaine » au XIXe siècle, tandis que demi-castor s’appliquait à une fille galante de moindre niveau. Cela, dit-on, parce que ces filles de petite vertu portaient les fourrures ou les chapeaux susnommés.

            Dans les années 1950, on appela « castors » des personnes qui s’associaient pour construire leurs maisons. Enfin, rappelons que Jean-Paul Sartre surnommait « le Castor » sa compagne, Simone de Beauvoir.