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Le mot du 16 août 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

          « Bonsoir, Monsieur Colignon,

          Dans la fable de La Fontaine le Lièvre et la Tortue,  je trouve partout cette graphie :

 

Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;

J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteint

Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes

Et leur fait arpenter les landes.

 

Mais ne faudrait-il pas plutôt écrire « près d’être atteint » ? »

 

 

 

Il s’agit d’un emploi vieilli, que l’on trouve encore  chez Robespierre et Chateaubriand, entre autres, et jusque dans des textes des années 1950 (là, j’ai un doute sur le côté « vieilli », et j’y verrais plutôt des bourdes, des fautes d’orthographe…).  À l’origine de cet embrouillamini, de ces hésitations, se trouvent les graphies anciennes  prez, prest de

 

Jusqu’à quelle période cet emploi aujourd’hui condamné fermement a-t-il été licite ?…   Il est bien difficile de le savoir.  Il faudrait consulter les différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie et d’autres dictionnaires ayant fait référence aux siècles précédents,  pour voir quand la nuance de sens entre  être prêt à et être près de a été généralement lexicalisée…

 

Donc, en effet, La Fontaine semble bien avoir écrit « prêt d’être atteint »,  ce qui était accepté, voire recommandé (?), à son époque… Il faut lui laisser sa graphie (en mettant une note, si cela est possible, dans un article, dans un livre, en cours de rédaction).

 

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