Archives de Tag: Jules Verne

Le mot du 21 novembre 2015

Question du jour + articulet « dico » du jour

Samedi 21 novembre 2015

 

La question du jour

      « Faut-il écrire : « muscat de Hambourg, Alphonse Lavallée », « Alphonse Lavallée, muscat de Hambourg », « muscat alphonse-lavallée », « Alphonse-Lavallée » ??… »

      Question ardue !… Je ne suis pas omniscient, et le choix de l’orthotypographie découle à la fois du raisonnement et de la logique… et des connaissances en tout domaine. « Muscat de Hambourg » et « (muscat) Alphonse Lavallée » sont-ils des synonymes, ou bien le « Alphonse Lavallée » n’est-il qu’un des muscats (?) dits « de Hambourg » ?

            Manifestement, il s’agit du nom d’une variété de raisin de table et non de celui d’un vin. Alors, a priori, et avant de procéder à des recherches peut-être fort longues, je crois que le mieux est d’écrire : muscat de Hambourg Alphonse Lavallée, ou, peut-être : muscat Alphonse Lavallée, pour les raisons mentionnées  ci-dessus.  Aux  yeux  de  viticulteurs  et  d’œnologues,    peut-être « muscat Alphonse Lavallée » est-il encore un pléonasme ?? Mais, dans ce cas, ce pléonasme ne choquera qu’une poignée de personnes alors qu’il sera informatif pour la quasi-totalité des lecteurs ou des auditeurs.

            Donc, je préconise : muscat de Hambourg Alphonse Lavallée, comme on écrirait  :  des roses Alphonse Lavallée. Il est inutile de recourir aux guillemets : « muscat de Hambourg « Alphonse Lavallée » ». Je suppose que les spécialistes doivent couramment dire : « le Alphonse Lavallée », « du Alphonse Lavallée »… Encore une fois, a priori, je crois qu’il est mieux de garder les deux capitales.

*****

 

L’articulet « dico » du jour

ignivome  adj. et n.

            Littéralement : « qui vomit du feu » (du bas latin ignovimus, « qui lance le feu »). Le terme n’est quasiment employé qu’au masculin, et au sujet des volcans (« ce volcan apparaissait empanaché de fumée et de flammes, au-dessus de petits monticules ignivomes », Jules Verne, les Enfants du capitaine Grant) et des… dragons (« Les compagnes de Proserpine s’efforcent d’arrêter un char attelé de deux dragons ailés et ignivomes », Victor Hugo, le Rhin).

            Toutefois, rien n’interdit de l’employer au féminin : pourquoi critiquerait-on un auteur qui parlerait de « calderas ignivomes », de sorcières ignivomes » ou d’ « artillerie ignivome » ?…

            Le mot est parfois substantivé, toujours à propos de dragons cracheurs de feu, semble-t-il : « Ils [ = les dieux] ont fait avouer les sphinx, […] éteint les ignivomes » (Victor Hugo, la Légende des siècles). Encore une fois, un carcan abusif ne saurait empêcher d’employer le terme pour désigner des volcans, des monstres de science-fiction, etc.

*****

 

 

           

 

Dictées octobre et novembre 2015

Rappels des dates des prochaines dictées (attention ! ces dates se rapprochent rapidement !) :

Mercredi 28 octobre, à 14 heures, au conseil départemental de Loire-Atlantique : la dictée annuelle Jules-Verne (inscriptions obligatoires, étant donné le lieu : direction de la Culture, 02 40 99 12 77).

*****

Samedi 7 novembre, place du Tertre, à Montmartre (Paris-18e), à 14 heures, dictée annuelle « loufoco-logique » Alphonse-Allais, pour l’Association des Amis d’Alphonse Allais. Inscriptions souhaitées  –  mais on pourra s’inscrire jusqu’au dernier moment, sur place  –  et renseignements : Philippe Davis, 06 85 91 87 83; phdavis@numericable.fr

 

*****

Samedi 14 novembre, aux Greniers à sel, à Honfleur (Calvados), à 14 h 30, dictée annuelle « Honfleur fait sa dictée ».  Inscriptions souhaitées  –   mais jusqu’au dernier moment on acceptera les non-inscrits  –  et renseignements : Office du tourisme,  02 31 89 23 30. 

 

Le mot du 5 novembre 2014

politicien

            Le Canard enchaîné du 5 novembre 2014 reprend les propos tenus par M. Alain de Greef, ancien directeur des programmes de Canal+, dans une interview accordée au Monde daté du 2 novembre : « Quand je regarde les programmes en clair, je suis atterré par la surreprésentation des politicards de tous bords, avec leur propagande nauséabonde et leurs parasites habituels, les éditorialistes, le mot ne voulant plus nécessairement dire quelqu’un qui écrit un éditorial, mais quelqu’un qui ramène son opinion sur le maximum de médias, quitte à la faire fructifier en publiant des livres sans intérêt mais promus sur toutes les antennes ».

            La signification de politicard (d’abord adjectif, puis substantif, la graphie politiquard est inusitée aujourd’hui), avec son suffixe dépréciatif en -ard, est claire pour tout le monde : il s’agit des femmes et des hommes pratiquant la politique sous un angle considéré comme déprécié ou méprisable. En revanche, un certain nombre de personnes ne prennent pas garde à l’acception nettement défavorable attachée à politicien(ne) : ce terme n’est pas neutre, n’est pas un synonyme anodin de « femme (homme) politique », de « personne qui s’occupe de politique »…

            Politicien, quoique moins « popu » que politicard, est tout autant chargé de valeur péjorative. Les dictionnaires contemporains les plus complets définissent ainsi le politicien et la politicienne : « Homme (ou femme) qui fait de la politique son métier, qui en connaît et en utilise toutes les intrigues ; qui mène une politique intéressée, souvent limitée à des considérations de stratégie électorale ou d’intérêts partisans ». Les intérêts « partisans » comprenant bien entendu les intérêts personnels. Le Trésor de la langue française (CNRS) indique d’ailleurs que politicien(ne) est souvent associé à un qualificatif renforçant la nuance péjorative : retors, avide…

 

*****

            Merci à toutes les personnes qui sont venues concourir, dans l’auditorium – rempli ! – du conseil général de Loire-Atlantique, à la 10e dictée Jules-Verne. Une fois encore, ce fut un après-midi joyeux, convivial ! Cela, en dépit du fait que des manifestations d’agriculteurs, entraînant des barrages de forces de l’ordre, gênaient la circulation dans Nantes. (Cette dernière remarque étant complètement neutre, bien évidemment.)

Le mot du 24 octobre 2014

dernier

       Woody Allen – auteur de quarante-huit films ! – est en tournée de promotion pour son dernier long-métrage… qui ne sera peut-être pas le dernier. L’ambiguïté contenue dans l’emploi du mot dernier permet des répliques amusantes du genre : « Avez-vous lu le dernier roman de Duschnock ?… – Son dernier ? Ah !… Ouf ! Parfait !… ».

            Dernier peut en effet signifier « ultime » comme « tout récent et dernier pour l’instant », et chacun doit avoir cela en tête en écrivant, notamment les journalistes. Mettre en titre dans un journal, ou annoncer à la radio ou à la télévision : « Le dernier film de Woody Allen » peut signifier que le célèbre cinéaste new-yorkais, après Magic in the Moonlight, a décidé de mettre fin à sa carrière.

            Apparemment, si l’on se fie à ses… dernières déclarations, il n’en est rien, et les cinéphiles s’en féliciteront sans nul doute.

            « Aux derniers les bons » : ce proverbe est-il encore connu de quelques usagers de la langue française ?… Si oui, il s’agit probablement des… derniers à savoir qu’il s’agit d’un dicton ayant pour acception : « ce qui reste de quelque chose après que les autres ont choisi est souvent le meilleur ».

*****

           Vient de paraître, au Courrier du livre, le Petit Abécédaire de la Grande Guerre – Ces mots qui racontent l’Histoire.

*****

Rappels :

Mercredi 5 novembre, au conseil général de Loire-Atlantique : la 10e dictée Jules-Verne.

Samedi 8 novembre, aux Greniers à sel, à Honfleur, « Honfleur fait sa dictée ».

Samedi 15 novembre, au restaurant-cabaret la Crémaillère 1900, place du Tertre, à Paris, la « dictée loufoco-logique » Alphonse-Allais.